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Test Blu-ray : Les K d’or

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Les K d’or

France : 2026
Titre original : –
Réalisation : Jérémy Ferrari
Scénario : Saïd Belktibia, Jérémy Ferrari, Clément Peny
Acteurs : Jérémy Ferrari, Eric Judor, Laura Felpin
Éditeur : StudioCanal
Durée : 1h36
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 11 mars 2026
Date de sortie DVD/BR : 17 juillet 2026

D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, Noé n’a donc plus qu’une obsession, retrouver l’or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu’incontrôlable et fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique, ainsi que de Ryan, puceau malvoyant de 52 ans participant au « Marathon des sables »… Une parfaite couverture pour passer la frontière discrètement !

Le film

[3,5/5]

Jérémy Ferrari n’a jamais vraiment choisi les sujets permettant de dormir tranquillement après le dessert. Révélé au grand public par l’émission On n’demande qu’à en rire, l’humoriste s’était ensuite attaqué à la religion avec « Hallelujah Bordel ! », à la guerre et au terrorisme avec « Vends 2 pièces à Beyrouth », puis au système de santé avec « Anesthésie générale ». Autant dire que Les K d’or, son premier long-métrage comme réalisateur, ne pouvait décemment pas raconter les mésaventures d’un fleuriste à Montargis. Le voilà donc parti sur les traces de l’or de Mouammar Kadhafi, en compagnie d’un fils caché autoproclamé du dictateur, d’une fichée S et d’un quinquagénaire malvoyant et toujours puceau. La genèse des K d’or ajoute pourtant une note beaucoup plus douloureuse à cette joyeuse insanité : le scénario réunissait initialement trois hommes, dont un rôle destiné à Guillaume Bats, ami proche de Jérémy Ferrari, qu’il produisait également. Sa disparition en juin 2023 oblige le cinéaste à revoir entièrement sa copie : Zoulika naît alors pour Laura Felpin, à partir d’un personnage déjà esquissé sur scène par l’humoriste dans son spectacle « Ça passe », tandis que Ryan est créé pour Éric Judor, que Jérémy Ferrari ne connaissait même pas encore personnellement. Comme quoi le hasard fait parfois le casting avec des dés pipés, mais il les lance drôlement bien.

Car Les K d’or possède surtout une qualité devenue presque exotique dans la comédie française : le film avance. Tout le temps. Action, poursuites, fusillades, désert, retournements de situation et dialogues capables de partir cueillir des champignons hallucinogènes au beau milieu d’une scène d’exposition : Jérémy Ferrari refuse la mécanique du sketch filmé et construit une véritable comédie d’aventures à l’ancienne, avec un vrai fond et une pincée de satire politique assez mordante. La photographie d’Antoine Marteau exploite généreusement les paysages du Sahara et le cadre large, tandis que le montage de Stéphane Pereira entretient un mouvement permanent sans transformer l’ensemble en clip sous amphétamines. Sous sa couche d’humour noir, Les K d’or retrouve même quelque chose de la comédie populaire old school type La Valise, quelque part entre chasse au trésor, buddy movie et récit de bras cassés lancés beaucoup trop loin de leur zone de confort.

Mais Jérémy Ferrari y glisse ses obsessions habituelles : les préjugés, le handicap, la radicalisation, l’identité, le racisme ordinaire ou la façon dont chacun s’invente une mythologie personnelle pour supporter une existence beaucoup moins glorieuse. Le film tape sur absolument tout le monde avec une réjouissante absence de protocole diplomatique. Et derrière la farce se dessine une idée plutôt jolie : cette bande de catastrophes ambulantes finit par exister précisément parce que personne d’autre ne veut vraiment d’eux. D’où l’étrange sentiment que l’échec en salles de Les K d’or pourrait un jour lui servir de certificat de naissance comme film culte. Avec environ 280.000 entrées en France, l’audacieuse proposition de Jérémy Ferrari n’a clairement pas rencontré son public, et son titre complètement con n’y est peut-être pas étranger : le titre L’Or de Kadhafi, envisagé durant le développement, annonçait immédiatement la couleur, le mauvais goût et l’aventure. Ici, le mauvais jeu de mots fait pencher Les K d’or vers un titre de comédie débile et bien peu mémorable, genre Les Gaous ou Les Francis. Ce qu’il n’est pas du tout…

