DVD — 08 juin 2019
Test Blu-ray : La mule

 
États-Unis : 2018
Titre original : The mule
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : Clint Eastwood, ,
Éditeur : .
Durée : 1h56
Genre : Drame, Thriller
Date de sortie cinéma : 23 janvier 2019
Date de sortie DVD/BR : 5 juin 2019

 

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un « supérieur » chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s’intéresser à lui : l’agent de la DEA Colin Bates est plus qu’intrigué par cette nouvelle « mule ». Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre…

 


 

Le film

[4/5]

L’indétrônable Clint Eastwood, 88 ans, ne donne pas le moindre signe de fatigue. Il revient devant la caméra pour La mule, une histoire tirée de faits réels, sur le plus vieil employé d’une entreprise peu légale…

Absent des écrans depuis plus de six ans, l’ex-inspecteur Harry a choisi, pour son retour, de relater la drôle de dérive de Leo Sharp, devenu criminel sur le tard et dont il partage l’âge vénérable. Perdant le sens des réalités sur ses actes, Earl joue les Robins des Bois pour sa communauté, comme s’il cherchait à justifier ses actes, dangereux sur le long terme pour lui et d’autres. Loin des gentilles personnes qui l’admiraient dans des salons polis, il partage désormais son quotidien avec des latinos tatoués et armés jusqu’aux dents, d’abord circonspects face à cet étonnant papy avant de l’accepter et de l’affubler du surnom affectueux de « tata ».

 

 

Andy Garcia en parrain

Malgré une tonalité plus sentimentale que dramatique, il n’élude rien de la violence des cartels de la drogue, tout en faisant la distinction entre les caïds sans pitié (dont un étonnant Andy Garcia en parrain plutôt amusé par les libertés que s’autorise son antique employé) et leurs hommes de main, montrés comme des types qui gagnent leur vie comme ils peuvent.

Le regard porté est dans l’absolu d’une très grande bienveillance, sans jugement mais sans naïveté non plus. L’enquête policière existe au second plan avec une équipe d’agents dirigés par , déjà présent dans American Sniper. Alors qu’il est l’un des favoris aux prochains Oscars avec A Star is born qu’il a tourné peu avant, il accompagne Clint Eastwood en toute humilité.

 

 

Un aveu de Clint à sa famille

Cet autoportrait indirect a une dimension testamentaire plus ou moins assumée, ce qui est souligné par son choix d’engager sa fille Alison pour jouer la sienne à l’écran. Elle n’était pas apparue dans un de ses films depuis La corde raide dans les années 80. Il s’interroge ici sur la solitude et le temps qui passe, à travers les égarements de ce mauvais père et mari qu’il semble comprendre trop bien.

Les lys d’un jour qu’Earl cultive partagent une dimension aussi éphémère que celle qu’il a accordée à sa famille qui n’a pas été autorisée à profiter de son caractère affable, réservé à ses amis, ses collègues voire des inconnus. Ce qui n’est pas loin de ressembler à un aveu de la part de Clint Eastwood. Ce nouveau (dernier ?) chapitre de la très belle carrière d’un grand cinéaste a une jolie tonalité, calme et douce-amère.

Critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de La mule édité par Warner bros. envoie vraiment le bois niveau visuel : le master est sublime, exceptionnel, à couper le souffle. Le léger grain est superbement préservé, tandis que le piqué, le soin apporté aux couleurs / contrastes et aux textures nous permettront d’admirer en profondeur la moindre ride de Clint Eastwood (et dieu sait s’il y a du boulot). Les scènes prenant place dans les décors naturels du Nouveau-Mexique proposent un niveau de détail épatant, les niveaux de noir restent stables et distincts même dans les arrière-plans les plus sombres, bref tout est parfait, des plans rapprochés aux plans larges. Du beau travail. Côté son, et comme souvent avec cet éditeur, seule la VO est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 (bon confort d’écoute, bon dynamisme, même si le film ne se prête pas forcément à la démonstration de force techniquement parlant), tandis que la VF doit se contenter d’un Dolby Digital 5.1, certes efficace et proposant une bonne immersion pour le spectateur, mais forcément moins impressionnante que sa grande sœur.

Rayon suppléments, on a droit à une featurette d’un peu moins de 11 minutes, qui fera office de making of : c’est l’occasion de faire un petit tour dans les coulisses et d’entendre s’exprimer l’acteur / réalisateur Clint Eastwood, mais aussi les producteurs Tim Moore et Kristina Rivera, le scénariste Nick Schenk ou encore quelques acteurs (Ingacio Serricchio, Andy Garcia, Alison Eastwood, Bradley Cooper). C’est court et relativement superficiel, mais c’est intéressant ! On terminera ensuite avec un clip du morceau de Toby Keith « Don’t let the old man in » composé d’extraits du film.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles