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DVD — 03 décembre 2018
Test Blu-ray : Le train des épouvantes

 
Royaume-Uni : 1965
Titre original : Dr. Terror’s house of horrors
Réalisation :
Scénario : Milton Subotsky
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h38
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 14 avril 1971
Date de sortie DVD/BR : 23 octobre 2018

 

 

Cinq voyageurs s’installent dans l’un des comportements d’un train en partance de Londres pour Bradley. Si un sixième, l’énigmatique Docteur Schreck, prend place avec eux, il s’avère vite un compagnon inhabituel, prompt à tirer les tarots pour leur prédire leur avenir. Et ce qu’annoncent les cartes aux passagers tétanisés de terreur n’a rien de très réjouissant…

 

 

Le film

[5/5]

La firme Amicus, concurrente directe de Hammer Films dans les années 60/70 au Royaume-Uni, a produit une petite trentaine de films avant de s’éteindre en 1980, avec le film Le club des monstres. Si aucune des productions Amicus n’a jamais réussi à atteindre l’excellence des plus grands films de la Hammer dans le cœur des amateurs d’horreur classique, on comptera tout de même parmi ces films quelques petites réussites. Aussi bien devant que derrière la caméra, on retrouvait d’ailleurs au générique des productions Amicus plusieurs noms ayant contribué à donner ses lettres de noblesse à la Hammer : on pense au mythique duo composé par Peter Cushing et Christopher Lee, mais également aux réalisateurs Seth Holt, Freddie Francis et Roy Ward Baker, qui naviguaient d’un studio à l’autre.

Dans le but de se démarquer un peu des films de la Hammer, mais également peut-être pour des questions plus terre à terre liées aux budgets de production, les films produits par Amicus se déroulaient le plus souvent à l’époque contemporaine, contrairement à ceux de la firme concurrente, qui marquait un attachement très net au style « gothique ». De la même façon, la Amicus s’était plutôt fait une spécialité des films d’horreur « à sketches » ou anthologies. Le premier d’entre eux, Le train des épouvantes, est sorti en 1965 et s’avère un véritable petit trésor : il s’agit en effet non seulement d’un des meilleurs films de la firme, mais aussi tout simplement du genre horrifique à sketches.

 

 

Il faut dire aussi que Le train des épouvantes est, d’entrée de jeu, porté par la présence au générique de Peter Cushing et Christopher Lee, les deux acteurs les plus puissamment emblématiques de la Hammer. Le script de Milton Subotsky a l’habileté et l’intelligence de proposer au spectateur cinq petits récits fantastiques, articulés autour d’un groupe de personnages à bord d’un train, et des prédictions délivrées par le personnage du Dr. Shreck, incarné par Peter Cushing. Le rythme de l’ensemble est donc rapide, et il n’y aura littéralement pas moyen de s’ennuyer ou de trouver le temps long, d’autant que le tout est littéralement sublimé par le talent de metteur en scène de Freddie Francis, grand créateur de formes devant l’éternel (qu’il évolue au poste de metteur en scène ou à celui de directeur photo), qui s’impose définitivement comme l’un des cinéastes ayant le plus marqué le cinéma fantastique britannique de son empreinte visuelle époustouflante. Son habileté à travailler sur la profondeur de champ s’avère le plus souvent extrêmement payante, et donne au film une originalité visuelle assez épatante.

Pleins de malice et de connivence avec le spectateur, les cinq récits proposés au spectateur dans Le train des épouvantes traitent de sujets variés : on commencera avec « Le loup garou », qui comme son titre l’indique s’avère une classique histoire de loup-garou, globalement toujours traitée sur le mode « gothique » hérité des productions Hammer. Beaucoup plus fantaisiste et même franchement réjouissant, le deuxième segment « La vigne mutante » s’articule autour d’une plante dotée d’intelligence, et farouchement déterminée à se défendre des agressions de l’homme – ce sketch donne l’occasion à Freddie Francis de livrer au spectateur quelques plans vraiment très amusants et mémorables. Le troisième sketch, « Vaudou », s’avère une très intéressante plongée au cœur du Vaudou Haïtien, traité sur un mode relativement sérieux, malgré quelques digressions humoristiques (un des personnages tombe notamment nez à nez avec l’affiche du film au cœur duquel il est en train d’évoluer !). Il s’agit également de l’épisode le plus « musical » du film, puisqu’il suit l’itinéraire d’un groupe de jazz. Arrivera ensuite l’épisode que tout le monde attendait : « La main baladeuse », mettant en scène Christopher Lee aux prises avec une main tranchée dotée de vie, douloureux symbole de sa culpabilité. Si son personnage de critique d’Art hautain et méprisant est antipathique à souhait, ce segment s’avère sans aucun doute l’un des plus amusants du lot, notamment grâce aux séquences mettant en scène la fameuse main récalcitrante. Enfin, « Le vampire », dernier sketch, nous donnera à voir un tout jeune Donald Sutherland marié à une vampire, et contraint de prendre une décision radicale… L’ensemble s’impose donc sans peine comme une totale réussite du genre, et ouvrira la porte à plusieurs « anthologies » fantastiques dans les années qui suivraient.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Grand défenseur du cinéma de genre dans l’hexagone, ESC Éditions s’est visiblement mis dans l’idée de proposer au consommateur français l’intégralité des anthologies made in Amicus : en effet, la sortie en Blu-ray du Train des épouvantes dans les rangs de la collection « British Terrors » permettra au cinéphile de ranger cette petite perle du genre aux côtés d’, Histoires d’outre-tombe, Le caveau de la terreur ou encore des Contes aux limites de la folie : un véritable événement pour tous les fans de cinéma fantastique britannique, d’autant plus appréciable que le film – comme les autres de la collection – débarque dans les rayonnages de vos revendeurs préférés au sein d’un très beau coffret, présenté sous la forme d’un « médiabook » d’aspect luxueux, et proposant en plus du film de Freddie Francis sur support DVD et Blu-ray un livret de 16 pages signé Marc Toullec et intégré à l’étui ; l’éditeur ne nous ayant fourni ni de copie du livret ni d’exemplaire finalisé de la « bête », on ne pourra pas s’exprimer sur leur qualité, mais on fait aveuglément confiance à ESC Éditions.

Côté Blu-ray, Le train des épouvantes bénéficie d’un très bel upgrade Haute-Définition : si les premières minutes font un peu peur (le générique de début est abimé, et parsemé de points blancs, rayures et autres taches dues au temps), le master retrouve sa stabilité une fois le générique passé, et s’impose comme très propre et parfaitement restauré ; le grain d’origine est préservé, les couleurs sont extraordinaires, la définition est le piqué sont considérablement améliorés… C’est du très beau travail. Du côté des pistes son, VO et VF d’époque nous sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine : les dialogues sont clairs et les ambiances bien préservées, ajoutant encore un peu à la folie douce de l’ensemble.

Mais en plus d’être un bel objet, le coffret édité par ESC Éditions n’est d’ailleurs pas avare en suppléments, puisqu’on trouvera également sur la galette Blu-ray la présentation de la firme Amicus par Laurent Aknin (que l’on retrouve à l’identique sur les autres productions Amicus éditées par ESC), qui s’accompagnera d’une intéressante présentation du film, toujours assurée par Laurent Aknin : l’ensemble est synthétique et assez passionnant, d’une belle sincérité, même si l’on ne partage pas les réserves qu’émet le journaliste au sujet de Freddie Francis et de sa carrière de cinéaste.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles