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Test Blu-ray : Élémentaire… mon cher Lock Holmes

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Élémentaire… mon cher Lock Holmes

Royaume-Uni : 1988
Titre original : Without a clue
Réalisation : Thom Eberhardt
Scénario : Gary Murphy, Larry Strawther
Acteurs : Michael Caine, Ben Kingsley, Jeffrey Jones
Éditeur : Elephant Films
Durée : 1h47
Genre : Comédie, Policier
Date de sortie cinéma : 14 mars 1990
Date de sortie DVD/BR : 21 avril 2026

Brillant détective, aucune affaire ne résiste à Sherlock Holmes. Sauf qu’il n’existe pas ! Le génial Dr. Watson utilise ce pseudonyme pour garder son anonymat tout en assouvissant sa passion pour les enquêtes policières. Mais la renommée sa création est telle qu’il se voit obligé de donner corps au mythe en employant un acteur pour l’incarner. Problème : ce nouveau Sherlock Holmes est alcoolique, joueur et coureur de jupons…

Le film

[5/5]

Élémentaire, mon cher… Lock Holmes est-elle la meilleure adaptation cinématographique des aventures de Sherlock Holmes ? Les admirateurs les plus intégristes de l’univers des duettistes de Baker Street vont répondront certainement que non… Mais en prenant le contrepied de ce qu’on attendait d’eux, Tom Eberhardt et ses scénaristes, Gary Murphy et Larry Strawther, n’ont-ils pas choisi le meilleur angle d’attaque pour rendre hommage aux personnages créés par Conan Doyle ? Il est en effet amusant de constater à quel point les œuvres qui apportent le plus de fraîcheur à une figure « mythique » de la littérature ou de la culture populaire sont celles qui osent prendre des distances avec les univers auxquels elles se confrontent. Décalage rigolard, outrances, anachronismes, transposition dans un autre « monde » diégétique… Tous les moyens, même les moins avouables, sont bons pour ne pas tomber dans la redite… Et à l’occasion dépoussiérer quelques figures par trop connues !

Abordons plus particulièrement le cas des différentes adaptations cinématographiques s’attaquant au personnage de Sherlock Holmes. Presque cent ans après la mort de Sir Arthur Conan Doyle, lesquelles retiendra-t-on en priorité en haut de notre Top ? Sûrement pas les sympathiques mais trop sages films mettant en scène Basil Rathbone, non ! L’œuvre littéraire traverse les années et se suffit à elle-même, un « décalque » cinématographique n’en sera jamais qu’une pâle copie, fade et sans âme. Les principaux films nous revenant naturellement en mémoire proposeront une nette « valeur ajoutée ». On pensera d’abord au Chien des Baskerville (Terence Fisher, 1959), démarcation gothique du personnage et chef d’œuvre made in Hammer. Ensuite vient le formidable Secret de la Pyramide (Young Sherlock Holmes, Barry Levinson, 1985), production Amblin Entertainment du milieu des années 80. Plus proche de nous, et quitte à faire rugir les orfraies de la critique intellectuellement correcte, on pense aussi à Guy Ritchie, qui déchaînait un maelstrom de bruit et de fureur autour d’un personnage complètement réinventé dans Sherlock Holmes : Jeu d’ombres (2011), et en profitait pour signer un chef d’œuvre (le premier de sa carrière), dont la déconstruction systématique – narrative et formelle – nous amène aux limites de l’abstraction. Un actioner littéralement révolutionnaire, que n’aurait pas renié un Tsui Hark.

Et entre ces deux là, en 1988 précisément, il y a eu Élémentaire, mon cher… Lock Holmes (Without a clue, Tom Eberhardt). Étonnamment peu connu dans l’hexagone, Élémentaire… nourrit cependant un mini-culte auprès d’une petite frange de cinéphiles français depuis de nombreuses années. Prenant comme postulat de départ une inversion des rôles au sein du duo de Baker Street (Watson étant considéré comme le cerveau, et Holmes un acteur raté engagé pour donner le change auprès du reste du monde), le film est un véritable joyau d’écriture comique. Un bijou de l’humour sur celluloïd, ciselé au millimètre, proposant une mécanique du gag à l’impact proprement irrésistible : il n’est pas UNE réplique ou un élément du récit qui ne fasse pas mouche à un moment donné. Le film de Tom Eberhardt enchaîne les gags verbaux et visuels avec une maestria presque inouïe et des acteurs tout simplement EX-TRA-OR-DI-NAI-RES (Michael Caine est au meilleur de sa forme, et même Ben Kingsley révèle un tempérament comique jusque là insoupçonné), bref, c’est un véritable état de grâce de la grosse rigolade.

