Test Blu-ray : Ripoux 3

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Ripoux 3

France : 2003
Titre original : –
Réalisateur : Claude Zidi
Scénario : Claude Zidi, Didier Kaminka, Simon Michaël
Acteurs : Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Lorànt Deutsch
Éditeur : Gaumont
Durée : 1h45
Genre : Comédie, Policier
Date de sortie cinéma : 10 décembre 2003
Date de sortie Blu-ray : 6 octobre 2021

Voilà 10 ans que le duo de ripoux le plus fameux de l’histoire de la police est séparé. Aujourd’hui, de mauvais tuyaux en fausses bonnes combines, François, le flic, et René, le retraité, vont de nouveau devoir faire équipe, entraînant avec eux un jeune novice…

Le film

[3,5/5]

« Comme tous les réalisateurs de comédie, Zidi finit sur un échec : Ripoux 3. (…) Un film franco-français, replié sur lui-même. Un film un peu cinéma de papa, nostalgique, très éloigné de l’inventivité et de la stylisation des Ripoux 1 et 2… »

C’est par ces mots sévères que Thibault Decoster, spécialiste français du cinéma de Claude Zidi, évoque Ripoux 3 dans les bonus du Blu-ray de Ripoux contre Ripoux. Pourtant, le fait de revoir les trois films coup sur coup, à tête reposée et avec de nombreuses années de recul par rapport à leurs sorties respectives, tend franchement à tirer ce troisième opus vers le haut.

Bien sûr, Ripoux 3 ne retrouve jamais ni la verve ni le côté gentiment subversif des Ripoux version 1984. En 2003, l’époque n’est plus la même et Claude Zidi, toujours accompagné de ses coscénaristes Simon Michaël et Didier Kaminka, ne peut plus laisser le champ libre à toutes ses idées de sale gosse. L’heure est au politiquement correct, et de fait, il n’est plus réellement question ici de mettre en scène de véritables « ripoux ». Les différents policiers que l’on croise au cœur du film sont intègres, et le phénomène des rackets et des abus de pouvoir de la part de la police ne semble plus à l’ordre du jour.

D’ailleurs, malgré une idée répandue sur le film, d’ailleurs largement sous-entendue sur l’affiche qui donnait à voir les trois personnages principaux présentés comme « Le maître », « Le disciple » et « L’élève », Ripoux 3 ne met pas en scène les deux ripoux historiques initiant le jeune Lorànt Deutsch aux joies de l’impunité conférée par le statut de policier. Ainsi, si le personnage de Thierry Lhermitte et son jeune acolyte se décident à rentrer dans les magouilles de Noiret, c’est pour sauver leur honneur et pour sauver des innocents d’une mort annoncée – rien à voir avec un quelconque enrichissement personnel.

Époque oblige, Ripoux 3 n’abordera plus non plus les « minorités » comme pouvaient le faire les deux précédents opus. Comme il n’est plus de bon ton de caricaturer les blacks, les arabes ou les gays, Ripoux 3 mettra en scène un gang de « chinois », ce qui était relativement à la mode à l’époque, notamment grâce aux productions EuropaCorp de Luc Besson. Pour autant, le film ne développera pas non plus réellement de mauvais esprit à l’encontre des asiatiques ; le personnage de Chen (Reinaldo Wong) est même plutôt présenté de façon relativement positive, même si bien sûr il s’agit d’un « parrain » local.

Bref, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais Zidi et son équipe sont néanmoins très heureux de retrouver René et François, les deux fameux personnages de flics ripoux, et cela se ressent à l’écran, dans le sens où le cinéaste cherche vraiment à donner un souffle nouveau à sa saga. D’un point de vue formel, Ripoux 3 est de loin le plus ambitieux des trois Ripoux. Travellings, split-screens, effets spéciaux… On sent que Claude Zidi cherche à dynamiser son récit, et cela fonctionne en partie, notamment avec la scène de braquage, qui fait bien évidemment référence à Ocean’s Eleven (Steven Soderbergh, 2001).

