Test Blu-ray : Fanatic

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Royaume-uni : 1961
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h38
Genre : Thriller
Date de sortie DVD/BR : 3 décembre 2019

 

Patricia Carroll, une jeune américaine, vient en Angleterre pour se marier avec Alan Glentower, mais avant de retrouver ce dernier elle décide d’aller rendre visite à la mère de son ancien fiancé décédé, Stephen Trefoile. Madame Trefoile vit dans un château isolé et délabré avec son domestique excentrique, sa servante malveillante et son jardinier simple d’esprit. Madame Trefoile se révèle fanatique religieuse et enferme dans son château Patricia afin de la purifier…

 


 

Le film

[3,5/5]

Production Hammer du milieu des années 60, Fanatic fait partie de la vague de thrillers psychologiques contemporains produits par le studio britannique suite au succès de Psychose. On ne trouvera donc point au cœur du film le moindre artifice formel hérité du cinéma gothique, mais un huis-clos oppressant, emmenant le spectateur au cœur de la folie, là où les fantômes d’un passé trouble ne sont jamais très loin. Contrairement à des films tels que Hurler de peur (1961), Paranoïaque (1963) ou Meurtre par procuration (1964), Fanatic ne nous propose pas une intrigue lorgnant trop ouvertement du côté de chez Daphné Du Maurier ou de Boileau-Narcejac : le scénario du légendaire Richard Matheson – adapté d’un roman signé – va en effet d’avantage chercher ses inspirations du côté de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (1962) : le film offrira en effet une belle grosse pathologie psychiatrique à son héroïne du troisième âge, non pas ici incarnée par Bette Davis mais par Tallulah Bankhead, actrice ayant connu son heure de gloire dans les années 30/40.

Également connu sous le titre poétique de Die ! Die ! My darling !, le film de Silvio Narizzano joue donc la carte du huis-clos et de la montée en tension, mettant face à face deux actrices et deux personnalités que tout oppose : d’un côté la vieille bigote réac et directive (Tallulah Bankhead), de l’autre la jeune femme en quête d’émancipation (Stefanie Powers). Le personnage incarné par Stefanie Powers (qui connaitrait la gloire quelques années plus tard avec son rôle de Jennifer Hart, justicière milliardaire de Pour l’amour du risque) se retrouve donc séquestrée dans la deuxième bobine du film par la mère de son ex, carrément illuminée, qui se met dans la tête de l’assassiner. Solide malgré ses quelques longueurs, le film est en grande partie porté par le cabotinage de Tallulah Bankhead, qui en fait des caisses dans son rôle de marâtre dérangée. D’un point de vue formel, le film restera efficace mais d’une relative sobriété durant toute sa première partie, qui se résume, comme pouvait le laisser deviner le générique de début, à une espèce de jeu du chat et de la souris de plus en plus malsain. Le tout explosera cela dit durant le dernier acte, très spectaculaire et sous perfusion de Mario Bava, baigné dans des éclairages verts et rouges qui donnent aux dernières scènes une aura presque surréaliste.

Imparfait mais captivant de bout en bout, Fanatic se révèle donc au final une excellente surprise, au cœur de laquelle le spectateur aura également le plaisir de retrouver Peter Vaughan (Les chiens de paille, Brazil) dans le rôle d’un majordome passablement pervers, et surtout , maquillé en mode blafard pour interpréter un jardinier attardé et analphabète.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Disponible depuis quelques années en Blu-ray aux États-Unis dans une édition couplée avec Maniac (1963), Fanatic débarque aujourd’hui en France sur support Haute Définition, sous les couleurs de ESC Éditions. Il intègre donc fort logiquement la collection «  », dont il constitue le douzième titre. La bonne nouvelle bien sûr, c’est que le film de Silvio Narizzano – comme les autres de la collection – arrive dans les rayonnages de vos revendeurs préférés au sein d’un très beau coffret, prenant la forme d’un « médiabook » d’aspect luxueux et proposant en plus du film sur support DVD et Blu-ray un livret de 16 pages signé Marc Toullec et intégré à l’étui ; l’éditeur ne nous ayant fourni ni de copie du livret ni d’exemplaire finalisé de la « bête », on ne pourra pas s’exprimer sur leur qualité, mais on fait aveuglément confiance à ESC Éditions.

Côté Blu-ray, l’ensemble est comme d’habitude très soigné : si l’image oscille un peu selon les séquences, la qualité générale est pleinement satisfaisante. Le grain d’origine a été préservé avec soin, les couleurs ravivées, les contrastes sont bien gérés ; de plus, le film est proposé dans son format d’origine et en 1080p : c’est du très beau travail. Du côté des pistes son, seule la VO nous est proposée, en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine : les dialogues sont clairs et les ambiances bien préservées, ajoutant encore un peu à la folie douce de l’ensemble.

Dans la section suppléments, l’éditeur ESC Éditions nous propose, outre la traditionnelle bande-annonce de la collection « British Terrors », la traditionnelle présentation de la Hammer assurée par Nicolas Stanzik (13 minutes, présente sur tous les films produits par la Hammer sur cette collection), qui s’accompagnera d’une présentation du film par Erwan Le Gac (19 minutes), proche collaborateur de Nicolas Stanzik, qui abandonne pour un temps son complice biochimiste Julien Comelli afin de remettre le tournage de Fanatic dans son contexte historique. Il abordera également le tournage du film et la personnalité de Tallulah Bankhead dans un sujet très complet et assez passionnant.

 

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