Test DVD : Comment réussir… quand on est con et pleurnichard

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Comment réussir… quand on est con et pleurnichard

 
France : 1974
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h22
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 14 juin 1974
Date de sortie DVD/BR : 21 mars 2018

 

 

Pour vendre du vermouth frelaté, Antoine Robineau a une technique imparable : il apitoie le client, pleurniche, raconte ses malheurs, s’invente des maladies imaginaires. Les mêmes procédés lui réussissent auprès des femmes. De la strip-teaseuse sentimentale à la maîtresse d’un directeur de palace, elles se noient toutes dans son océan de larmes, ce qui finit par lui tracer un incroyable destin…

 

 

Le film

[3,5/5]

Co-écrit par Jean-Marie Poiré et Michel Audiard, qui en assurait bien évidemment les dialogues, est un des films les plus « mal aimés » de la carrière de Michel Audiard.

Alors certes, on reconnaitra volontiers que le film a des faiblesses : la trame imaginée par Poiré n’est pas des plus originales, et tient plus de l’enfilade de sketches et/ou de moments de bravoure que du scénario construit selon une mécanique précise. Cela dessert sans aucun doute le film, qui ne tiendra pas la comparaison, aussi bien du point de vue de l’écriture que de la mise en scène, avec ses contemporains les plus marquants (Joël Séria, Bertrand Blier…). Mais il semble tout de même qu’Audiard ait été pleinement conscient de cet état de fait, et en ait sciemment rajouté des caisses dans les dialogues, qui représentaient définitivement sa « patte » en tant qu’auteur. Ainsi, il livrait ici au spectateur un véritable festival de punchlines et de gags verbaux en tous genres, qui paraitront sans doute excessifs et vains à certains, mais qui glisseront comme du miel dans les oreilles des autres. On prendra pour exemple cette scène où, flânant le long d’une rivière aux côtés de la regrettée Stéphane Audran (lire notre hommage), Jean Carmet énumère sur le mode poétique tout ce qui croise son regard : authentiquement impayable pour les uns, prodigieusement agaçant pour les autres. Cette scène est d’ailleurs très représentative de l’esprit de Comment réussir quand on est con et pleurnichard ; un film apparaissant par moments comme en roue libre et semi-improvisé, mais vraiment époustouflant au détour de quelques séquences mémorables.

Car comment résister à cette écriture misanthrope, au cœur de laquelle Audiard mettait en exergue toutes les hypocrisies de ses contemporains ? Véritable jeu de massacre, Comment réussir quand on est con et pleurnichard prend la forme d’une apologie de la faiblesse, de la ringardise et de la médiocrité en général : on pense au personnage de Jane Birkin, qui adore les nuls, et qui balance à Jean Carmet « Tu m’as loupée comme un chef ! » au sortir de leur nuit d’amour, ou encore au spectacle de strip-tease poétique « Top à Charles Baudelaire », critique déguisée des dérives de la télévision de l’époque.

Et que dire de ce casting quatre étoiles ? Si le film est littéralement porté par la prestation haute en couleurs de Jean Carmet, ce dernier est secondé par de véritables pointures des années 70, telles que , , Stéphane Audran ou, dans des rôles plus secondaires, Jane Birkin et … Un régal pour les amateurs !

Bref, si Comment réussir quand on est con et pleurnichard perd des points dans le cœur du spectateur à cause d’une intrigue un peu construite à la « va comme je te pousse », il en récupère néanmoins avec ses dialogues géniaux et le jeu décomplexé d’une série d’acteurs en grande forme. Si bien qu’au final, on ne peut s’empêcher de ressentir une vraie tendresse pour ce film, qui nous réserve encore, plus de quarante ans après sa sortie dans les salles, quelques gros et francs éclats de rire…

 

 

Le DVD

 

Comment réussir quand on est con et pleurnichard intègre aujourd’hui la collection « Gaumont – Découverte DVD », remarquable initiative de l’éditeur français afin de proposer toujours plus de films inédits en DVD, composant les masters avec les meilleurs éléments disponibles dans des éditions dénuées de suppléments mais proposées au prix tout doux de 12,99 €.

Le film de Michel Audiard est donc proposé dans des conditions tout à fait satisfaisantes, au format 1.66 respecté et Dolby Digital 1.0 (mono d’origine). L’éditeur n’a d’ailleurs aucunement à rougir du master proposé dans cette édition, qui s’avère très beau, avec un piqué plutôt fin respectant tout à fait les couleurs et la granulation d’origine . Bien sûr, la galette est également proposée en 16/9, et le rendu sur une dalle ou TV d’un format de moins de 150 cm de diagonale s’avérera assez remarquable : une vraie redécouverte pour un film que l’on s’étonne un peu de ne pas avoir vu débarquer au format Blu-ray parallèlement à sa sortie DVD.

Tous les films de la collection « Gaumont – Découverte DVD » disposent également de sous-titres destinés aux sourds et malentendants. Bref, c’est du tout bon !

 

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