Critique : Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées

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Hobbit La Bataille des cinq armées affiche 1 : la Bataille des Cinq Armées

Etats-Unis / Nouvelle-Zélande, 2014
Titre original : The Hobbit: The Battle of the Five Armies
Réalisateur : Peter Jackson
Scénario : , , Peter Jackson, , d’après l’oeuvre de J.R.R.
Acteurs : , Richard Armitage, Evangeline Lilly
Distribution : Warner Bros France
Durée : 2h24
Genre : Fantastique, Aventures, Action
Date de sortie : 10 décembre 2014

Note : 3/5

Le 19 décembre 2001 sortait en France en salles le premier volet de l’adaptation par Peter Jackson du Seigneur des Anneaux. Treize ans plus tard, il met un point final à sa deuxième trilogie dans l’univers de J.R.R.. Six films auront donc été nécessaires pour évoquer l’intégralité des aventures des Hobbits dans la Terre du Milieu. Le tout était-il nécessaire et se révèle-t-il cohérent ?

Martin Freeman

Synopsis : Grâce à l’aide de Bilbo et du mage Gandalf le Gris, le nain Thorin Ecu-de-Chêne a repris le contrôle de son royaume d’Eredor tombé sous la coupe du dragon Smaug. Lorsque celui-ci se libère de leur emprise, il se venge de leurs alliés de Lac Ville avec son souffle brûlant mais devra affronter les flèches du courageux Bard. Conscients de la disparition de la créature ailée de la Montagne Solitaire, les peuples alentour vont s’affronter pour tenter d’en récupérer les multiples richesses.

Richard Armitage
Richard Armitage

Dernier adieu à la Terre du Milieu

Bilbon toujours interprété par dans sa relative jeunesse (et plus âgé), a donc réussi sa mission aux côtés des nains dirigés par le vaillant Thorin qui a enfin repris la montagne dont son peuple avait été dépossédé. Mais la lutte n’est pas finie. Le dragon Smaug chassé de son antre détruit Lac Ville et ses habitants n’ont plus qu’un lieu de repli possible, cette Montagne Solitaire où se cachent des trésors dont un infime pourcentage pourrait leur permettre de rebâtir leurs habitations.

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Mais hanté par le pouvoir de l’or, le cœur de Thorin s’assombrit et il refuse d’honorer sa promesse de leur remettre une partie de ce butin. Ce trouble moral va envenimer les relations entre les alliés d’antan et de demain dont le leader des elfes (Thranduil joué par qui peine décidément à donner de l’épaisseur à des personnages sous-écrits, comme c’était le cas avec le méchant des , Ronan l’accusateur) déterminé à récupérer un objet majeur de leur patrimoine.

Lee Pace (au centre)
et Luke Evans

Il faudra un ennemi commun destructeur pour unir les bons peuples contre les mauvais, tous attirés par le départ du monstre qui attise les cupidités et mauvais penchants naturels de l’humanité. La lutte est donc autant physique que moral avec ces multiples affrontements entre héros plus ou moins nobles – les personnages positifs étant parfois motivés par la jalousie – et leurs ennemis monstrueux. Avec cette bataille homérique qui voit s’opposer hommes, nains, elfes, orcs et autres gobelins (les cinq armées donc), Peter Jackson met un point final épique à sa deuxième trilogie consacrée à l’oeuvre de J.R.R. et semble faire ses adieux définitifs à la Terre du Milieu et à ses protagonistes, à moins qu’il ne trouve une bonne motivation pour s’y plonger à nouveau.

