Wedding Nightmare – Deuxième partie
États-Unis : 2026
Titre original : Ready or Not 2 – Here I Come
Réalisation : Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett
Scénario : Guy Busick, R. Christopher Murphy
Acteurs : Samara Weaving, Kathryn Newton, Shawn Hatosy
Éditeur : 20th Century Studios
Durée : 1h48
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie cinéma : 8 avril 2026
Date de sortie DVD/BR : 12 août 2026
Peu après avoir échappé à l’attaque sans merci de la famille Le Domas, Grace découvre qu’elle vient d’atteindre un nouveau niveau dans ce jeu cauchemardesque – et elle aura à ses côtés sa sœur dont elle s’était éloignée, Faith. Elle n’aura qu’une seule chance pour à la fois survivre, protéger sa sœur et revendiquer le Haut Siège du Conseil qui gouverne le monde. Cette fois, quatre familles rivales la traquent pour s’emparer du trône, et celle qui l’emportera aura le pouvoir absolu…
Le film
[4/5]
Sept ans après avoir laissé Grace MacCaullay couverte de sang, de suie et probablement assez peu disposée à reprendre une carte de fidélité chez les Le Domas, Wedding Nightmare : Deuxième partie retrouve Samara Weaving exactement là où le premier film l’avait abandonnée. Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett auraient pu se contenter de remettre une famille de psychopathes dans un manoir et d’appuyer sur « lecture ». Ils choisissent au contraire l’escalade : le petit rituel familial révèle l’existence d’une organisation beaucoup plus vaste, quatre dynasties richissimes entrent dans la danse et Grace découvre que sa victoire n’était finalement que le premier niveau d’un jeu dont personne n’avait jugé utile de lui fournir la notice. Wedding Nightmare : Deuxième partie perd forcément un peu de la simplicité diabolique du premier opus, mais transforme intelligemment son concept en satire du pouvoir héréditaire. Derrière les fusils, les sacrifices et les explosions de milliardaires se dessine un monde où les puissants considèrent leur domination comme un droit naturel, transmis avec l’argenterie et les maladies génétiques. L’idée n’est pas exactement neuve – The Hunt ou They Will Kill You sont également passés par le stand de tir de la lutte des classes –, mais elle trouve ici une réjouissante traduction ludique : les riches ne possèdent plus seulement le monde, ils en ont rédigé les règles.
Cette extension permet surtout à Wedding Nightmare : Deuxième partie de changer d’échelle sans perdre son délicieux mauvais esprit. Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett emballent l’ensemble avec une mise en scène particulièrement élégante, soutenue par une photographie superbe et des décors transformant chaque nouvel espace en plateau de jeu mortel. Le film est plus ample, plus mobile, plus ouvertement tourné vers l’action que son prédécesseur, avec quelque chose de l’expansion opérée par John Wick 2 : derrière une mécanique initialement très simple se cachait donc toute une administration parallèle, avec ses codes, ses clans et probablement trois tonnes de paperasse démoniaque. Mais Wedding Nightmare : Deuxième partie sait surtout ne jamais prendre cette mythologie trop au sérieux. La violence reste volontiers burlesque, parfois jusqu’au génie idiot : difficile de résister à cette baston où deux femmes, copieusement aspergées de spray au poivre, moulinent furieusement dans le vide à un bon mètre cinquante l’une de l’autre. Le gag fonctionne parce que la caméra refuse précisément de le surcharger : le cadre laisse vivre l’espace absurde séparant les combattantes et transforme quelques secondes de brutalité en chorégraphie de l’échec. Chez Radio Silence, le gore et le slapstick continuent ainsi de coucher dans le même lit sans jamais se disputer la couverture.
Reste que Wedding Nightmare : Deuxième partie aurait nettement moins de panache sans la galerie de tronches réunie pour l’occasion. Kathryn Newton apporte à Faith une énergie complémentaire à celle de Grace, tandis que Sarah Michelle Gellar, Elijah Wood, Kevin Durand, Néstor Carbonell ou encore David Cronenberg composent un casting tellement réjouissant qu’on finirait presque par souhaiter une réunion du Conseil uniquement pour observer tout ce petit monde se regarder de travers. Au centre demeure évidemment Samara Weaving, extraordinaire machine à produire simultanément de la rage, de la terreur et du comique physique. Sa Grace n’est plus seulement une victime qui refuse de mourir : elle est devenue une survivante consciente des mécanismes qui veulent la broyer, et son rapport à Faith donne au carnage un véritable enjeu émotionnel. Wedding Nightmare : Deuxième partie parle finalement moins de survie que de transmission : faut-il accepter les règles héritées, les retourner contre ceux qui les ont écrites ou envoyer le plateau de jeu valdinguer par la fenêtre ? La réponse choisie par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett implique beaucoup de sang, quelques membres en moins et un sens aigu du spectacle. Voilà une philosophie politique qui manque peut-être de subtilité, mais certainement pas de panache.
