Carnet de festival : PIFFF 2015, soirée d’ouverture

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PIFFF 2015 BANDEAU

Hier soir a débuté la cinquième édition du PIFFF (Paris International Film Festival) qui a déménagé dans la salle mythique du , bien décidé à afficher ses hautes ambitions. C’est dans un climat lourd, en cette journée de deuil national, que l’équipe de l’événement a décidé de maintenir la manifestation conviant tous les amateurs de cinéma de genre à les rejoindre pour fêter comme il se doit leur passion commune. Et ce fut non sans une certaine émotion que l’on a pu voir le public répondre présent à l’invitation, remplissant largement l’orchestre de la grande salle du Rex. C’est avec la gorge serrée et le cœur vaillant que nos deux compères Fausto Fasulo et Cyril Despontin ont inauguré cette nouvelle édition devant un tonnerre d’applaudissement et de cris d’encouragement.

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En guise d’apéritif nous avons eu droit à un court métrage aussi inventif que truculent !!! de , mettant en scène le regretté (Invasion Los Angeles) (notre hommage) dans son dernier rôle, un concierge d’immeuble aux prises avec un couple de locataires récalcitrants. En effet, ces derniers tentent d’invoquer au cours d’une messe noir improvisée, la venue sur Terre d’un cousin éloigné de Cthulhu dans les sous sols de la résidence. Un film qui a surpris un public hilare, d’une part par son concept saugrenu, de l’autre par son humour quelque peu agressif. Nous fûmes, spectateurs, émus de revoir le catcheur Roddy dans un rôle de héros prolétaire, un type de personnages qu’il incarnait avec un talent naturel.

Vint enfin le plat de résistance, () de .

Auréolé d’une réputation enthousiaste dans les différents festivals où il fut projeté et récompensé d’un prix décerné par le public de cette année, ce méta était un choix idéal pour inaugurer cette édition du PIFFF. Bien que sur le papier, le film avait, comme le soulignait Fausto dans sa présentation, tout pour rebuter les amateurs de genre. On craignait en effet de voir un film de petit malin post-Scream, récitant ses influences encombrantes et multipliant ses clins d’œils complices qui peine à cacher un cynisme à peine déguisé. Scream Girl s’avère au contraire une bonne surprise qui va à l’encontre de nos idées reçues. S’il emprunte l’idée du voyage dans le film à et assume ouvertement sa référence (sa déférence, même) aux slashers des années 80 et à la franchise des (jusqu’à sa signature musicale), le film de Todd Strauss-Schulson parvient astucieusement à élargir le concept en faisant de son statut méta le véritable moteur du métrage.

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Max Cartwright () et son groupe d’amis se retrouve projetés comme par magie dans Camp Bloodbath, un slasher eighties, alors qu’ils tentaient d’échapper à l’incendie qui ravageait la salle de cinéma qui le projetait. L’occasion pour la jeune héroïne de renouer des liens avec sa défunte mère au travers du personnage de victime de boogeyman qu’elle incarnait à l’écran. C’est sur le ton de la parodie que le cinéaste aborde son histoire et met en place un univers dont les règles et le fonctionnement sont dictés par le film qui les accueille. Les personnages sont littéralement prisonniers de ce film d’horreur, ne pouvant agir que dans les plans tournés du métrage, dans l’incapacité d’influer sur sa durée ni sur les codes immuables qui régissent le genre horrifique. Scream Girl c’est aussi une bonne occasion de faire interagir les personnages stéréotypes d’hier et d’aujourd’hui.

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On retiendra cette conversation absurde entre le moniteur bellâtre et musculeux dont le cerveau n’est à priori plus irrigué puisque concentré dans les parties inférieures de son anatomie, et le geek cynique qui devant un tel spectacle d’idiotie s’esclaffe de la médiocrité des scénaristes de Camp Bloodbath et de leurs dialogues. Outre ces quelques astuces scénaristiques et son humour bien senti, Scream Girl brille surtout pour son approche émotionnelle dans la relation mère/fille, ajout personnel du cinéaste, apportant une touche sensible inédite à ce genre cinématographique. Une émotion qui se cristallise dans la scène de strip-tease de Malin Âkerman sur la chanson de : Bette Davis eyes. On regrette cependant de voir le film si timide dans sa façon de reproduire les gymniques du genre, étant bien chiche en scènes gores et en nudité féminine, ce qui es un comble quand on rend hommage aux slashers de cette période.

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Le film d’adresse plutôt à un jeune public qu’aux spectateurs vétérans de cinéma de genre. Mais ne boudons pas nôtre plaisir, en dépit de quelques longueurs et maladresses, Scream Girl a fait le job. Il est parvenu à divertir le public et lui faire oublier le quotidien pendant 88 minutes et dans de telles circonstances c’est déjà pas mal !

Disponible dès ce 18 novembre 2015 en vidéo à la demande chez Sony Pics At Home FR.

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