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Test Blu-ray : Hamnet

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Hamnet

Royaume-Uni, États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Chloé Zhao
Scénario : Chloé Zhao, Maggie O’Farrell
Acteurs : Jessie Buckley, Paul Mescal, Emily Watson
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 2h05
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 21 janvier 2026
Date de sortie DVD/BR : 3 juin 2026

Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel…

Le film

[4/5]

Une évidence s’impose dès les premières images de Hamnet : ce film avance avec la démarche assurée de ceux qui savent déjà qu’ils finiront dans les conversations de fin d’année, quelque part entre « meilleur film », « meilleure actrice » et « meilleure photographie ». Le film de Chloé Zhao appartient à cette famille de prétendants naturels aux Oscars, ces œuvres qui semblent avoir été tournées avec un pinceau trempé dans la lumière dorée des récompenses. Pourtant, Hamnet ne se contente pas de jouer la carte du prestige : il la retourne Thérèse, la froisse un peu, et parvient à faire naître une émotion sincère derrière l’apparat. Le film se glisse dans un entre-deux délicat, quelque part entre la reconstitution noble et la fable intime, comme si la mise en scène cherchait à concilier la grandeur shakespearienne et la vulnérabilité humaine.

Quand on pense que le film a pour sujet William Shakespeare, on ne peut que s’étonner du choix de Chloé Zhao de privilégier… Le silence. Les scènes muettes, loin d’être de simples respirations, deviennent des révélateurs d’âme. Hamnet s’ouvre sur une vision presque mythologique : une femme lovée dans les racines d’un arbre, comme si la nature elle-même l’avait sculptée. La caméra glisse sur les textures, épouse les courbes du tronc, capte la poussière sur la peau, et déjà, sans un mot, le film nous raconte un monde où les émotions se lisent dans les gestes plus que dans les dialogues. Cette approche rappelle parfois Le Nouveau Monde de Terrence Malick, ou Bright Star de Jane Campion – ces films au cœur desquels la nature devient un personnage, un espace mental, un miroir des tourments intérieurs.

En parallèle, la mise en scène de Hamnet joue constamment sur les espaces clos. Les intérieurs Tudor, avec leurs poutres lourdes et leurs plafonds bas, semblent comprimer les sentiments comme un étau émotionnel. Les pièces sont petites, les couloirs étroits, les ombres épaisses : le film transforme chaque lieu en chambre d’écho où les non-dits résonnent plus fort que les paroles. Même les extérieurs, pourtant vastes, paraissent délimités par une géographie intime : clairières encerclées d’arbres, chemins familiers, rivières discrètes. Hamnet construit ainsi un monde où les personnages ne cessent de se heurter à leurs propres limites, comme si la topographie reflétait leur incapacité à exprimer pleinement leur douleur.

L’intensité du film vient, pour l’essentiel, de la relation entre Agnes et William, deux êtres que tout oppose, mais que Hamnet réunit avec une douceur presque hypnotique. Elle, créature du dehors, du vert, du vivant ; lui, homme de l’intérieur, de la ville, du verbe. Chloé Zhao filme leur attirance comme une collision lente, un choc de mondes qui se frôlent avant de s’imbriquer, et cette union improbable devient le cœur battant du récit. Leurs différences ne sont pas des obstacles : elles sont le moteur d’une histoire où l’amour se construit dans les interstices, dans les regards, dans les silences. Les deux acteurs, Jessie Buckley et Paul Mescal, déploient d’ailleurs une présence presque tellurique : chaque geste d’Agnes semble relié à la terre, chaque regard à une vérité ancienne, tandis que William trouve un équilibre subtil entre retenue et vulnérabilité, comme si le personnage apprenait à se laisser traverser par ses propres émotions.

La séquence du théâtre du Globe, au cœur de Hamnet, condense tout ce que le film réussit brillamment. Le théâtre, pourtant vaste, devient un entonnoir émotionnel où les sentiments de William se concentrent jusqu’à éclater. Les balcons sombres, les planches étroites, les spectateurs serrés… La scène devient une catharsis. Le maquillage qui craquelle, les mots du fantôme, la lumière qui tombe sur Agnes comme une révélation : tout converge vers un moment où la fiction permet enfin à la réalité de respirer. Hamnet montre alors que l’Art n’est pas un refuge, mais un passage, un lieu où les douleurs trouvent une forme pour mieux se dire. Très beau.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de Hamnet est disponible depuis quelques semaines sous la bannière de Universal Pictures. L’image proposée par ce Blu-ray est d’une finesse remarquable : les teintes naturelles, omniprésentes, sont restituées avec une douceur presque picturale. Les scènes en forêt, baignées de verts profonds et de bruns terreux, conservent une richesse chromatique qui évoque parfois une toile préraphaélite. Les intérieurs Tudor, avec leurs jeux d’ombres et de lumières, profitent d’un contraste maîtrisé qui met en valeur les textures du bois, des étoffes et des visages. Aucun bruit vidéo notable, aucune trace de compression disgracieuse : Hamnet bénéficie d’un master propre, stable, parfaitement adapté à la délicatesse de la mise en scène. Côté son, le film nous est proposé VO et Dolby Atmos. Le rendu acoustique est ample et enveloppant, ce qui donne à la bande-son une profondeur presque organique. Les silences, si importants dans le film, y trouvent une résonance particulière, comme si l’air lui-même devenait un élément narratif. Les voix, notamment celles de Jessie Buckley et Paul Mescal, sont d’une clarté exemplaire, portées par un mixage qui privilégie l’intimité sans sacrifier la spatialisation. La VF en Dolby Digital 5.1 nous offre quant à elle un rendu équilibré, avec des dialogues nets et une scène sonore cohérente. On ne saurait trop vous conseiller de découvrir le film en version originale, ne serait-ce que pour se retrouver au plus près des intentions de Chloé Zhao.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord un commentaire audio de Chloé Zhao (VOST), qui se révèle particulièrement riche : la réalisatrice y aborde la musique d’ouverture, les choix de mise en scène, la direction d’acteurs, et les différences entre le roman et le film. Son approche, fluide et réfléchie, permet de mieux comprendre la manière dont Hamnet a été façonné, scène après scène. On trouvera ensuite une petite poignée de featurettes qui, mises bout à bout, créeront un petit making of certes orienté promo mais tout à fait intéressant. Le premier module revient sur le tournage du film (7 minutes), et réunit Jessie Buckley, Paul Mescal, Emily Watson et d’autres membres de l’équipe, qui évoquent le casting, la dynamique de travail et la manière dont chacun a trouvé sa place dans cet univers Tudor. La featurette suivante revient sur l’adaptation du roman (5 minutes), et évoque sur l’écriture du scénario, avec Maggie O’Farrell et Chloé Zhao, qui discutent de la manière dont elles ont adapté l’intimité du roman à l’écran. Enfin, le dernier module est axé sur la reconstitution historique (10 minutes), et explore la construction du théâtre du Globe (reproduit aux trois-quarts de sa taille réelle) ainsi que les choix de costumes, de couleurs et de décors. Ce supplément, dense et passionnant, permet de mesurer l’ampleur du travail accompli pour donner à Hamnet son authenticité visuelle.

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