Dommage, car cet OVNI mérite largement mieux. Jérémy Ferrari a l’intelligence de s’attribuer le rôle relativement droit du trio et laisse les grenades comiques aux deux autres. Éric Judor transforme Ryan en formidable usine à gêne, entre certitudes moisies et vulnérabilité désarmante, mais Les K d’or appartient surtout à Laura Felpin. Absolument géniale, imprévisible jusque dans ses silences, capable de rendre hilarant un regard vide ou une intonation légèrement déplacée, elle fait de Zoulika une créature comique merveilleusement incontrôlable. Les K d’or est foutraque, insolent, généreux, parfois franchement idiot et souvent irrésistible. Surtout, il possède ce que tant de comédies calibrées ont égaré en route : une personnalité. Et ça, mine de rien, vaut déjà son pesant de K.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une carrière en salles beaucoup trop discrète, Les K d’or débarque en Blu-ray sous pavillon StudioCanal, et le désert marocain constitue évidemment un terrain de jeu particulièrement intéressant pour la Haute-Définition. Le master proposé affiche une très belle tenue générale : définition précise, visages finement détaillés, textures des vêtements parfaitement restituées et surtout paysages sahariens profitant pleinement de la profondeur du cadre Scope. Les grandes étendues de sable offrent à l’image une ampleur que la compression respecte avec beaucoup de sérieux, tandis que les couleurs chaudes conservent une belle densité sans virer à la carte postale sous stéroïdes. En deux mots comme en cent, le Blu-ray StudioCanal des K d’or demeure très propre, stable et détaillé, avec un encodage suffisamment robuste pour encaisser sans broncher poussière, mouvements rapides et agitation générale.

Côté son, StudioCanal offre à Les K d’or un mixage Dolby Atmos particulièrement réjouissant. Ce dernier accompagne idéalement la dimension aventureuse du film : moteurs, coups de feu, mouvements de foule et agitation du désert investissent généreusement l’espace acoustique, tandis que les effets verticaux apportent ponctuellement un supplément d’immersion très appréciable. La spatialisation ne cherche jamais à faire le paon pour trois douilles qui tombent par terre, mais l’environnement sonore reste constamment vivant et les séquences d’action bénéficient d’une dynamique solide, soutenue par des basses efficaces. Les dialogues demeurent parfaitement intelligibles au centre, qualité essentielle quand Laura Felpin et Éric Judor commencent à envoyer les répliques comme des contrebandiers balançant leur cargaison par-dessus la frontière. Pour les cinéphiles non équipés d’une installation acoustique à 50K (d’or), la piste DTS-HD Master Audio 2.0 constitue une alternative convaincante : moins spectaculaire évidemment, mais claire, équilibrée et suffisamment ample pour conserver l’énergie du film.

Aucun supplément ne vient malheureusement prolonger Les K d’or, et c’est probablement le principal regret suscité par cette édition StudioCanal. La genèse mouvementée du projet, le tournage dans le Sahara, l’utilisation du véritable Handi Marathon des Sables ou simplement le travail de Jérémy Ferrari avec Laura Felpin et Éric Judor auraient largement mérité un making of ou quelques entretiens. Reste un Blu-ray techniquement très satisfaisant pour un film dont le destin pourrait bien se jouer sur la durée. Les K d’or possède en effet tous les ingrédients du futur petit film culte redécouvert quelques années après son bide initial. Et si le bouche-à-oreille finit par faire son œuvre une fois l’édition épuisée, il ne serait finalement pas si étonnant de voir ce Blu-ray s’arracher à prix d’or sur le marché de l’occasion. Pour une fois, le titre aurait alors été prophétique.

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