The Newsroom, saison 1, épisode 6

Cette semaine, c’est troc et bonnes affaires. On échange l’hystérie de bluettes contre la psychanalyse du héros, les leçons de morale déplacées contre l’affrontement d’idées nuancé. Il en fallait aussi peu pour que la qualité de The Newsroom fasse un bond ; sans non plus crever le plafond.

Ceux qui avaient lu le script originel (de ce qui s’appelait alors « More As The Story Develops ») l’attendaient peut-être. Le garde du corps de Will McAvoy, présent dans la scène d’introduction du premier jet du pilote, fait finalement son apparition. Une éniéme réécriture qui ne fait pas honneur au produit final.

Car si les menaces de mort, à l’origine, s’installaient dans le contexte plus vague d’un McAvoy impertinent et dérangeant, ne pouvait s’en contenter et en profitera, dans ce sixième épisode,  pour attaquer ce Démon qui n’en est pas un : internet. Ni une ni deux, le présentateur vedette enfile son costume de Morano et se lance dans une croisade anachronique contre l’anonymat. Pas de surprises ici, tant les blogs et les e-mails en avaient déjà pris pour leur grade. C’est – semble-t-il – inévitable. Pour regarder The Newsroom, il faudra endurer les critiques bêtes et méchantes d’un scénariste envers une technologie qu’il ne comprend pas. Soit.

Positivons. Car l’intrigue a le mérite d’introduire la dynamique qui s’installe sans défauts entre le garde du corps et la rédaction. Et, avec elle, les premiers succès de The Newsroom en matière d’humour. Faisant déjà de Lonny l’un des personnages les plus appréciables de la série ; à la fois malin, cinglant et charmant.

Un profil semblable à celui de Sloan, seul personnage qui ne fasse pas (complètement) honte à la gent féminine, auquel on s’attarde enfin pour prouver sa compétence et bienveillance. L’occasion d’aborder le thème du « off », un incontournable de la pratique journalistique. Une intrigue didactique ;  qui finira, sans surprise, par prendre des proportions aussi artificiellement dramatiques qu’incroyables. L’idée est bonne,  l’exécution mauvaise. Une tentative à saluer, dont le schéma se reproduit avec Will et son psychanalyste.

Sur le canapé, les confidences vont trop loin, pour faire du protagoniste le parfait Samaritain qui s’ignore, au coeur gros comme le portefeuille. Dans toute sa modestie, le passif – sans originalité – d’un sacrifice précoce est évoqué sans que Will le veuille, merveilleux écho à un altruisme démesuré masqué en vain par un désintérêt mensonger. Comme si Grégory House, sous ses airs mauvais, n’avait jamais oublié d’organiser les fêtes d’anniversaire de ses collègues, y sacrifiant toutes ses siestes, oubliant de s’en vanter, pour ne jamais en récolter les lauriers. Ecoeurant. Mais toujours mieux que n’importe quelle amourette idiote dont The Newsroom a le secret.

Une fois n’est pas coutume, c’est lors du direct que la série brille (enfin). Face au bras droit de Rick Santorum, le présentateur-journaliste s’impose et relève l’incohérence d’un candidat à la Présidentielle qui s’entoure de personnes qu’il ne respecte pas (homosexuels et noirs) ; et enfonce le clou. Puis, comme un miracle, le débat s’équilibre et l’interviewé répond, presque plus touchant que n’importe quel crise de larme de Mackenzie. Définitivement plus pertinent que n’importe quel opposant à Will. Et avoue alors que les atouts de son candidat surpassent – pour lui – ses faiblesses, et que le journaliste n’a pas à définir ce qui devrait être son ordre de priorités. Bien envoyé. A renouveler.

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Maxime

Cet article a été rédigé par Maxime Raton, Chroniqueur de séries TV sur Critique Film.fr

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