Test Blu-ray : Braqueurs

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Braqueurs

 
France : 2016
Titre original : –
Réalisateur : Julien Leclercq
Scénario : Julien Leclercq, Simon Moutairou
Acteurs : Sami Bouajila, Guillaume Gouix, Youssef Hajdi
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h21
Genre : Policier, Action
Date de sortie cinéma : 4 mai 2016
Date de sortie DVD/BR : 14 septembre 2016

 

 

Yanis, Eric, Nasser et Frank forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région Parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine, le petit frère de Yanis, va commettre une erreur… Une erreur qui va les obliger à travailler pour des caïds de cité. Cette fois, il ne s’agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d’héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…

 

 

Le film

[4/5]

« Depuis qu’ils existent, les films de gangster ont dû s’accommoder d’une prise de position plus ou moins trouble à l’égard du crime. Entre les extrêmes de l’apologie de ce dernier et d’une condamnation sans équivoque de toute activité illégale, chacun d’entre eux s’est positionné – qu’il le veuille ou non – sur le spectre des valeurs morales aux variations de gris illimitées. Il arrive même régulièrement qu’un film, initialement conçu comme une fiction au ton exacerbé, devient la référence culte de tout un microcosme sous l’emprise de la violence et de l’argent soi-disant facile. L’exemple parfait de ce détournement involontaire reste évidemment le Scarface de Brian De Palma qui a fait rêver plus d’un petit caïd de banlieue de régner sur le monde de la pègre. Le nouveau film de Julien Leclercq, un réalisateur qui s’était déjà rendu coupable d’un propos tendancieux et moralisateur il y a cinq ans avec L’assaut ou le dure quotidien des forces d’intervention d’urgence, ne va probablement pas générer le même genre d’idolâtrie démesurée. Braqueurs est pourtant un film de genre à l’efficacité redoutable, qui conte sans fioritures, ni fausse indignation une descente aux enfers programmée de longue date. (…)

Les meilleurs films de genre ne sont pas forcément ceux qui révolutionnent à coups de matraque formelle les codes acquis au fil du temps. Ce sont davantage ceux qui savent se servir à bon escient des ingrédients à leur disposition sans en faire tout un plat. Braqueurs est de ceux-là, à savoir un film de gangster à la fois divertissant et nullement oublieux des implications morales du crime. Sa qualité la plus appréciable serait alors de ne pas se vanter d’une éventuelle supériorité du style de vie de ces crapules passablement idéalistes, mais de gangrener à petit feu, quoique d’autant plus cruellement, leur conception existentielle qui prospère aux crochets de la société. »

Extrait de la critique de Tobias Dunschen. Découvrez-la en intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Sans promotion ni projections-presse, l’excellent Antigang avait réuni 390.000 spectateurs l’année dernière ; Braqueurs fait encore un peu mieux avec 435.000 entrées dans les salles françaises : qu’on se le dise, le cinéma de genre en France n’est pas mort… M6 Vidéo offre donc aujourd’hui la possibilité aux retardataires de découvrir le film de Julien Leclercq sur support haute définition. Comme à son habitude, l’éditeur français nous propose un boulot éditorial de haut niveau. La définition et le piqué sont d’une précision incroyables, les couleurs affichent une vitalité extraordinaire (même si la photo de Philip Lozano n’est certes pas un exemple de chaleur), et le niveau de détail est assez époustouflant. Les scènes sombres ou en basse lumière ne sont pas en reste, le master proposé par l’éditeur ne souffrant d’aucune baisse de régime ; l’encodage étant au diapason, tout est fait pour découvrir le film dans les meilleures conditions possibles. Côté son, on savourera le métrage en DTS-HD Master Audio 5.1. La première partie du film laisse la part belle aux ambiances, avec néanmoins quelques pics dynamiques inattendus et très surprenants. La seconde partie s’avère encore plus immersive et vraiment stressante, utilisant à bon escient la scène arrière pour renforcer les moments les plus éprouvants pour le spectateur. On notera une utilisation toute particulière des basses, omniprésentes sur les scènes de tension.

En supplément du métrage, on pourra se plonger dans un court mais intéressant making of du film, donnant à voir l’équipe au travail et le travail tout particulier ayant été fait en amont sur le maniement des armes. On découvrira également une partie des storyboards réalisés pour le film, vraiment superbes dans leur genre. Une série d’entretiens avec l’équipe du film complète de façon assez habile les images du tournage ; on notera la présence assez importante (et la bonne humeur) de Kaaris, rappeur originaire de Sevran taillé comme un catcheur, qui admet volontiers que son emploi du temps de tournage ne correspondait pas trop à son rythme de vie habituel. On terminera le tour des bonus avec des images des croquis préparatoires aux décors sous la forme d’une galerie, accompagnées des traditionnelles bandes-annonces éditeur.

 

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