Le duo Philippe Noiret / Thierry Lhermitte fonctionne toujours à merveille, et le scénario de Ripoux 3 est incontestablement le plus soigné et le mieux construit des trois films composant la saga. Quiproquos et rebondissements s’enchaînent sur un rythme soutenu, et les gags s’avèrent beaucoup plus fréquents et efficaces que sur le film précédent. On pourra regretter, bien sûr, que le personnage de Lorànt Deutsch ne soit pas d’avantage exploité – timide, gauche, presque effacé, il apporte néanmoins, en duo avec la jeune Chloé Flipo, un sympathique vent de fraîcheur sur la franchise. Ainsi, malgré tous les défauts que l’on pourra trouver au film, ce petit vent de fraîcheur et les quelques éclats de rire qu’il suscitera volontiers permettront à Ripoux 3 d’éloigner l’odeur un peu faisandée que véhiculait Ripoux contre Ripoux, qui pour le coup ne réussissait à atteindre notre cœur que grâce à l’abattage de ses acteurs et à la franche sympathie qu’ils dégagent.

Du côté des acteurs, justement, Ripoux 3 nous propose également quelques petites surprises. En 2003, Grace de Capitani avait disparu des écrans radar depuis treize ans, et ne réapparaît donc pas dans cet épisode. Le rôle du chef de la police, incarné successivement par Julien Guiomar et Michel Aumont par le passé, est cette fois attribué à Jean-Luc Bideau, popularisé à l’époque par la série télé H (1998-2002). On reconnaîtra également René Morard, patron du café dans les deux premiers Ripoux, dans un autre rôle de patron de café (on le suppose du moins puisqu’il ne reconnaît pas le personnage incarné par Philippe Noiret). Au rayon des petites apparitions réjouissantes, on notera la présence de Bernadette Laffont, de Jean-François Balmer ou encore de Laurence Boccolini, qui s’essayait ici pour la première fois au cinéma. Didier Kaminka, dialoguiste « historique » de la franchise, nous gratifie également d’une petite apparition clin d’œil dans la peau du chauffeur de taxi qui tente de conduire Philippe Noiret au quai des orfèvres.

Le Blu-ray

[4/5]

Si Les Ripoux et Ripoux contre Ripoux étaient tous deux sortis au format Blu-ray en 2014, le petit dernier de la série Ripoux 3 – souvent considéré comme le vilain petit canard de la franchise – était quant à lui jusqu’ici complètement inédit au format Haute-Définition. Profitant du retour des deux premiers films dans son catalogue, Gaumont nous permet donc aujourd’hui de redécouvrir cet opus mal aimé, que l’on considère pourtant bien supérieur à Ripoux contre Ripoux.

Côté Blu-ray, et comme d’habitude avec Gaumont, on ne trouvera rien à redire au transfert Haute-Définition de Ripoux 3 : la jolie photo de Gérard de Battista est respectée à la lettre, le piqué est d’une belle précision, les couleurs sont éclatantes, les contrastes très sont marqués, bref c’est du tout bon. Idem côté son, avec un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 d’ambiance parfaitement spatialisé. Même si le film dans son ensemble n’incite pas forcément à la démo acoustique, la scène de braquage finale riche en explosions fera à coup sûr trembler votre caisson de basses. Mais Gaumont n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, et l’éditeur nous propose également un mixage DTS-HD Master Audio 2.0, acoustiquement plus cohérent si vous visionnez Ripoux 3 sur un « simple » téléviseur. On notera par ailleurs que le film de Zidi est disponible à petit prix dans la collection Blu-ray Découverte de l’éditeur (parfois également appelée Gaumont découverte en Blu-ray).

Dans la section suppléments, Gaumont recycle le riche making of (51 minutes) déjà disponible sur le DVD de Ripoux 3 sorti en 2004. Dominé par la personnalité et les facéties de Lorànt Deutsch, ce documentaire donnera également la parole à Claude Zidi, Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. Le réalisateur justifiera certains de ses choix en termes de scénario et de mise en scène, comme par exemple celui de déplacer l’intrigue du film de Montmartre à Belleville – en effet, selon lui, le quartier de Montmartre était « vampirisé » par Amélie Poulain. On remarquera également que le titre de tournage du film n’était pas Ripoux 3 mais Super Ripoux.

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