Test DVD : Le beau-père 2

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États-Unis, Royaume-Uni : 1989
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : Terry O’Quinn, ,
Editeur :
Durée : 1h24
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 19 décembre 1990
Date de sortie DVD : 12 novembre 2019

 

Jerry Blake, qui a survécu à ses blessures, est enfermé dans l’aile psychiatrique d’une prison. Mais, grâce à son ingéniosité, il va parvenir à s’évader. Arrivant dans une nouvelle ville, il se fait passer pour un conseiller matrimonial. Poursuivi par ses obsessions de famille parfaite, il va s’immiscer dans la vie Carol, divorcée et mère d’un jeune garçon…

 


 

Le film

[2,5/5]

Succès surprise en 1987, Le beau-père ne pouvait rester sans suite, et à peine deux ans après sa sortie, le film de Joseph Ruben est donc passé au statut de « premier épisode » d’une nouvelle franchise horrifique, comptant à ce jour trois films, tournés en l’espace de cinq ans, et un reboot, sorti sur les écrans en 2009. De ce fait, Jerry Blake, le tueur psychopathe en quête de la famille idéale, est devenu un énième « boogeyman » de plus dans l’Histoire du cinéma d’horreur, perdant dès ce deuxième épisode l’essentiel de sa saveur subversive pour se contenter d’enchaîner les meurtres et d’aligner les vannes morbides.

Le beau-père a donc perdu son âme, et il ne faudra pas bien longtemps pour se rendre compte du virage à 180 degrés opéré par le scénariste du film, John Auerbach. Ainsi, dès les premières minutes du film, le beau-père semble ne plus tout à fait suivre la même logique psychotique que dans le premier opus, et se met à massacrer allègrement son prochain. La suite sera à l’avenant, Jerry tuant finalement à peu près tous les personnages qui se mettront au-travers de sa route. La trahison est de taille, l’esprit du film de Joseph Ruben est aux abonnés absents, mais il y a toujours Terry O’Quinn, qui semble vraiment s’amuser dans la peau de ce dérangé notoire. Et il n’est pas seul, puisqu’il est secondé ici par Meg Foster, inoubliable actrice de John Carpenter (Invasion Los Angeles) et de Rob Zombie (Lords of Salem, 31), et Caroline Williams (Massacre à la tronçonneuse 2).

Derrière la caméra de ce Beau-père 2, on trouvera le vétéran Jeff Burr, activiste de la série B et Z horrifique, qui a réalisé plus de vingts films d’horreur fauchés mais volontaires en l’espace d’une trentaine d’années : s’il a connu son heure de gloire en 1990 avec Leatherface : Massacre à la tronçonneuse III, il compte également à son actif plusieurs épisodes de la saga Puppet Master, ainsi qu’une poignée de nanars aux titres évocateurs que l’on rêve d’avoir l’occasion de voir un jour. Mais revenons à notre film : Le beau-père 2 dénote indéniablement du savoir faire du cinéaste dans le domaine de la série B à budget très limité. Bien sûr, le film affiche une image, une photo et même une musique absolument typiques des séries B horrifiques du début des années 90, celles réalisées par Anthony Hickox, Charles Band, Fred Olen Ray, Brian Trenchard-Smith, Rodman Flender…

Ainsi, si l’on aurait pu craindre que Le beau-père 2 ne s’avère au final une Belle-mère 2, ce n’est pas réellement le cas : bien sûr, on n’y retrouve aucunement l’ambition et le charme du premier film, mais ce deuxième en développe un autre, hérité des séries B horrifiques des années 90 souvent directement exploitées en vidéo. Autant dire donc que si vous êtes nostalgique de l’époque où vous enchaîniez les locations de VHS de séries B d’horreur toutes plus fauchées les unes que les autres, Le beau-père 2 devrait vous rappeler avec plaisir ces heures passées au vidéo-club à choisir les films en fonction non pas de leur casting ou de leurs équipes techniques mais plutôt… de leurs jaquettes volontiers outrancières.

 

 

Le DVD

[4/5]

Éditeur présent depuis de nombreuses années sur le front du DVD, Elephant Films s’est toujours démarqué par une belle rigueur dans ses choix éditoriaux ; depuis quelques années, l’éditeur enrichit régulièrement son catalogue Haute Définition avec des titres prestigieux et indispensables, tels que, par exemple, Le beau-père (lire notre article). S’il ne passera quant à lui pas par la case Blu-ray, Le beau-père 2 s’offrira en revanche une nouvelle édition DVD très recommandable, même si elle ne diffère pas énormément de la précédente, datant de 2004 et déjà sortie sous les couleurs d’Elephant Films. La ressortie du film devrait en revanche faire plaisir à beaucoup de fans, tandis qu’elle contrariera les spéculateurs : le DVD de 2004 se monnayait jusqu’ici entre 25 et 50 euros sur le marché de l’occasion, ce qui est cher payé pour un film tel que Le beau-père 2 : cette nouvelle édition remet donc les choses à leur place. Plutôt bien conservé, le master du film de Jeff Burr s’en sort largement avec les honneurs, même si sa nature de série B fauchée n’impose naturellement pas les mêmes exigences que sur d’autres longs-métrages. Le film est donc proposé au format, en 16/9 et affiche tout de même une belle pêche, dans les limites évidentes d’un encodage au format DVD. Côté son, le film est encodé en Dolby Digital 2.0 d’origine, à la fois en VO et en VF d’époque. Si la version française s’avère plus agressive acoustiquement parlant, elle est néanmoins en moins bonne forme (souffle, voix étouffées) que la version originale, plus directe et dynamique.

Rayon suppléments, Elephant Films nous propose de découvrir les bandes-annonces des deux vagues de films d’horreur disponibles chez l’éditeur depuis l’année dernière, qui seront accompagnées d’une galerie de photos.

 

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