Critique : Retour vers le futur

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Retour vers le futur

Etats-Unis, 1985
Titre original : Back to the future
Réalisateur : Robert Zemeckis
Scénario : Robert Zemeckis et Bob Gale
Acteurs : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Crispin Glover
Distribution : CIC
Durée : 1h56
Genre : Comédie fantastique
Date de sortie : 30 octobre 1985

Note : 3,5/5

Les années 1980 n’ont pas produit beaucoup de films aux qualités intemporelles. Cette décennie-là, si facilement ridiculisée pour ses coiffures et sa mode improbables, a subi de plein fouet le poids du temps, ce qui fait d’elle à la fois un objet aisé de nostalgie et une bulle temporelle sans conséquences majeures sur les années ultérieures. L’exception à la règle existe néanmoins, par exemple sous forme de ce conte fantastique toujours aussi divertissant et en même temps animé d’une intelligence espiègle comme on n’en trouve hélas plus de nos jours dans les blockbusters hollywoodiens. Retour vers le futur dispose d’un degré d’originalité fort appréciable, qui ne résulte guère de sa prémisse, mais du traitement qu’en font le scénario et la mise en scène, tous les deux prodigieusement adroits. En effet, le premier épisode d’une trilogie devenue depuis mythique n’a point volé sa réputation de petit chef-d’œuvre de la science-fiction à vocation familiale, quoique ni naïf, ni simpliste pour autant !

Synopsis : En 1985, le jeune Marty McFly ne voudrait surtout pas ressembler à son père. Plutôt que de devenir un éternel loser comme ce dernier, il rêve de rock et de filles. Son ami le docteur Brown l’invite à le rejoindre en pleine nuit sur le parking d’un centre commercial, afin de lui présenter sa nouvelle invention : une machine à voyager dans le temps. Marty n’en croit pas ses yeux, lorsque le chien du savant entame un bref saut dans le temps. Hélas, les Libyens, à qui le docteur a volé le plutonium nécessaire à la propulsion du véhicule révolutionnaire, ont retrouvé sa trace et cherchent à l’éliminer. Marty prend la fuite et se retrouve par accident trente ans en arrière, dans le monde préservé de 1955. Il y croise sa mère et son père, qui ne se sont pas encore rencontrés. Pire encore, ils risquent de ne jamais le faire et de mettre en péril par conséquent l’existence même de leur progéniture.

Tempus fugit

La seule partie pas complètement enthousiasmante du quatrième film de Robert Zemeckis est l’exposition avec ses personnages excessivement grimés et cette sensation de frustration diffuse, née du quotidien semé d’embûches du jeune héros. Le générique du début est toutefois un petit bijou cinématographique, avec cette panoplie d’inventions pointues dans la maison du docteur Brown, qui fonctionnent parfaitement tout en ratant misérablement leur cible. Un tel amour du détail et un ton si savoureusement ironique ne sont hélas plus de mise de nos jours que dans les productions les plus ingénieuses de Pixar. Après un bref relâchement de tension dramatique, l’aventure est enfin prête à commencer, dès que Marty atterrit dans l’univers de ses parents. Ce qui n’aurait pu être alors qu’un épisode prestigieux de « La Quatrième dimension », dont le film emprunte par ailleurs le décor de la petite ville américaine passe-partout, devient une astucieuse mise en abîme. Les blagues sur les différences culturelles à trente ans d’intervalle n’y prennent jamais le dessus sur la peur viscérale du personnage principal qui joue son va-tout pendant cette excursion involontaire et nullement récréative.

Un désordre très ordonné

Le bon dosage d’éléments disparates est ainsi essentiel pour éviter que le film tombe dans l’excès ou la platitude. De ce point de vue, Robert Zemeckis accomplit magistralement la tâche du chef d’orchestre. Il sollicite sans gêne des genres très différents au sein d’une même séquence, comme celle du bal, et les conjugue sans que ces exercices de style ne paraissent pompeux. Sa narration s’avère encore plus élégante que celle de Francis Ford Coppola l’année suivante dans Peggy Sue s’est mariée, une histoire très proche de celle de Retour vers le futur qui accentue cependant un peu trop l’aspect nostalgique de l’intrigue. Ici, l’entrain de l’aventure ne se dément à aucun moment, aussi grâce à la capacité de Michael J. Fox dans le rôle principal d’être une surface parfaite d’identification et de projection de soi. Comme son acolyte Christopher Lloyd, Fox n’a pas trouvé un emploi plus gratifiant par la suite. Mais rien que de tenir une fois dans sa vie un rôle aussi emblématique que celui de Marty McFly devrait combler tous les rêves d’un acteur. Pour notre part, nous sommes comblés par la fraîcheur restée intacte de cette épopée, qui accomplit le type de tour de force du divertissement dont seul Steven Spielberg, producteur sur ce film, était capable à l’époque. Enfin, mention spéciale pour la musique de Alan Silvestri et à la chanson de Huey Lewis, qui représentent respectivement l’aspect héroïque et cool du périple à travers le temps.

Conclusion

Jusqu’à présent, Retour vers le futur ne comptait pas parmi nos films de chevet. Cela devrait changer grâce à la redécouverte de cette merveille malicieuse de la science-fiction des années ’80. Riche de multiples niveaux de lecture et de surcroît un divertissement sans faille – l’introduction un peu fade mise à part –, ce film figure parmi les meilleurs de son réalisateur, un artisan qui a parfaitement assimilé les capacités et les obligations du cinéma hollywoodien.

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