Test DVD : Les sorcières du bord du lac

0
235

Italie, France : 1970
Titre original : Le regine
Réalisation :
Scénario : , Tonino Cervi,
Acteurs : Haydée Politoff, ,
Éditeur :
Durée : 1h22
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 26 juillet 1972
Date de sortie DVD : 6 février 2018

 

 

David, est un hippie qui se réclame libre et indépendant dans une société mercantile qui ne respecte plus ses propres valeurs. Afin de ne pas s’enraciner, il a pris pour habitude de voyager sans véritable but, sur sa moto, à travers tout le pays. Une nuit, un étrange accident le pousse à changer d’itinéraire et à passer à travers bois. Il tombe sur une curieuse maison au bord d’un lac isolé au sein de laquelle vivent trois soeurs : Samantha, Bibiana et Liv. S’ensuit un drôle de jeu entre ces trois séduisantes hôtesses des lieux et le jeune hippie qui va voir petit à petit ses valeurs mises à mal…

 

 

Le film

[4/5]

Relativement peu connu dans la sphère des fantasticophiles français, Les sorcières du bord du lac était jusqu’ici surtout réputé pour ses célèbres et intrigantes photos d’exploitation, qui montraient le personnage d’Ida Galli arborant d’étranges peintures sur le corps. Le film étant longtemps resté inédit (même en VHS à priori), c’est une très bonne nouvelle de voir débarquer en DVD le film de Tonino Cervi : l’occasion rêvée de rattraper leur retard pour les cinéphiles trop jeunes pour l’avoir découvert dans les salles françaises en 1972…

Ambitieux, original, formellement très soigné, porté par la musique envoutante (et omniprésente) de Francesco Lavagnino, Les sorcières du bord du lac est un film fantastique affichant à son générique beaucoup de visages très connus des amateurs de cinéma de genre : on y retrouvera donc avec plaisir (, Frissons d’horreur, ), Ida Galli (, L’emmurée vivante) ou encore Silvia Monti (, ). Cherchez l’intruse : le film met également en scène Haydée Politoff, surtout connue pour sa prestation dans La collectionneuse d’Éric Rohmer.

Assez proche dans ses thématiques du Massacre des morts-vivants, le film de Cervi met en scène un hippie épris de liberté aux prises avec trois sœurs très étranges au cœur d’un environnement de plus en plus bizarre. S’il s’avère un film relativement inégal et mélangeant volontiers les tonalités et les genres (son principal défaut est d’être probablement un peu trop long ou « flottant » dans son introduction), le dernier tiers du film, bercé par les hallucinations du personnage principal, et son époustouflant acte final termineront de plonger Les sorcières du bord du lac dans une délicieuse ambiance de conte fantastique propre à marquer durablement les mémoires, d’autant plus qu’il s’avère magnifiquement photographié par Sergio d’Offizi (La longue nuit de l’exorcisme). Le tout étant naturellement saupoudré d’une méfiance viscérale vis-à-vis de la haute bourgeoisie italienne, mère de tous les vices et de toutes les perversions, tout à fait typique des films de genre italiens de l’époque. Une petite pépite au charme très 70’s

 

 

Le DVD

[4/5]

Autant être tout à fait honnête : quand on a vu débarquer Les sorcières du bord du lac au planning des sorties 2018 des Éditions Montparnasse, on a été pour le moins surpris. En effet, ce pur film d’exploitation, fruit des expérimentations italiennes des années 70 en matière de cinéma horrifique, détonne clairement du reste du catalogue de l’éditeur : pour être tout à fait honnête, on se serait d’avantage attendu à voir arriver ce titre au catalogue d’Artus Films ou du Chat qui fume… Mais non. Et non seulement Les sorcières du bord du lac s’offre une jolie présentation vidéo / audio, avec un film présenté au format et en version intégrale, mais il débarque également dans un très joli digipack, à la maquette très réussie. On espère maintenant que cette expérience sera renouvelée avec d’autres titres du même genre !

Côté galette, le DVD édité par les Éditions Montparnasse nous propose un master globalement très recommandable : si le piqué manque certes un poil de précision, si l’étalonnage n’est pas d’une stabilité phénoménale, l’image est très belle et reste toujours absolument lisible et bien encodée, même dans ses passages les plus sombres – l’éditeur rend donc au final un bel hommage à la photo de Sergio d’Offizi. Bref, le master tient la route dans les limites évidentes d’un encodage en définition standard, et permettra aux amateurs de cinéma italien de combler une lacune importante. Côté son, l’éditeur nous propose naturellement le film dans sa version originale italienne, mais a également été repêcher la version française d’origine ; toutes deux sont proposées dans des mixages Dolby Digital 2.0. Si la version doublée dans la langue de Molière plaira forcément aux amateurs de VF surannées (qui ajoutent parfois un charme supplémentaire aux films qu’elles accompagnent), on remarquera tout de même un léger souffle sur cette dernière, même s’il n’est jamais spécialement gênant. La version italienne est plus claire et un poil plus « équilibrée ».

Dans la section bonus, on trouvera une galerie de photos contenant un large éventail de très jolies photos de tournage et d’exploitation, en noir et blanc.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici