Test Blu-ray : Une année difficile

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Une année difficile

France : 2023
Titre original : –
Réalisation : Eric Toledano, Olivier Nakache
Scénario : Eric Toledano, Olivier Nakache
Acteurs : Pio Marmaï, Noémie Merlant, Jonathan Cohen
Éditeur : Gaumont
Durée : 2h00
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 18 octobre 2023
Date de sortie DVD/BR : 28 février 2024

Albert et Bruno sont surendettés et en bout de course, c’est dans le chemin associatif qu’ils empruntent ensemble qu’ils croisent des jeunes militants écolos. Plus attirés par la bière et les chips gratuites que par leurs arguments, ils vont peu à peu intégrer le mouvement sans conviction…

Le film

[3/5]

« Avec chaque jour qui passe et chaque décision politique qui va totalement dans la direction opposée, agir contre le dérèglement climatique relève plus que jamais de l’urgence et de l’évidence. Le cinéma peut jouer un rôle important dans la prise de conscience du public, ainsi que dans la suggestion de pistes pour se rendre utile dans ce combat primordial du XXIème siècle. Hélas, ce n’est pas grâce à des films comme Une année difficile que les choses vont sérieusement évoluer. Bancale, indécise et globalement maladroite, cette histoire de deux militants malgré eux ne trouve à aucun moment le ton juste pour soit nous les rendre vaguement sympathiques, soit conférer une véritable ferveur activiste aux opérations écologistes qu’ils mènent d’emblée sans conviction.

A moins que la finalité du huitième long-métrage des réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache n’ait été de souligner au contraire la futilité de ce genre d’engagement, tout en tirant le portrait d’une France dévorée par des questions d’argent. Ce qui constituerait tout de même un gros effort pour un résultat final plutôt médiocre … Car dans l’état, les deux petits crevards, campés avec plus ou moins de charme par Jonathan Cohen et Pio Marmaï, nous ont inspiré plus du dépit qu’une forme de solidarité moins antagoniste. Or, ils s’en tirent encore légèrement mieux que les fanatiques écolos, de véritables névrotiques illuminés, disponibles au choix en mode naïveté asexuelle pour Noémie Merlant ou jalousie ringarde pour Grégoire Leprince-Ringuet. (…)

Un pont entre deux mondes

Parfois, le mélange de problèmes sociaux donne des ailes aux univers filmiques imaginés par Éric Toledano et Olivier Nakache. Parfois, il s’écrase misérablement. Très loin du cocktail détonnant entre handicap et immigration à l’œuvre il y a douze ans dans Intouchables, Une année difficile hésite sans cesse entre ses deux repères sociaux : le surendettement et l’engagement pour la cause climatique. Pendant que le premier garde les deux personnages principaux prisonniers de leur jungle inextricable de crédits, les termes filmiques par lesquels transite le deuxième s’avèrent encore plus creux. Entre le tribunal financier ou le poste de police comme destination finale, l’embarras du choix n’existe guère pour ces deux hommes à l’esprit de débrouillardise dépourvu de la moindre intelligence.

Les deux perdants nés Albert et Bruno sont tellement obnubilés par leurs problèmes d’argent que rien d’autre ne compte pour eux, au fil des étapes successives de leur parcours laborieux. Cela leur arrive d’avoir des idées, soit. Mais invariablement, elles tombent à plat par la faute partagée entre un scénario à la limite de la condescendance à leur égard et leur goût prononcé pour l’échec sous toutes ses formes. (…)

Les pousses du cactus

En comparaison avec ces irresponsables de premier ordre, le milieu écologiste s’en sort encore moins bien. Visiblement autosatisfaite de dresser l’inventaire de toutes les actions ou presque d’Extinction Rebellion ayant alimenté un cycle médiatique en France ces dernières années, l’intrigue ne va point chercher plus loin afin d’interroger le bien-fondé ou l’absurdité d’un tel engagement. L’enchaînement des actions coup-de-poing ne donne lieu à aucune réflexion, en dehors du constat que ces hommes et ces femmes idéalistes sont des pigeons prêts à être piégés par le duo de petits voyous. Ainsi que par des discours et des modes d’action malheureusement très révélateurs de l’impuissance de ces activistes, face au rouleau compresseur des institutions républicaines. Celles-ci sont personnifiées ici, entre autres, par le juge, qui n’en peut plus de l’autoflagellation publique de Bruno, lors de son audition pour savoir s’il a su tirer les leçons nécessaires de sa débâcle financière. (…)

Conclusion

Quelle occasion fâcheusement ratée que cette comédie sociale qui n’attaque jamais des sujets brûlants par le bon bout ! Une année difficile, ce sont – à l’image des allocutions de quasiment tous les présidents de la Vème République, à l’exclusion de De Gaulle, placées au tout début et à la fin du film – des formules vidées de leur substance, sans impact notable sur le spectateur. Alors qu’il y aurait été amplement de quoi faire avec la seule lutte des activistes écologistes, le film d’Éric Toledano et Olivier Nakache s’éparpille très tôt et en fin de compte irrémédiablement. L’agitation hystérique des comédiens y prévaut dès lors, à l’exception sans trop de mérite non plus de Jonathan Cohen, suffisamment détaché de ce bourbier idéologique pour nous divertir un tout petit peu avec ses pitreries habituelles. »

Extrait de la critique de notre rédacteur Tobias Dunschen. Découvrez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien !

Le Blu-ray

[4/5]

Sorti dans les salles à l’automne dernier, Une année difficile avait réuni presque 900.000 français au cinéma. Plus que jamais fidèle au cinéma d’Olivier Nakache et Éric Toledano, Gaumont nous propose aujourd’hui de redécouvrir Une année difficile au format Blu-ray dans la chaleur douillette de notre Home Sweet Home. Et comme à son habitude, l’éditeur nous propose véritablement une expérience Home Cinema au taquet : l’image est superbe, même dans ses passages les plus sombres, et rend parfaitement hommage à la jolie photo du film signée Mélodie Preel. La définition est précise, les couleurs respectées à la lettre, et même durant les séquences les plus chaotiques à l’écran (durant les scènes de manif notamment), le master tient la route et nous ravit pleinement les mirettes. Côté son, le film nous est proposé en DTS-HD Master Audio 5.1 et parvient sans peine à en imposer au spectateur, avec des passages littéralement tonitruants et des effets dynamiques de toutes parts. Un superbe boulot. On notera également que Gaumont n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisque l’éditeur nous propose également un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 plus cohérent si vous visionnez Une année difficile sur un « simple » téléviseur.

Dans la section suppléments, Gaumont nous a réservé, en plus de la traditionnelle bande-annonce, un très intéressant making of (31 minutes), qui donnera l’occasion, entre deux moments volés sur le tournage, à Éric Toledano et Olivier Nakache de revenir sur la genèse du film, ainsi que sur l’influence qu’a pu avoir le « Grand Confinement » de 2020 sur leur écriture.

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