DVD — 02 juin 2017
Test Blu-ray : Assassin’s creed

Assassin’s creed

 
États-Unis, Royaume-Uni, France, Malte, Taïwan, Canada, Hong Kong : 2016
Titre original : –
Réalisateur : Justin Kurzel
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h55
Genre : Aventures, Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 21 décembre 2016
Date de sortie DVD/BR : 26 avril 2017

 

 

Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne du XVe siècle. Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers…

 

 

Le film

[3/5]

Comme tous les films adaptés de jeux vidéo à succès (on pense forcément à Resident Evil, Doom, Prince of Persia, Silent Hill, Warcraft ou encore Tomb Raider), le nouveau venu Assassin’s Creed, adapté de la franchise vidéoludique créée par Ubisoft en 2007, a énormément ait réagir une communauté de fans outragés, criant à la trahison éhontée, au carnage cinématographique et appelant au boycott pur et simple. Et une fois de plus, pour tout spectateur étranger à la série de jeux vidéo dont le film de Justin Kurzel est tiré, les cris d’orfraies poussés par les gamers hardcore à la découverte du produit final pourront paraître non pas absolument injustifiés (certains arguments mis en avant par les critiques les plus virulents semblent tout à fait valables), mais probablement un peu exagérés, dans le sens où dans l’état, cet Assassin’s Creed version cinéma s’avère finalement un divertissement tout à fait fréquentable, proposant qui plus est une certaine originalité par rapport au tout venant des classiques blockbuster US qui inondent avec régularité les multiplexes de France et de Navarre.

Plus qu’une simple « transposition », Assassin’s Creed se veut donc une « adaptation » du jeu vidéo du même nom, à destination du cinéma. Et par définition, l’adaptation est une déclinaison, destinée à un médium différent, comportant lui aussi ses codes – une bonne adaptation est en quelque sorte toujours une « trahison ». Ceux qui vénèrent aujourd’hui le Blade Runner de Ridley Scott oublient parfois à quel point le film fut mal reçu à sa sortie par les adorateurs de Philip K. Dick : le mensuel Metal Hurlant titrait carrément en couverture le lapidaire « C’est K. Dick qu’on assassine ! ». Une bonne adaptation peut néanmoins modifier la perception du public tout en conservant l’essence du mythe : pensons au diptyque OSS 117, au Batman returns de Tim Burton, à Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre signé Chabat, ou même aux adaptations 100% barrées tournant autour de certaines séries TV (Charlie’s angels, Starsky & Hutch, 21 Jump Street, Baywatch…) : des films aux antipodes de leurs modèles littéraires ou télévisuels, réussissant l’exploit d’éviter la moquerie avec tendresse, et donnent finalement un nouveau souffle aux personnages qu’elles abordent. Bien sûr, ce n’est plus tout à fait la même chose, les puristes sont parfois circonspects, voire franchement mécontents, mais trahison ou pas, le fait est que l’on est en présence d’œuvres uniques, à l’identité forte, et qui ont le mérite de marquer durablement les mémoires. Et si Assassin’s Creed ne marquera peut-être pas autant le spectateur que les films que l’on vient de citer, reconnaissons au moins aux auteurs de cette adaptation de l’univers du jeu créé par Ubisoft le mérite d’avoir tenté de se démarquer du simple copié/collé du jeu vidéo.

Assassin’s Creed ne s’adresse donc pas à la seule « fanbase » du jeu vidéo éponyme, et décide de ratisser un peu plus large, afin de créer une espèce de variation sur le même thème ; des éléments du film semblent d’ailleurs avoir convaincu les développeurs de jeux de chez Ubisoft, puisque certains d’entre eux, tels que cet « Animus » nouvelle génération, feront leur apparition dans les jeux à venir (réponse du berger à la bergère). Développé pour le grand écran par une équipe artistique qui, de son propre aveu, n’était pas forcément très familière avec le jeu, le film de Justin Kurzel trouve finalement dans son déluge de séquences d’action un souffle épique certain, allié à une surprenante noirceur. Au final, Assassin’s Creed s’impose donc comme un sympathique blockbuster, raté par bien des aspects, mais qui remplit sans peine son contrat de divertissement sans prétention ; un bon petit film « du samedi soir », même si la précédente collaboration du trio Kurzel/Fassbender/Cotillard, l’excellent Macbeth (2015), pouvait laisser présager une réussite plus franche et enthousiasmante.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est 20th Century Fox qui offre aujourd’hui la possibilité à ceux qui l’auraient loupé en salles de découvrir Assassin’s Creed sur support Blu-ray. Et pour le coup, l’éditeur nous offre une galette de toute beauté. Piqué d’une précision à couper le souffle, couleurs magnifiques, définition sans faille : un sans-faute, si l’on excepte quelques rares effets de moirage sur les noirs. Les pistes son ne sont pas en reste, puisque la VO s’offre un époustouflant mixage DTS-HD Master Audio 7.1, dynamique, immersif, dispensant son quota d’effets multi-canaux bien bourrins. Le spectacle s’apprécie forcément mieux en V.O : même si la VF est très soignée, elle ne bénéficie que d’un DTS 5.1, solide mais forcément moins impressionnant que son équivalent dans la langue de Shakespeare.

Côté suppléments, c’est plus d’une heure trente de bonus que 20th Century Fox nous propose sur cette édition d’Assassin’s Creed : on trouvera tout d’abord un making of divisé en plusieurs featurettes promotionnelles dédiées à différents aspects de la production du film (casting, décors, effets spéciaux, cascades…). On poursuivra ensuite avec une série d’entretiens avec Justin Kurzel, assez originaux dans le sens où celui-ci discute de différents aspects techniques du film avec les principaux intéressés : compositeur, monteur, responsable des effets spéciaux et scénariste. Intéressant et relativement neuf ! De l’originalité, on en trouvera à nouveau dans la façon dont le cinéaste évoque ses scènes coupées, qui s’accompagnent d’un module complémentaire d’une vingtaine de minutes revenant sur les raisons pour lesquelles celles-ci se sont finalement vues écartées du montage. On terminera ensuite le tour de cette riche interactivité par les habituelles galeries photos et bandes-annonces.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles