DVD — 04 septembre 2018
Test Blu-ray + DVD : Engrenages


États-Unis : 1987
Titre original : House of games
Réalisation :
Scénario : David Mamet,
Interprètes : , ,
Éditeur :
Durée : 1h38
Genre : Thriller, Policier
Date de sortie cinéma : 3 février 1988
Date de sortie DVD/BR : 4 septembre 2018

 

Synopsis : Le docteur Margaret Ford, brillante psychanalyste, considérée comme trop froide par ses clients, est un jour poussée a bout par un de ses patients, Billy Haln, qui la menace de se suicider si elle ne l’aide pas a honorer ses dettes de jeu vis-a-vis d’un certain Mike. Margaret accepte. Elle se rend a la maison de jeux et découvre un univers qui la fascine. Mike et ses amis, après avoir tenté de la plumer, lui démontrent quelques-unes de leurs arnaques favorites. Pour Margaret, c’est l’engrenage et sa vie rigide va tout a coup être bouleversée par cette passion.

Le film

[3.5/5]

Psychanalyste réputée, auteure du best-seller « DRIVEN : Obsession and Compulsion in Everyday Life », Margaret Ford est une femme solitaire, obsédée par son travail, habillée de façon très stricte et dont les rapports avec les gens en général et ses patients en particulier sont d’une grande froideur. Mais, de toute évidence, cette froideur, ce sérieux presque pathologique, cachent une certaine fragilité qui se traduit par des lapsus à répétition lorsqu’elle discute avec le Docteur Littauer, une collègue plus âgée, et par son comportement hésitant lorsqu’une patiente lui demande si elle se croit à l’abri d’une mauvaise expérience. « Personne n’est à l’abri d’un coup dur », finit-elle par lâcher. Dans toute vie bien rangée, il suffit parfois, en effet, d’un petit caillou dans les engrenages pour dérégler la machine. Pour Margaret, ce petit caillou va prendre la forme de Billy Hahn, un jeune patient, un joueur compulsif qui, dans son cabinet, menace de se suicider car il doit, dit-il, 20 000 dollars à un dénommé Mike. Margaret promet de l’aider et se retrouve embarquée dans une série d’arnaques commises par un groupe d’escrocs dont ce fameux Mike fait partie. Commises au détriment de qui ? Margaret est-elle la complice des escrocs ou est-elle leur victime ?  Et si elle était tout simplement prise dans un scénario que la bande d’escrocs aurait écrit et dont elle suivrait aveuglément le déroulement inexorable à l’insu de sa propre volonté. Comme c’est le cas dans ces films américains consacrés aux faits et gestes d’un ou de plusieurs escrocs, ceux qu’on appelle là-bas des « con artists », une des grandes forces de Engrenages réside bien sûr dans la série de rebondissements qui surviennent à intervalle régulier dans ce genre de films. Des rebondissements surprenants que David Mamet, dont c’était pourtant les premiers pas de réalisateur de cinéma, sait amener avec beaucoup de talent.

L’autre force du film réside dans la confrontation de deux univers a priori éloignés l’un de l’autre mais qui ont au moins un point commun : le fait de baigner dans l’univers des signes, ceux que le ou la psychanalyste va chercher à percevoir et à analyser chez ses patients, ceux que l’escroc va scruter chez les pigeons qu’il cherche à plumer. Cette confrontation va amener Margaret à prendre conscience de certaines facettes de sa personnalité dont elle n’avait pas connaissance ou, plutôt, dont elle n’avait jamais voulu faire connaissance. D’autant plus lorsque sa collègue, le Docteur Littauer, lui aura dit : « Quand on a fait quelque chose d’impardonnable, je vais te dire très exactement ce qu’il faut faire : tu dois te pardonner ». Et si une expérience dans le monde de l’escroquerie, même douloureuse, s’avérait plus efficace qu’une analyse chez un psy !

C’est donc dans un film tournant autour de la psychanalyse, un film proche de l’univers d’Alfred Hitchcock, que le dramaturge David Mamet a fait ses premiers de réalisateur de cinéma. Il est toutefois bon de signaler que, antérieurement à la réalisation de ce film, Mamet avait signé les scénarios de trois films importants de l’histoire du cinéma : Le facteur sonne toujours deux fois, de Bob Rafelson, Le verdict, de Sidney Lumet, et Les incorruptibles, de Brian de Palma.

Alors que le film était prévu à l’origine pour être interprété par de grands noms du cinéma, David Mamet avait finalement opté pour une distribution plus proche de lui : Lindsay Crouse, qui était alors son épouse, dans le rôle de Margaret Ford, Joe Mantegna, un ami, dans celui de Mike. Un choix qui, à la vision du film, s’est avéré très judicieux, Lindsay Crouse étant à l’aise dans toutes les facettes du personnage de Margaret et Joe Mantegna étant crédible tout à la fois comme escroc et comme bellâtre.

Le DVD

[4/5]

Encore une fois ESC Éditions a fait du bon boulot autour de ce DVD restauré en HD. C’est ainsi que l’atmosphère particulière de ce film est bien rendue par le DVD, avec une image qui reste toujours de très belle qualité même dans les scènes peu éclairées, assez nombreuses. Quant au son, de bonne facture lui aussi, il est en Dolby Digital 2.0 mono aussi bien en VF qu’en VO sous-titrée.

Un seul supplément vient enrichir le DVD, mais les 21 minutes de l’entretien intitulé Instinct et Manipulation avec Mathieu Macheret, journaliste pour Le Monde, sont largement suffisantes pour bien situer Engrenages et David Mamet dans leur époque. Reste à choisir un visionnage avant d’avoir vu le film ou après !

Le Blu-ray

[4/5]

Même constat technique pour l’édition Blu-ray : ESC Éditions nous livre ici un master restauré d’excellente facture, solide malgré le grain prononcé du film, qui se déroule qui plus est en grande partie dans le noir ou dans des ambiances sombres. Les écueils liées aux fumées et autres aplats obscurs sont globalement évités avec brio, et l’upgrade par rapport aux différentes sources DVD antérieures (MGM, Criterion) est clairement perceptible. Rien à redire non plus sur le mixage audio, proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine en VF comme en VO, et s’imposant rapidement comme équilibré, clair et sans souffle.

Côté suppléments, on trouvera le même entretien avec Mathieu Macheret que sur la version DVD. Du beau travail éditorial !

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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