Mais le véritable exploit d’Élémentaire, mon cher… Lock Holmes – et non des moindres – est de viser dans le mille dans à peu près 100% des cas. À la façon des classiques classieux de Blake Edwards avec Peter Sellers (The Party en tête de pile), le film de Tom Eberhardt fera rire tout le monde. Que l’on soit amateur des ZAZ ou de Woody Allen, des Monty Python ou des frères Farrelly, chaque public y trouvera son compte. Pour l’avoir montré à plusieurs dizaines de personnes au fil des années, il n’en est pas une seule dont les zygomatiques aient résisté à la tornade hilarante qu’est le film ; même les plus culs serrés finissent par se dérider. Riche d’une version française épatante (avec Dominique Paturel et le regretté Philippe « Gargamel » Dumat dans les rôles de Holmes et Watson), le film de Tom Eberhardt s’appréciera aussi bien dans la langue de Liermo qu’en VO ; presque quarante ans après sa réalisation, cette comédie résiste au temps et aux visions répétées. La marque des grands, qu’on vous dit !

Le Blu-ray

[4/5]

Si on a ressorti des archives notre vieux test Blu-ray d’Élémentaire, mon cher… Lock Holmes (initialement publié sur Digital Ciné), c’est parce qu’Elephant Films nous propose de redécouvrir le film de Tom Eberhardt au cœur d’un Coffret Michael Caine disponible à partir du 21 avril 2026 et réunissant rien de moins que 7 films incontournables de la carrière de l’acteur britannique. On y trouvera les films Ipcress : Danger immédiat (Sidney J. Furie, 1965), Un hold-up extraordinaire (Ronald Neame, 1966), Contre une poignée de diamants (Don Siegel, 1974), L’Aigle s’est envolé (John Sturges, 1976), L’Île sanglante (Michael Ritchie, 1980), Élémentaire mon cher… Lock Holmes (Tom Eberhardt, 1988) et Business oblige (Jan Egleson, 1990). Une superbe occasion de se replonger dans la carrière de cet acteur aux multiples facettes, ayant œuvré dans l’espionnage, le film de guerre, la comédie, le fantastique… Un véritable monument du cinéma britannique !

Vous l’aurez compris cela dit : vous pouvez reléguer votre ancienne édition DVD d’Élémentaire, mon cher… Lock Holmes au placard ou caler un meuble avec ; mis à part une poignée de suppléments (pas forcément des plus intéressants), elle ne présentera plus aucun intérêt. C’est une relique du passé. Tournons nous vers l’avenir ! Et l’avenir, c’est un master Haute-Définition de grande classe, de haute tenue, que dis-je, de haute volée roulant, respectant le grain argentique et la patine visuelle très 80’s du film de Tom Eberhardt, malgré un léger lissage au réducteur de bruit. La restauration entreprise par les britanniques de ITV Studios a fait des merveilles même si des points blancs épars subsistent, l’essentiel étant que l’on redécouvre le film, qui plus est proposé en 1080p. En deux mots comme en cent, c’est le panard intégral : même les scènes en basse lumière ne dépareillent pas. Voilà de quoi permettre à ceusses ne connaissant pas le film de le découvrir dans des conditions idéales. Côté son, on sera heureux de ré-entendre la VF d’origine évoquée plus haut aux côtés de la VO, toutes deux encodées en DTS-HD Master Audio 2.0, et proposées dans des mixages clairs et sans souffle.

Le seul bémol concerne donc les suppléments : outre les bandes-annonces des collections « Michael Caine » et « Guerre froide » (celle du Secret du rapport Quiller vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes), on n’a rien à se mettre sous la dent. Qu’à cela ne tienne, certains films se suffisent à eux-mêmes, et quand il est présenté en Haute-Définition, cela suffit à notre bonheur !

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