Sorties de la semaine — 15 août 2018
Les sorties du 15 août 2018

Heureusement, le regain d’activité propre à la rentrée est pour bientôt, puisque le programme cinéma de cette semaine sent bel et bien l’essoufflement estival. Un seul film nous paraît en effet sortir réellement du lot, à la fois par hasard et par chance le même que notre confrère Jean-Jacques a adoré : de Thomas Stuber, présenté en compétition au dernier Festival de Berlin. Tous les autres ne sont certes pas profondément mauvais, mais conformes aux attentes à tel point que rien ne nous incite à courir les découvrir en salles. Ainsi, Denzel Washington endosse pour la deuxième fois le rôle du justicier violent dans de Antoine Fuqua, des réalisateurs plus ou moins confidentiels laissent libre cours à leur imagination dans la compilation de courts-métrages et – peut-être la rencontre la plus inattendue – l’enfant terrible du cinéma new-yorkais Abel Ferrara nous fait découvrir un côté mélomane insoupçonné dans son documentaire en guise d’auto-portrait .


Pour le public familial, on vous conseillerait plutôt le film d’animation estonien que la grosse production américaine de Christopher Jenkins à la prémisse excessivement peu originale. Les films français de la semaine sont respectivement trop ou pas assez survoltés dans le cas de de Romain Gavras et de de Anne Alix. Le cinéma anglophone ne se porte guère mieux, puisqu’il s’adonne à diverses manifestations de torture, très concrète dans le remake dispensable du film de Franklin J. Schaffner de Michael Noer et plus sentimentale dans l’intimiste de Dominic Cooke. Enfin, l’option la moins risquée dans ce deuxième volet de propositions nous paraît être la comédie noire venue d’Islande Under the Tree de Hafsteinn Gunnar Sigurdsson ou les différents de voisinage sont les mêmes dans toutes les cultures, mais ne se résolvent pas nécessairement avec un tel humour caustique.


Comme cela arrive assez souvent, on vous a gardé le meilleur pour la fin, avec quatre films en reprise qui valent à peu de choses près au moins autant que les nouvelles sorties de cette semaine anémique. Le point thématique majeur de ce mercredi se situe du côté du traitement de la question raciale par le cinéma américain, avec deux films qui encadrent symboliquement l’époque faste de la blaxploitation. Au début des années 1960, un réalisateur et producteur indépendant comme Roger Corman devait encore redouter un tollé populaire en évoquant la fin difficile de la ségrégation dans les écoles, tandis que Spike Lee, porté actuellement aux nues par la critique américaine pour son nouveau film Blackkklansman, pouvait transmettre près de trente ans plus tard une conception infiniment moins complexée de la communauté afro-américaine. Joliment assorti au documentaire précité, nous rappelle pour quel type de film extrême Abel Ferrara est normalement connu. Et continue la précieuse exploration du cinéma japonais sous le signe de Shohei Imamura.


Alive in France de Abel Ferrara (France, Documentaire, 1h19)

Capitaine Morten et la reine des araignées de Kaspar Francis et Henry Nicholson (Estonie, Animation, 1h15, distribué sur 80 copies)

Destination Pékin de Christopher Jenkins (États-Unis, Animation, 1h31)

Equalizer 2 de Antoine Fuqua (États-Unis, Thriller, 2h01) avec Denzel Washington, Pedro Pascal et Bill Pullman

Il se passe quelque chose de Anne Alix (France, Drame, 1h41, distribué sur 11 copies) avec Bojena Horackova, Lola Duenas et Serge Geairain

Le Monde est à toi de Romain Gavras (France, Thriller, 1h34) avec Karim Leklou, Isabelle Adjani et Vincent Cassel

Papillon de Michael Noer (États-Unis, Aventure, 1h57, distribué sur 112 copies) avec Charlie Hunnam, Rami Malek et Tommy Flanagan

Sur la plage de Chesil de Dominic Cooke (Royaume-Uni, Drame, 1h50) avec Saoirse Ronan, Billy Howle et Anne-Marie Duff

Ultra rêve de Caroline Poggi, Jonathan Vinel, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico (France, Courts-métrages, 1h22)

Under the Tree de Hafsteinn Gunnar Sigurdsson (Islande, Comédie dramatique, 1h30, distribué sur 40 copies) avec Steinpor Hroar Steinporsson, Edda Bjorgvinsdottir et Sigurdur Sigurjonsson

Une valse dans les allées de Thomas Stuber (Allemagne, Drame, 2h05, distribué sur 81 copies) avec Franz Rogowski, Sandra Hüller et Peter Kurth (critique)

Reprises

Bad Lieutenant (1992) de Abel Ferrara (États-Unis, Policier, 1h36) avec Harvey Keitel, Victor Argo et Paul Calderon

(1989) de Spike Lee (États-Unis, Drame social, 2h00) avec Danny Aiello, Spike Lee et John Turturro

The Intruder (1961) de Roger Corman (États-Unis, Drame social, 1h24) avec William Shatner, Frank Maxwell et Beverly Lunsford

Profond désir des dieux (1968) de Shohei Imamura (Japon, Drame, 2h52) avec Rentaro Mikuni, Choichiro Kawarasaki et Kazuo Kitamura

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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