THE HOBBIT: THE DESOLATION OF SMAUG

Pas de surprise, mais un travail impressionnant

Si la surprise est limitée à la vision de ce tout dernier épisode, autant pour les amateurs absolus des romans que par ceux (souvent les mêmes) de leur variation cinématographique, la mise en scène sans temps mort et les combats impressionnants permettent à tous ceux qui ont collaboré à cette saga mythique d’y mettre un point final d’une haute tenue, qu’ils soient présents depuis les débuts ou arrivés en cours de route, devant comme derrière la caméra. Ian Mc Kellen (Gandalf), Orlando Bloom (Legolas), (Galadriel), (Bilbon), Hugo Weaving (Elrond) ou (Saroumane), présents dans la première trilogie font un dernier passage parfois très bref afin de relier l’ensemble des films en un tout cohérent, ce qui n’était pas une mince gageure. Revoir l’interprète mythique des Dracula de la Hammer est toujours aussi bouleversant, sa scène étant une étonnante scène de combat centrale.

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Si l’émotion est peu présente dans ces six longs-métrages (euphémisme), les grandes lignes de l’adaptation dantesque sont d’une lisibilité appréciable à défaut d’être prenantes. Cette réécriture pour le grand écran est toujours signée , et Peter Jackson (oscarisés pour la première série) rejoint par lorsqu’il devait signer ces nouveaux épisodes et dont il est impossible de cerner la patte tant l’homogénéité de style (que l’on peut aussi voir comme un travail scolaire) est patente. On pourrait imaginer que les adversaires orcs (Azog surtout) plus développés qu’à l’origine lui doivent quelque chose, mais cet enrichissement narratif était déjà présent dans Le Seigneur des Anneaux et ses suites. Les soucis dans les scénarios, de taille, sont les pathétiques tentatives d’humour, en particulier la prestation très vite agaçante de Ryan Gage dans le rôle du minable Alfrid qui dure bien trop longtemps. Seul Billy Connolly caché sous sa barbe de nain (Dain, chef des renforts) amuse mais ses saillies semblent être un rappel de ses talents d’improvisateur à lui plutôt que de ceux de Peter Jackson qui a arrêté l’humour après Brain Dead ! N’en déplaise aux blagues navrantes des deux trilogies.

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Ryan Gage
Ryan Gage

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Une distribution inégale

Benedict Cumberbatch, complice de dans la variation moderne de Sherlock, est à nouveau présent par la voix, celle du cruel dragon Smaug dans une séquence d’ouverture marquante par sa cruauté et un réel suspense malgré des enjeux limités. Les scènes de combats sont rondement menées, en particulier celles qui réunissent un nombre limité d’intervenants. Sans entrer dans les détails, la lutte entre une poignée de nains, deux elfes et quelques orcs sur un pic surélevé s’étale sur de longues minutes avec un art convaincant des duels rapprochés qui ne sont pas affaiblis par des effets spéciaux trop envahissants.

Evangeline Lilly
Evangeline Lilly

Les tentatives d’émotion dans cette partie tombent un peu à plat hélas malgré l’investissement d’Evangeline Lilly, principal atout avec Cumberbatch de cette nouvelle fournée ne. Elle est héroïque mais et parvient à rendre vivant Orlando Bloom, plus expressif que d’habitude, ce qui est impressionnant ! Luke Evans dans le rôle de Bard est dégage un vrai charisme, ce qui là encore étonne, lorsque l’on se souvient de ses apparitions amorphes dans Dracula Untold et . Peu d’acteurs sont capables d’apporter plus de vie à des héros parfaits et sans une once de gris qu’à des méchants généralement plus payants et c’est ce qu’il parvient à faire ici. Les acteurs plus ou moins connus qui interprètent les nains n’ont aucune chance de les faire exister, ils sont interchangeables, et ce depuis le premier film, comme piégés dans leurs longues barbes et chevelures.

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Voir nos critiques des deux précédents volets de la deuxième trilogie :

Le Hobbit : Un Voyage Inattendu

Le Hobbit : la Désolation de Smaug

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Résumé

Cet épilogue qui se révèle être le premier acte de la première trilogie devrait rendre nostalgique tous les fans et leur donner envie de s’offrir un marathon avec les six films dans leurs versions intégrales dès qu’ils seront disponibles en dvd et bluray. Ceux qui n’ont jamais vraiment réussi à s’impliquer ne devraient pas changer d’avis dans cet univers cohérent certes mais qui aura été d’une grande froideur.

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