Le Blu-ray
[4/5]
20th Century Studios accompagne la sortie de Wedding Nightmare : Deuxième partie d’un Blu-ray techniquement très solide, même si l’absence d’une édition 4K Ultra HD pourra laisser les amateurs de tripailles en très haute définition légèrement chagrins. L’image 1080p, présentée au format 2.39:1, restitue avec beaucoup de précision la superbe photographie du film : les visages, étoffes, boiseries et décors bénéficient d’un niveau de détail généreux, tandis que les couleurs affichent une belle vigueur sans basculer dans la saturation. Les nombreuses séquences sombres conservent une excellente lisibilité, avec des noirs généralement solides et une compression qui sait rester discrète malgré l’agitation régulière du cadre. Les effets pratiques, le maquillage et les hectolitres d’hémoglobine profitent également de cette définition précise, même si quelques plans plus doux viennent ponctuellement rappeler les limites du support HD. Côté son, Wedding Nightmare : Deuxième partie propose une VO anglaise en DTS-HD Master Audio 5.1 et une VF en Dolby Digital 5.1. Deux mixages très énergiques, qui utilisent généreusement les surrounds lors des fusillades, poursuites, explosions et mouvements de foule. Les dialogues restent parfaitement intelligibles, la musique bénéficie d’une belle ampleur et le caisson accompagne efficacement les accès de violence. La piste DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise profite naturellement d’un encodage sans perte et d’une finesse supplémentaire dans les ambiances, mais la VF en Dolby Digital 5.1 se montre dynamique, équilibrée et tout à fait convaincante : aucune raison, donc, d’envoyer les amateurs de doublage français au cachot.
20th Century Studios ne s’est heureusement pas contenté de déposer Wedding Nightmare : Deuxième partie sur une galette avant de partir discrètement par la fenêtre. La section suppléments s’ouvre sur un making of (14 minutes), découpé en quatre segments consacrés respectivement à l’écriture, au casting, aux décors et aux effets pratiques. Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett, Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah Michelle Gellar, David Cronenberg et plusieurs techniciens interviennent au fil d’images de tournage particulièrement intéressantes. Les passages consacrés à la conception du final, aux maquillages et aux effets gore réalisés physiquement sont évidemment les plus savoureux, même si l’ensemble aurait mérité trois fois sa durée. Le module Les règles du jeu (2 minutes) récapitule ensuite le fonctionnement du cache-cache et surtout son élargissement dans ce deuxième épisode. Plus substantiel, le bêtisier (11 minutes) aligne de véritables chutes et improvisations, avec notamment Elijah Wood luttant contre son imposant costume et quelques réjouissantes difficultés liées à la présence d’une vraie chèvre sur le plateau.
Mais le véritable trésor de cette édition de Wedding Nightmare : Deuxième partie réside dans ses deux commentaires audio. Le premier réunit Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett, Samara Weaving et Kathryn Newton : très vivant, il revient sur la recherche permanente du juste équilibre entre horreur et comédie, les scènes coupées ou raccourcies, l’endurance physique exigée par le tournage et les contraintes liées aux maquillages et cascades. Le second commentaire réunit Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett, Guy Busick, R. Christopher Murphy, James Vanderbilt, Tripp Vinson et le monteur Jay Prychidny. Beaucoup plus technique, il décortique notamment l’impressionnant plan d’ouverture, la construction du scénario, le montage, les effets et cette fameuse « grammaire » tonale permettant au film de passer du massacre au gag sans se luxer la cheville. Au total, presque quatre heures de suppléments en comptant les commentaires : pour un Blu-ray contemporain de studio, voilà une édition étonnamment généreuse, et surtout suffisamment documentée pour donner envie de relancer immédiatement la partie.






















