Test Blu-ray : Le Calendrier

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Le Calendrier

France, Belgique : 2021
Titre original : –
Réalisation : Patrick Ridremont
Scénario : Patrick Ridremont
Acteurs : Eugénie Derouand, Honorine Magnier, Clément Olivieri
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h44
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 1 décembre 2021
Date de sortie DVD/BR : 24 mars 2022

Eva est paraplégique depuis trois ans. Pour son anniversaire, elle reçoit en cadeau un étrange calendrier de l’Avent. Mais ce ne sont pas les traditionnelles friandises qu’elle découvre chaque jour, mais des surprises plus inquiétantes, parfois agréables, souvent terrifiantes, et de plus en plus sanglantes. Cette année, Noël va être mortel…

Le film

[3,5/5]

Le Calendrier s’inscrit dans une certaine tradition dans le cinéma fantastique contemporain qui tend à mettre sur le devant de la scène un objet du quotidien aux vertus maléfiques. L’idée, aussi simple qu’amusante sur le papier, est de prêter vie à des objets inanimés, généralement décrits comme des objets « maudits », ou possédés par une entité maléfique. Les exemples sont nombreux : on recense ainsi pas mal de poupées, mais aussi des livres, jeux de société ou jeux vidéo, VHS, boites à musique, ordinateurs et sites Internet, téléphones, bijoux, meubles, tableaux, instruments de musiques, miroirs, masques, vêtements, ou encore véhicules – voitures, camions… Tous animés de mauvaises intentions ; avides de vengeance ou ouvrant la voie vers l’au-delà. Les époux Warren en ont d’ailleurs une pièce pleine, chaque objet attendant sagement son tour pour être le sujet d’un nouveau film.

La tendance ne date pas d’aujourd’hui, et certains objets au centre de films produits il y a quelques années peuvent prêter à sourire par leur incongruité : on pense par exemple à Death bed : The bed that eats (George Barry, 1977), qui mettait en scène un « lit de la mort », à Killer Sofa (Bernardo Rao, 2019) et à son fauteuil maléfique, à The refrigerator – L’attaque du frigo tueur (Nicholas Jacobs, 1991) ou encore à Pisspot from hell (Enrico Pallazzo, 1984) et son pot de chambre qui noyait ses victimes dans des litres de pipi.

L’idée développée par Le Calendrier est donc celle d’un calendrier de l’avent tueur – vous admettrez qu’en regard des quelques exemples ci-dessus, cette dernière ne parait finalement pas plus absurde qu’une autre. La principale originalité du film, du moins de notre côté de l’Atlantique, c’est qu’il s’agit d’une production franco-belge, réalisée à Bruxelles par un petit nouveau venu du plat pays nommé Patrick Ridremont, la cinquantaine épanouie, ex-mari de Virginie Efira, acteur à ses heures, et passionné de cinéma fantastique. Cette passion dévorante pour le fantastique se traduira à l’écran par un film extrêmement soigné, dénotant d’un souci du détail absolument remarquable en ce qui concerne les décors, la photo et les effets spéciaux On saluera également le fait que Patrick Ridremont a clairement privilégié les effets spéciaux physiques, n’ayant recours au numérique que pour une poignée de scènes. Voilà donc un cinéaste qui aime et respecte le genre, et qui tenait assurément à livrer au spectateur une œuvre solide, aussi bien narrativement que formellement.

Développant une intrigue très ancrée dans le folklore allemand, Le Calendrier s’impose donc comme une belle découverte, punchy et efficace, portée par une mise en scène élégante et dénotant d’une certaine intelligence de la part du cinéaste afin d’exploiter au mieux un budget qu’on imagine limité. A ce titre, l’incontournable « créature » du film, nommée Ich et conçue par le maquilleur-maquettiste Lionel Lê, vaudrait à elle-seule le coup de voir le film. Mais les amateurs de frissons lui trouveront forcément d’autres qualités, telles que celle d’exploiter avec habileté son concept, quitte à verser dans le Grand Guignol pur et simple. Le final du film, et sa morale ironique teintée d’humour noir, rappellera également aux fans d’horreur les histoires macabres imaginées par Al Feldstein, Johnny Craig, William M. Gaines et les autres pour les publications EC Comics des années 50 (Tales from the crypt, The haunt of fear, The vault of horror…).

S’il lui manque probablement la petite étincelle qui aurait transformé l’essai – aussi appliqué soit-il – en réussite absolue, Le Calendrier n’en demeure pas moins un enthousiasmant petit film fantastique, bien plus fréquentable que beaucoup de séries B américaines se basant sur un postulat de départ similaire, et marquant la confirmation, neuf ans après Dead Man Talking, que Patrick Ridremont est un cinéaste à suivre de près. Malheureusement, en dépit d’une date de sortie en salles fixée au 1er décembre 2021 – et donc absolument parfaite pour coller à l’atmosphère et au récit développé par le film, Le Calendrier n’est parvenu à attirer dans les salles qu’un peu moins de 50.000 spectateurs, ce qui, après La Nuée (44.000 entrées) et The Deep House (207.000 entrées), tend à confirmer le manque d’intérêt des français pour le cinéma fantastique produit dans l’hexagone.

Le Blu-ray

[4/5]

Malgré les maigres scores enregistrés par le film au box-office, Universal Pictures France croit dur comme fer dans le potentiel du Calendrier, et lui permet de bénéficier d’une sortie au format Blu-ray, par ailleurs absolument justifiée par les qualités techniques et formelles du film de Patrick Ridremont. Côté master Haute-Définition, la galette Blu-ray éditée par Universal nous propose une définition et un piqué d’une précision absolue, l’ensemble se parant de plus de couleurs naturelles et éclatantes. Il s’agit d’un travail technique remarquable, vraiment irréprochable : même les scènes nocturnes ou en basse lumière affichent une précision de tous les instants, pour un rendu HD au taquet. Côté son, le film nous est proposé dans un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 qui envoie vraiment le bois en termes de puissance et de dynamisme. Comme on pouvait s’y attendre, ce sont naturellement les scènes de flippe qui tirent leur épingle du jeu au niveau spatialisation : mouvementées, pleines de détails sonores balancés dans tous les coins, ces scènes proposent un rendu acoustique étonnant, donnant souvent dans les effets les plus virevoltants, qui restitue parfaitement l’impression d’être perdu au milieu d’un maelstrom de bruit et de fureur. On notera également que l’éditeur n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema ou de barre de son : un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 est également disponible, et s’avérera probablement plus cohérent si vous visionnez Le Calendrier sur un « simple » téléviseur.

Le Blu-ray du Calendrier édité par Universal ne contient de bonus, mais comme on l’a dit un peu plus haut, le fait de bénéficier d’une sortie « physique » au format Blu-ray constitue déjà, en soi, un bonus de taille : chez la plupart des éditeurs vidéo français, un film ayant réuni 50.000 spectateurs dans les salles a droit, au mieux, à une sortie en DVD, quand il n’est pas directement relégué à une sortie en VOD…

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