Test Blu-ray : Le silencieux

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France, Italie : 1973
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h57
Genre : Thriller, Espionnage
Date de sortie cinéma : 21 février 1973
Date de sortie Blu-ray : 20 juin 2018

 

 

Membre d’une délégation scientifique soviétique en visite en Grande-Bretagne, le savant Anton Haliakov est enlevé par les agents de la Military Intelligence. Il refuse de révéler les noms de deux physiciens anglais travaillant pour l’URSS. On lui apprend que sa véritable identité est connue : Clément Tibère, savant français, enlevé quinze ans plus tôt par les Soviétiques. On lui promet la liberté, à l’Ouest, en échange des renseignements demandés. Tibère accepte…

 

 

Le film

[4,5/5]

Principalement connu du public pour avoir rendu compte des émois de l’adolescence des années 70/80 avec La gifle et La boum, ne véhicule pas l’image d’un cinéaste de « Série Noire » telle que pouvaient l’avoir ses contemporains Henri Verneuil, Yves Boisset ou Jacques Deray. « Occasionnel » du genre, Pinoteau a pourtant signé avec son premier film un sacré classique. Suivant un plus taciturne que jamais pris au cœur d’une machination opaque à base d’espionnage international, s’impose comme un thriller de « chasse à l’homme » tendu et bien nerveux, enchaînant les rebondissements sans occasionner de temps mort et développant une intrigue paranoïaque tout à fait dans l’air du temps de l’époque.

A travers l’opacité de son récit, qui sous-entend on ne peut plus clairement que les « méthodes » des services secrets ne sont pas moins douteuses et expéditives à l’Ouest qu’à Moscou, le film évoque aussi à l’occasion un poil les machinations à base de « McGuffin » imaginées par Alfred Hitchcock durant les années 50/60 ; cette impression sera d’ailleurs accentuée par le final du Silencieux, porté par la musique d’un orchestre, à la manière de L’homme qui en savait trop. Et bien sûr, il y a pour porter tout cela, Lino plus charismatique que jamais qui est littéralement de tous les plans et tient à bout de bras la réussite du film, sans pourtant avoir énormément de dialogues à son actif (comme le trahit le titre du film). L’acteur s’offre même dans le film une des plus belles scènes de toute sa carrière : ses retrouvailles avec le personnage de lui permettent en effet de prouver toute l’étendue de son jeu, superbe de retenue et d’empathie, aidé en cela par les dialogues de , qui comme à son habitude parvient à cerner les « petits riens » de l’existence avec une écriture morcelée, délivrant des mots qui sonnent toujours juste.

est donc une œuvre aussi nerveuse qu’aboutie, impeccable dans sa gestion de l’action et du rythme. Un coup de maître pour et, assurément, un film à redécouvrir !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez au sein de la vingt-troisième vague de sa collection «  », s’offre un lifting Haute Définition très attendu sur galette Blu-ray, que l’éditeur propose comme toujours à un prix attractif (moins de 15 euros).

Présenté au format 1.66 respecté, en 1080p, bénéficie d’une belle cure de jouvence. Le piqué est d’une belle précision, l’étalonnage des couleurs est naturel, les contrastes sont affirmés, l’image n’a jamais ce ton un poil « jaunâtre » que peuvent avoir certains films de la même époque après restauration. Le grain argentique a été scrupuleusement préservé, ce qui n’empêche pas la définition et le piqué de se montrer d’une belle précision. Un magnifique transfert pour l’un des meilleurs films de  : que demander de plus ? Côté son, la galette nous propose un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine au rendu net, équilibré et précis malgré une légère tendance à la saturation sur les scènes d’action.

Du côté des bonus, l’éditeur recycle dans un premier temps les suppléments déjà disponibles sur le DVD du film sorti en 2005. On retrouvera donc avec plaisir Clélia Ventura (fille de Lino) dans une présentation du film par , avec qui elle s’entretient pour remettre le tournage du film en contexte. Le cinéaste y évoque la facilité déconcertante avec laquelle il est passé à la réalisation grâce à son ami . On retrouvera à nouveau Clélia Ventura dans un sujet intitulé Tels pères tels filles, : il s’agit en fait d’une d’une discussion entre Clélia Ventura et Florence Moncorgé-Gabin (fille de Jean Gabin donc), qui occupait le poste de scripte sur . Peu avare en anecdotes, elle y narre quelques-uns de ses souvenirs de tournage avec , débordant un peu du cadre du film qui nous intéresse aujourd’hui puisqu’elle parle aussi de son expérience sur le tournage de La gifle. Ces deux sujets contiennent beaucoup d’éléments qui seront répétés à l’identique par Philippe Lombard, auteur du livre « Les Grandes gueules du cinéma français », qui nous propose une présentation du film dont la valeur ajoutée tient principalement dans la façon dont il replace le film dans la carrière de . On terminera avec un édifiant sujet sur la restauration du film (sur le mode toujours payant du « avant / après ») et la traditionnelle bande-annonce.

 

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