Test Blu-ray : Allan Quatermain et les mines du Roi Salomon

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Allan Quatermain et les mines du Roi Salomon

États-Unis : 1985
Titre original : King Solomon’s Mines
Réalisation : J. Lee Thompson
Scénario : Gene Quintano, James R. Silke
Acteurs : Richard Chamberlain, Sharon Stone, Herbert Lom
Éditeur : ESC Éditions
Durée : 1h40
Genre : Aventures
Date de sortie cinéma : 26 février 1986
Date de sortie DVD/BR : 7 décembre 2022

Dans le but de retrouver son père, célèbre professeur d’archéologie disparu depuis des mois, la belle Jesse Huston fait appel à Allan Quatermain, un intrépide aventurier…

Le film

[3,5/5]

Indiana Jones made in Cannon

Il y a seulement une petite vingtaine d’années de cela, si d’aventure vous aviez émis votre désir qu’un ou plusieurs films produits par Yoram Globus et Menahem Golan pour la Cannon fassent l’objet d’éditions « collector » de la part des éditeurs vidéo œuvrant sur le marché français, il y a fort à parier qu’on vous aurait copieusement ri au nez. Cependant, le temps a fait son office, et en plus des spectateurs curieux de retrouver les frissons de leur enfance devant les films de la Cannon, il s’est également développée une espèce de « culture du nanar », de dérision généralisée qui a finalement permis à la boite de Golan & Globus de redevenir l’objet de tous les fantasmes cinéphiles.

Au débuts des années 80, le succès des Aventuriers de l’Arche perdue (1981) et de Indiana Jones et le temple maudit (1984) a naturellement suscité une petite vague de « copies » bon marché surfant sur la vague du film d’aventure en mode sérial des années 40, mettant en scène des aventuriers, archéologues ou scientifiques, jouant au baroudeur de la jungle à la recherche d’un trésor mythique. On trouverait donc beaucoup de simili-Indiana Jones dans les productions italiennes ou mexicaines des années 80 : on pense à des films tels que Les Aventuriers de l’or perdu (Alan Birkinshaw, 1982), Le Trésor des quatre couronnes (Ferdinando Baldi, 1983), Tex et le seigneur des Abysses (Duccio Tessari, 1985), Les Diamants de l’Amazone (René Cardona Jr, 1985), À la recherche du scorpion d’or (Umberto Lenzi, 1991)…

Mais les américains se mettraient également volontiers à recycler l’ambiance et les thèmes de la saga créée par Steven Spielberg et George Lucas, avec des films tels que Les Aventuriers du bout du monde (Brian G. Hutton, 1983), Dakota Harris (Colin Eggleston, 1986), Bloodstone : La légende de la pierre de feu (Dwight H. Little, 1988) ou encore A la poursuite de Slade (Bruce McFarlane, 1989). Cependant, aucune des déclinaisons des aventures d’Indiana Jones n’arriverait finalement à la cheville de celles mises en boite par la Cannon avec Le Temple d’or (J. Lee Thompson, 1986) ainsi qu’avec les deux films mettant en scène l’aventurier Allan Quatermain, incarné avec une bonne dose de second degré par Richard Chamberlain : on parle bien sûr de Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (J. Lee Thompson, 1985) et Allan Quatermain et la cité de l’or perdu (Gary Nelson, 1986).

Indiana Jones pour de rire

Allan Quatermain et les mines du roi Salomon est souvent considéré comme un bon gros nanar d’aventures, un sous-Indiana Jones provoquant davantage le fou rire que le grand frisson exotique. Il est vrai que le film de J. Lee Thompson s’avère plutôt marrant – mais à n’en point douter, c’est parce qu’il s’agit tout à la fois d’un pastiche du roman de Henry Rider Haggard « Les Mines du roi Salomon » (1885) et des deux films de la saga Indiana Jones. D’ailleurs, les intentions humoristiques du film sont démontrées de façon flagrante par le choix de certains acteurs, tels que par exemple Herbert Lom, rendu célèbre par son interprétation du commissaire Dreyfus, confronté aux sempiternelles maladresses de l’inspecteur Clouseau dans la série de films La Panthère rose réalisés par Blake Edwards. Son interprétation du méchant nazi de l’histoire n’est pas piquée des hannetons…

Malgré sa nature volontiers rigolarde, Allan Quatermain et les mines du roi Salomon a d’ailleurs visiblement bénéficié d’un budget relativement confortable : dans ses meilleurs moments, le film rivaliserait presque avec ceux de la saga initiée par Steven Spielberg et George Lucas. Pour le reste, le scénario imaginé par James R. Silke et Gene Quintano (futur scénariste / réalisateur de la très amusante parodie Alarme Fatale 1 pour le National Lampoon) enchaîne les séquences d’action sur un rythme effréné, slalomant à vitesse grand V entre les bonnes idées (la séquence du train, la marmite géante…) et les séquences complètement grotesques (l’affrontement entre les deux avions, le peuple vivant dans les arbres…). Cette volonté de charger au maximum le film en action et en rebondissements en fait au final un spectacle très vif et très attachant, devant lequel il semble vraiment impossible de s’ennuyer.

Alors, bien entendu, Allan Quatermain et les mines du roi Salomon ne pourrait pas tenir la comparaison avec les films dont il s’inspire, mais là n’est pas sa vocation. Le film comporte évidemment une pelletée de défauts, tels que la participation de John Rhys-Davies, qui n’apporte pas grand-chose au récit si ce n’est le clin d’œil aux Aventuriers de l’Arche perdue, le jeu pas vraiment convaincant de Sharon Stone, ou même la musique de Jerry Goldsmith, qui souffre probablement d’un trop-plein d’héroïsme ainsi que d’une trop forte présence à l’écran. Pour autant, ce grand spectacle absolument fou vaut vraiment la peine d’être vu…

Le Blu-ray

[4/5]

C’est de façon finalement assez inattendue que Allan Quatermain et les mines du roi Salomon passe aujourd’hui en France le cap de la Haute Définition, grâce à ESC Editions qui lui consacre pour l’occasion une prestigieuse édition Combo Blu-ray + DVD. Et côté Blu-ray, le master a bénéficié d’une jolie restauration et le gain en termes de définition est manifeste : le piqué et la définition sont vraiment accrus et très satisfaisants, poussières et autres rayures ont été mises au ban et la stabilité de l’ensemble est littéralement épatante. Si quelques inévitables moments de faiblesse peuvent survenir çà et là, l’ensemble s’impose néanmoins dans une forme épatante, aux couleurs éclatantes et homogènes. Du très beau travail technique, et un upgrade saisissant par rapport au DVD édité par MGM en 2004. Côté son, ESC nous propose de (re)découvrir le film en VO / VF, toutes deux étant proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, dans des mixages sans souffle, proposant des voix claires et un bon dynamisme acoustique. Le placement des voix et l’équilibre musique / bruitages est excellent – du très beau travail. On notera par ailleurs que Richard Chamberlain est doublé, dans la version française, par l’excellent Guy Chapellier, voix française de Scott Bakula dans la série Code Quantum.

Niveau bonus, on se régalera d’une présentation du film par Frédéric Albert Levy (24 minutes), qui mettra toute sa célèbre érudition au service du film, afin d’en évoquer les qualités, sans jamais cependant en omettre les défauts les plus évidents (problèmes de tonalité, racisme, etc). A cette présentation assez complète et intéressante s’ajoutera la traditionnelle bande-annonce.

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