Test DVD : Instalife

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Instalife

 
États-Unis : 2017
Titre original : Ingrid goes West
Réalisation : Matt Spicer
Scénario : David Branson Smith, Matt Spicer
Acteurs : Aubrey Plaza, Elizabeth Olsen, O’Shea Jackson Jr.
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h34
Genre : Comédie, Thriller
Date de sortie DVD : 4 septembre 2018

 

 

Ingrid est une jeune fille fascinée par la vie de rêve que font miroiter les starlettes d’Instagram. Elle décide de s’installer à Los Angeles afin de s’immiscer dans la vie de l’influenceuse qu’elle adule. Mais de follower à stalker il n’y a qu’un pas…

 

 

Le film

[3,5/5]

S’il s’avère plus intéressant qu’une bonne partie des comédies américaines qui sortent dans les salles françaises à longueur d’année, et s’il marque sans le plus petit doute possible la naissance d’un réel « auteur » de cinéma en la personne de Matt Spicer, Instalife fait néanmoins de cette race -relativement récente- de films américains qui embarrassent fortement les producteurs et distributeurs à travers le monde. Mais si le film n’a pas trouvé de distributeur pour une programmation dans les salles françaises et débarque aujourd’hui directement en DVD, ce n’est pas à cause d’éventuels défauts ou de critiques assassines : c’est juste qu’Instalife ne rentre réellement dans aucune « case » prédéterminée, de celles qui arrangeraient bien tout le monde afin de le vendre dans le monde entier.

Contrairement à ce que veut nous faire croire la bande-annonce US, il ne s’agit aucunement d’une comédie survitaminée et violente ; il ne s’agit pas non plus à proprement parler d’un thriller. Le film de Matt Spicer est tout cela en même temps : à mi-chemin entre l’étude de mœurs et la comédie, avec une pointe de thriller (la référence au J.F. partagerait appartement de Barbet Schroeder est tellement évidente qu’elle est même citée par un des personnages du film), Instalife s’impose comme une comédie très noire finalement beaucoup plus angoissante que drôle, dans le sens où au cœur de notre époque sur-connectée, chaque spectateur aura finalement l’impression de connaître un ou une « Ingrid » dans son entourage plus ou moins proche. Le fait qu’il s’agisse d’un film « transgenre » (dans le sens où il se situe quelque part à la croisée des chemins entre plusieurs genres) et qu’il n’y ait au générique aucun nom suffisamment connu pour vendre le film sur sa seule présence empêchent toute espèce d’étude de marché pour les distributeurs, et au final, le film débarque chez nous soit en DTV, soit en E-Cinema, ce qui revient à peu près au même : au placard.

Mais à l’image de quelques autres avant lui, Instalife aurait clairement mérité mieux : critique féroce, frontale et sans concession de l’addiction aux réseaux sociaux, le film suit Ingrid, une paumée du nouveau millénaire, dont l’existence semble se rattacher quasi-uniquement à Instagram et au « social media » en général, qui lui donnent l’impression « d’exister », et d’avoir des milliers d’amis alors qu’elle n’est qu’une bouteille à la mer parmi tant d’autres. Développant un vrai discours sur la solitude, l’acceptation de soi, les apparences et plus largement sur le « regard » (le sien autant que celui des autres), Instalife pose la question de l’intrusion « forcée » au cœur de la vie des autres : au final, en s’imposant auprès de l’influenceuse qui l’obsède, Ingrid ne fait que reproduire dans la « vraie vie » le schéma que nous imposent les réseaux sociaux de façon numérique.

Porté par une Aubrey Plaza absolument parfaite (à la fois drôle et flippante), le film de Matt Spicer porte par ailleurs un regard plutôt sombre sur l’avenir des relations humaines ; si certains spectateurs pourront entrevoir une lueur d’espoir dans les événements se produisant dans le dernier acte, on pourra tout autant y voir un final absolument cynique et désespéré, dans le sens où le personnage d’Ingrid, malgré les événements, semble ne pas avoir changé ni évolué le moins du monde.

 

 

Le DVD

[4/5]

Le DVD d’Instalife édité par Universal Pictures nous propose de découvrir le film dans des conditions optimales. Si contrairement aux États-Unis, le film n’est pas proposé sur support Blu-ray dans l’hexagone, l’encodage du DVD est maîtrisé en tous points par un éditeur bien rodé au format : la définition est précise, dans les limites d’un encodage en SD bien sûr, et compose également plutôt bien avec un format de tournage somme toute assez particulier. Les couleurs sont agressives, de même que les contrastes, qui auraient tendance à légèrement boucher les noirs, mais rien de vraiment handicapant, c’est un beau boulot général. VF et VO sont proposées en Dolby Digital 5.1, dans des mixages solides et efficaces, en particulier sur les scènes de fêtes, proposant des ambiances parfaitement restituées.

Dans la section suppléments, outre un intéressant commentaire audio de Matt Spicer (réalisateur, co-scénariste), David Branson Smith (co-scénariste) et Aubrey Plaza (actrice) proposé avec les indispensables sous-titres français, l’éditeur nous propose également une série de scènes coupées, disponibles avec un commentaire optionnel du réalisateur. Du beau boulot éditorial pour un film que l’on aurait tort de bouder.

 

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