Accueil Critiques de films Critique Express : Memory of Princess Mumbi

Critique Express : Memory of Princess Mumbi

0
82

Memory of Princess Mumbi 

Suisse, Kenya : 2025
Titre original : –
Réalisation : Damien Hauser
Scénario : Damien Hauser
Interprètes : Shandra Apondi, Ibrahim Joseph, Samson Waithaka
Distribution : Destiny Films
Durée : 1h20
Genre : Drame, Science Fiction, Romance
Date de sortie : 26 août 2026

3.5/5

Synopsis : En 2094, l’aspirant réalisateur Kuve filme un documentaire sur la Grande Guerre des années 2070, qui a effacé les technologies modernes et fait renaître les royaumes. S’attendant au désespoir à Umata, il y trouve des villageois vivant en paix. Il y rencontre l’actrice Mumbi, qui révèle la beauté des moments quotidiens. Le film se déroule à travers d’anciennes séquences tournées par Kuve dans les coulisses, montrant comment les gens trouvent un sens à un monde tragique et comment même les plus petits moments peuvent être d’une profonde beauté.

Depuis le temps qu’on annonce la mort du cinéma, il est difficile d’apporter du crédit à des oiseaux de mauvaise augure qui se présenteraient, avec, selon eux, une excellente raison de voir cette mort se concrétiser. Toutefois, si jamais une de vos connaissances se montre très sûre d’elle dans cette vision très pessimiste de l’histoire d’un art vieux de 131 ans, ne manquez pas de lui parler de Memory of Princess Mumbi. En effet, tant qu’apparaitront au sein de la famille du Cinéma de nouvelles pousses comme Damien Hauser, le jeune réalisateur de ce film, le cinéma ne sera pas près de mourir. Certes, Memory of Princess Mumbi n’est pas un chef-d’œuvre absolu, ce n’est pas un film qui marquera à jamais l’histoire du cinéma, mais il est tellement inventif, il emprunte tellement de pistes nouvelles qu’il apporte la preuve que, loin d’être à l’agonie, le cinéma est en pleine jeunesse et n’a toujours pas terminé sa croissance.

Memory of Princess Mumbi est le 4ème long métrage de Damien Hauser, âgé de 25 ans, né de père suisse et de mère kényane. C’est un film dont le scénario est quasiment impossible à résumer. Pas grave : nous ne sommes pas là pour cela ! Si une petite partie du film a été tournée en Suisse, c’est surtout le Kenya qui sert de décor, avec des images sur lesquelles Damien Hauser a beaucoup travaillé, le but étant de transformer grâce à l’IA un village de pêcheurs africain en gigantesque métropole futuriste. En effet, l’action du film se déroule à la fin du 21ème siècle, de 2073 à 2100, ce qui en fait un film de science-fiction. Il y est question du goût de l’humanité pour les conflits et de l’importance d’apprendre à vivre en harmonie à leurs côtés. Il y est question des nouvelles technologies : en 2076, une grande guerre, une de plus, a été gagnée par les conservateurs et ces derniers ont interdit toute nouvelle technologie (Au fait, qu’a-t-on fait dans les années 2020 pour réguler l’IA ? En tout cas, dans ce futur lointain, l’IA n’est bien sûr pas une nouvelle technologie).  Il y est beaucoup question de cinéma (Vous voyez bien, dans ce futur lointain, le cinéma est toujours vivant. Je vous l’avais bien dit !), avec des réflexions concernant ce qu’il doit véhiculer pour plaire au plus grand nombre, avec des réflexions sur l’utilisation de l’IA et le montage automatique. Il y est beaucoup question d’amour, celui qui va réunir en 2093, Kuve, un réalisateur de documentaire, et Mumbi, née en 2073, passionnée de cinéma et qui rêve de devenir une star. Mumbi qui va apprendre à Kuve à déceler la beauté qui se cache derrière les gestes de tous les jours, mais à qui le prince héritier du royaume d’Umata, son pays, a fait, alors qu’elle et lui n’étaient encore que des bambins, la promesse de revenir pour l’épouser le jour de son 21ème anniversaire. Inventif dans son scénario, Memory of Princess Mumbi l’est aussi au niveau de l’image : il y a bien sûr cette métropole futuriste, très éloignée de ce que nous proposent d’habitude les films de science-fiction. Il y a aussi cette idée curieuse de souvent nous fournir ces images au travers d’un poste de télévision à tube cathodique (On est bien dans les années 70, mais celles du 20ème siècle et non celles du 21ème !) et on observe de nombreux passages du format carré au scope et vive-versa. Inventif aussi, et pas du tout frustrant, le fait de donner un résumé de ce qui va se passer par la suite dès le début du film et de faire une synthèse de ce qui s’est passé à la fin du film. Ce film, Damien Hauser l’a réalisé à la mémoire de Charles Philipp Hauser, son frère. La vision de vidéo de famille lui a fait prendre conscience de la beauté des moments simples de la vie de tous les jours. Exactement ce que Mumbi va apprendre à Kuve dans le film.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici