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DVD — 12 mars 2019
Test Blu-ray : Annihilation

 
États-Unis, Royaume-Uni : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Alex Garland,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h55
Genre : Science-Fiction, Horreur
Date de sortie DVD/BR : 13 mars 2019

 

Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale…

 


 

Le film

[4/5]

Écrit et réalisé par Alex Garland et basé sur un roman de Jeff VanderMeer (le premier de la « trilogie du rempart sud »), Annihilation est un film de science-fiction qui risque, malgré sa facture visuelle époustouflante, sa musique vraiment unique et son casting haut de gamme, de déstabiliser nombre de spectateurs. Proposant un mélange inattendu de SF et d’horreur, le film d’Alex Garland nous plonge au cœur d’un monde à la fois familier et complètement nouveau : Annihilation suit en effet l’expédition d’un petit groupe de personnage au cœur de la Zone X, au-delà d’une barrière appelée « miroitement », qui s’est créée suite à l’arrivée d’une météorite sur terre et s’étend, petit à petit, gagnant du terrain sur le territoire américain. A l’intérieur de la Zone X, tout semble à priori normal, sauf que le miroitement agit sur tout ce qu’il abrite, fusionnant les espèces entre elles, modifiant l’ADN de la faune, de la flore mais également des humains, se réfléchissant et se réfractant sur lui-même, créant des mutations belles, fascinantes mais également assez souvent effrayantes. Bientôt, les personnages réaliseront qu’ils sont en train de muter, et ne sont plus les humains qu’ils étaient avant de franchir le miroitement…

Habitué de longue date de la science-fiction, Alex Garland tire le meilleur parti possible de l’univers qu’il choisit ici d’aborder : les mécanismes narratifs de l’intrigue sont implacables mais le déroulement du récit n’en demeure pas moins plein de surprises, et le scénariste / réalisateur nous propose un scénario finement articulé, au cœur duquel chaque ligne de dialogue a réellement une fonction spécifique forte – ce qui est d’autant plus remarquable que le bouquin qu’il adapte ne proposait quant à lui finalement que très peu de dialogues. Jonglant avec des thèmes forts tels que l’autodestruction du genre humain ou les mutations / évolutions, Annihilation combine de façon très efficace l’horreur corporelle du cinéma de David Cronenberg, la tension et la paranoïa de classiques de la SF tels que The thing et bien sûr l’intelligence et la maestria formelle autant que narrative d’Ex Machina.

 

 

Attention : cette deuxième partie contient des [SPOILERS]

Probablement très attaché aux grands récits de science-fiction « paranoïaques » des années 50, qui ont accouché de nombreux chefs d’œuvres tout aussi sombres au fil des années jusque dans les années 70, Alex Garland nous propose avec Annihilation un récit complexe, mais également très noir et sans concession. Et s’il développe dans son dernier acte une espèce de « happy end » de façade en proposant au couple séparé de se retrouver à l’écran, il n’en est en réalité absolument rien. On trouvera en effet les clés de lecture et de compréhension du film dans le premier quart d’heure, lors de la séquence pendant laquelle le personnage de Natalie Portman revient, devant un parterre d’étudiants, sur le cycle de vie de la cellule. Toute l’intrigue et surtout le dénouement du métrage se voient résumées par les propos du personnage :

« This is a cell. Like all cells, it derived from an existing cell. By extension, all cells were ultimately derived from one cell. A single organism, alone on planet Earth, perhaps alone in the universe, about four billion years ago. One became two. Two became four. Then eight. Sixteen. Thirty two. The rhythm of the dividing pair, which becomes the structure of every microbe, blade of grass, sea creature, land creature, and human. The structure of everything that lives and everything that dies. »

A l’éclairage de ces propos, on ne pourra que comprendre que les dernières images du long-métrage nous ramènent en réalité à la victoire sur l’espèce humaine de la forme de vie inconnue mise en scène par le film, et que celle-ci va logiquement se développer au fur et à mesure jusqu’à l’invasion finale. Une conclusion on ne peut plus pessimiste, et une cinglante défaite pour l’homme, derrière la joie des retrouvailles…

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est donc Paramount Pictures qui édite aujourd’hui le Blu-ray de Annihilation, qui débarque après une période d’exclusivité réservée à . Et comme souvent avec l’éditeur, le master est de très belle qualité : le piqué est d’une précision absolue, la définition est sans accroc, les couleurs fortement saturées en envoient plein les mirettes des spectateurs, et les noirs s’avèrent denses et profonds : le rendu est sec, tranchant et violemment beau. Un sans-faute, que vient relayer une bande-son encodée en VO en Dolby Atmos d’un dynamisme littéralement échevelé – les amplis non compatibles décoderont la piste en Dolby TrueHD 7.1. La spatialisation est énorme, les effets surround traversent toute la scène arrière avec une précision incroyable, le mixage n’étant pas avare non plus en basses qui font littéralement trembler les murs. En version française, le spectacle sera solide mais un poil moins tonitruant et immersif : la bande son mixée en Dolby Digital 5.1 se démène mais ne retrouve pas l’énergie folle de la piste originale.

Côté suppléments, l’éditeur nous propose de découvrir un long making of divisé, tout comme le film, en trois parties bien distinctes (le rempart sud / la Zone X / le phare). Chaque section est également subdivisée en deux parties, et l’ensemble composera, mis bout à bout, un ensemble d’une durée d’1h15 environ. Dans le premier module, « Le rempart Sud », on reviendra d’abord sur la préparation du film, en commençant par les balbutiements de la production : on y évoquera l’adaptation du livre, la création du style visuel (avec de superbes « concept arts » signés Jock), la structure du récit, ou encore les différentes influences et inspirations : la seule inspiration « consciente » citée par Alex Garland est le scénariste de comics Alan Moore. On y reviendra également sur les personnages et les acteurs qui les incarnent. Le deuxième module, « La Zone X », reviendra sur le tournage à proprement parler, de la création des décors au tournage des scènes les plus difficiles, tout en revenant de façon assez détaillée sur la création des effets spéciaux numériques. Le dernier module, « Le phare » reviendra quant à lui d’avantage sur les différentes thématiques abordées par Annihilation, sur la façon dont l’œuvre fonctionne, à la fois comme un divertissement, mais également comme une œuvre assez stimulante intellectuellement, et apte à susciter la réflexion dans l’esprit du public. On y reviendra également de façon assez auto-satisfaite – mais c’est la règle du jeu – sur les qualités que le réalisateur Alex Garland et son équipe artistique ont apportées au tournage ainsi qu’au film en général.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles