Test Blu-ray : Detective Knight – Independence

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Detective Knight – Independence

États-Unis : 2023
Titre original : –
Réalisation : Edward Drake
Scénario : Edward Drake, Corey Large
Acteurs : Bruce Willis, Jack Kilmer, Willow Shields
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h31
Genre : Thriller, Policier, Action
Date de sortie DVD/BR : 7 avril 2023

L’affectation de dernière minute du détective James Knight à l’équipe de la fête de l’indépendance se transforme en une course contre la montre pour arrêter un ambulancier déséquilibré qui se fait passer pour un policier…

Le film

[4/5]

Après Detective Knight : Rogue et Detective Knight : Redemption, la trilogie « Detective Knight » s’achève donc ce mois-ci avec Detective Knight : Independence, le troisième film d’Edward Drake mettant en scène Bruce Willis dans la peau d’un flic vieillissant et borderline. Tenant probablement à scotcher le spectateur d’entrée de jeu, Edward Drake ouvrira son film sur une scène de braquage de banque, filmé « à hauteur d’arme » comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo de type Fps. D’ailleurs, pendant leur tentative de fuite, un des braqueurs s’exclamera « This is some serious GTA shit ! », ce qui donne au spectateur un signe de la façon dont les casseurs perçoivent la réalité – à la façon d’un jeu vidéo, d’un divertissement palpitant et immersif.

Pour autant, Edward Drake ne tardera pas à remettre le réalisme au cœur de son spectacle : qu’il s’agisse de l’intrigue principale de Detective Knight : Independence, qui tourne autour du personnage de l’ambulancier Dezi (Jack Kilmer), ou de l’arc narratif suivant les efforts de Bruce Willis pour renouer avec sa fille Ally (Willow Shields), le reste du film traitera essentiellement des conséquences de la violence sur les différents personnages : outre les policiers et les criminels morts sur les lieux, il y aura aussi le directeur de la banque, qui se remettra difficilement de ses blessures, et bien sûr les ambulanciers, qui doivent prendre des décisions traumatisantes sur place, et qui devront composer avec les conséquences de leurs actes au cœur d’un pays où la violence sociale est décidément écrasante.

Après cette ouverture fracassante, le générique de Detective Knight : Independence nous plongera à nouveau dans la réalité de la violence au cœur de Los Angeles, grâce à une séquence tournée sur le mode documentaire par Edward Drake. Ce dernier est parvenu à saisir, avec son iPhone, le quotidien des forces de l’ordre et des ambulanciers dans la cité des anges. Le choix d’occulter les yeux des agents, des victimes, des ambulanciers et des piétons est pour le cinéaste un moyen de montrer que tout le monde est finalement anonyme à L.A, et que tout le monde est égal devant la mort. La suite du film se basera essentiellement sur la lente métamorphose du personnage incarné à l’écran par Jack Kilmer, fils de Val Kilmer et Joanne Whalley, et que l’on avait eu l’occasion de découvrir dans Palo Alto ainsi que dans le très intéressant Toxic Cash. Le personnage de Dezi tend à faire basculer l’intrigue du côté du conte moral, explorant de nouveau la frontière parfois ténue entre flics et criminels, entre l’idée de « justice » et la tentation d’agir en « vigilante » à la façon de Paul Kersey / Charles Bronson dans Un Justicier dans la ville.

Toutes ces dualités ainsi que la nature confuse et conflictuelle des personnages de Detective Knight : Independence sont soulignées par la prédilection de Drake pour le « split-screen », et sont illustrées d’une belle manière par plusieurs séquences mettant en scène Jack Kilmer. Dans la première, on voit l’inspecteur Sango (Jimmy Jean-Louis) outrepasser son autorité et tabasser Dezi, simple civil appartenant pourtant ouvertement au côté du « bien », puisque les flics qui le brutalisent savent pertinemment qu’il est ambulancier et vient de tenter de sauver leur collègue. Qu’est-ce qui fait un bon ou un mauvais flic dès lors, et jusqu’où le fait de porter l’uniforme permet-il d’aller ? Les deux autres séquences montrent toutes les nuances morales et la complexité du personnage de Dezi : on le voit tout d’abord se marquer le visage avec le sang d’une victime, comme s’il partait en guerre, et on le verra « revivre » le braquage qui ouvrait le film lors d’une visite à la banque, signe que son esprit est en train de dérailler.

Detective Knight : Rogue se déroulait à Halloween, Detective Knight : Redemption prenait place pendant les fêtes de Noël ; Detective Knight : Independence se déroule quant à lui lors des festivités du Jour de l’indépendance, le 4 juillet. On ne peut que saluer l’idée d’Edward Drake d’avoir situé son film durant cette fête typiquement américaine : elle lui permet en effet d’interroger les valeurs sur lesquelles la nation a été fondée, en mettant en scène les contradictions des héros individualistes et borderline adoptés par cette nation. A ce titre, Detective Knight : Independence propose deux incarnations radicalement différentes de ce héros solitaire, mais qui se rejoignent également par de bien nombreux points. White Knight vs. Black Knight…

En deux mots comme en cent, on n’y croyait pas trop à priori, mais Edward Drake et son coscénariste Corey Large l’ont fait ! Ils signent en effet ici le plus beau chant du cygne que l’on aurait pu imaginer pour Bruce Willis, ce qui est d’autant plus remarquable que ce dernier s’était empêtré dans les abimes boueuses de la série B depuis de nombreuses années. Après un premier opus solide et un deuxième épisode enthousiasmant, la franchise « Detective Knight » monte encore d’un cran avec Detective Knight : Independence, qui s’avère le meilleur film de la trilogie et s’impose comme un DTV incontournable. Une petite pépite inattendue, à découvrir de toute urgence !

Le Blu-ray

[4/5]

C’est Metropolitan Vidéo qui permettra donc aujourd’hui aux fans de Bruce Willis et aux amateurs d’action en général de découvrir Detective Knight : Independence sur support Blu-ray dans la chaleur douillette de son salon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éditeur a vraiment soigné sa copie niveau master : l’image est littéralement sublime, la définition est d’une précision à couper le souffle, nous offrant un piqué réellement impressionnant, mettant en valeur la jolie photo urbaine de Laffrey Witbrod. Les couleurs et surtout les noirs ne dépareillent pas, et contribuent à proposer une immersion totale dans le film. Côté son, et comme d’habitude avec Metro, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, et font preuve d’une ampleur et d’un dynamisme carrément échevelés : un rendu acoustique riche, fin et enveloppant qui ravira les amateurs de gros son.

Du côté des suppléments, on aura droit à une featurette (3 minutes) qui reviendra sur les inspirations d’Edward Drake et Corey Large ainsi que sur la performance de Bruce Willis.

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