La Cinémathèque Française à l’été 2018

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Encore une semaine de films de William Wyler et d’accompagnements de la grande exposition dédiée à Chris Marker – « Chris Marker Les 7 vies d’un cinéaste » – qui sera encore visible jusqu’à fin juillet, puis la basculera en mode été avec ses deux derniers mois de programmation, avant la fermeture annuelle habituelle au mois d’août. Neuf cycles rythmeront ce trimestre tronqué, de la reprise de la à la deuxième saison du cycle « Plein les yeux », en passant par des hommages express à et . Les deux morceaux de résistance sont bien sûr les rétrospectives intégrales dédiées en juin au réalisateur américain , en sa présence, et en juillet au maître français .


Avant d’entamer son tour du monde des festivals les plus avant-gardistes, la 57ème Semaine de la Critique fait escale pendant une semaine au 51, rue de Bercy, du mercredi 30 mai au mercredi 6 juin inclus. Cette sélection cannoise de premiers et de deuxièmes longs-métrages, organisée par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma, comporte une compétition de sept films et de dix courts-métrages, ainsi que quatre longs et trois courts en séances spéciales. Trois de ces films seront présentés par leurs équipes respectives, dont deux que nous avons pu découvrir lors de leur présentation à Cannes, Nos batailles de Guillaume Senez, le mercredi 30 mai à 20h00 en ouverture du cycle, et Sauvage de Camille Vidal-Naquet, le vendredi 1er juin à 19h00, ainsi que Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, le dimanche 3 juin à 16h45. Plus ramassée dans le temps que son prédécesseur cannois, la programmation de la Cinémathèque permet tout de même à cinq films un double passage, y compris le film d’ouverture de la Semaine sur la Croisette, Wildlife de Paul Dano.


Le réalisateur américain Brian De Palma (* 1940) est tout sauf un maître oublié dont la filmographie aurait besoin d’être redécouverte de toute urgence. Depuis la sortie de son dernier film Passion en février 2013, huit de ses films sont en effet ressortis en France, dont par exemple Carrie au bal du diable en novembre dernier ou L’Impasse, Blow out et Pulsions en 2016. Auprès de la jeune génération de cinéphiles, il pourrait même être plus populaire que son idole et sa source intarissable d’inspiration Alfred Hitchcock. Ce dernier point a beau rester discutable, toujours est-il que les deux rendez-vous avec De Palma ouverts à la prévente sont d’ores et déjà complets : l’ouverture de la rétrospective en sa présence le jeudi 31 mai à 21h15, suivie par la projection de Blow out et sa master class animée par Bernard Benoliel le samedi suivant à 14h30, suivie par Outrages. Pour les retardataires, la seule occasion pour croiser le réalisateur reste du coup la signature de son livre « Les Serpents sont-ils nécessaires ? » le samedi 2 juin à partir de 18h00 à la librairie de la Cinémathèque. Enfin, le rédacteur en chef de l’incontournable émission d’arte « Blow Up » Luc Lagier discutera avec le public à la suite de la projection de Phantom of the Paradise le jeudi 7 juin à 19h30. Vu l’engouement public que cette rétrospective devrait susciter, il est normal que tous les films de Brian De Palma passent au moins deux fois à la Cinémathèque Française, voire trois fois pour certains, comme Sœurs de sang avec la regrettée Margot Kidder, Furie avec Kirk Douglas, Scarface avec Al Pacino, L’Esprit de Caïn avec John Lithgow et Snake Eyes avec Nicolas Cage. Seul le documentaire que Noah Baumbach et Jake Paltrow lui ont dédié en 2015 et qui avait été sélectionné au Festival de La Roche-sur-Yon avant d’être diffusé sur arte n’aura droit qu’à une projection unique, le samedi 9 juin à 16h30.


L’été a depuis toujours été la saison préférée des programmateurs de la Cinémathèque Française pour nous concocter des cycles enrichis d’un certain potentiel libidineux. La saison chaude 2018 ne fera pas exception à la règle, puisque en plus de son intérêt artistique dans le cadre de l’opération Oh Pays-Bas Saison culturelle néerlandaise en France, le cycle intitulé « Dutch Sex Wave : Cinéma néerlandais et révolution sexuelle » contiendra son lot de chair dénudée. Cette sélection de quinze films se veut représentative d’une époque, le début des années 1970, où la première génération de cinéastes formés à la nouvelle Académie du cinéma d’Amsterdam abordait dans ses films le sexe avec une franchise et une désinhibition libératrices. On pourra y découvrir les deux premiers longs-métrages de Paul Verhoeven, Qu’est-ce que je vois ? et Turkish délices, Because of the Cats de Fons Rademakers avec Alexandra Stewart et Sylvia Kristel, ainsi que des films aux titres aussi évocateurs que Les Affamées de Wim Verstappen et Les Furies, Obsessions et Scènes de la vie amoureuse d’un couple de Pim de la Parra.


Sa participation à la série Amazon « Mozart in the Jungle » mise à part, l’acteur anglais Malcolm McDowell (* 1943) ne fait plus tellement parler de lui ces derniers temps. Dans les années ’70, il était pourtant l’un des comédiens les plus recherchés d’un cinéma volontairement iconoclaste. C’est de cette époque que datent la plupart des environ vingt films que la Cinémathèque a programmé en son honneur du 20 au 30 juin. McDowell sera présent à Paris pour présenter au moins sept de ces films, dont If et Le Meilleur des mondes possibles de Lindsay Anderson, Meurtre à Hollywood de Blake Edwards, Deux hommes en fuite de Joseph Losey, C’était demain de Nicolas Meyer et Orange mécanique de Stanley Kubrick. Lors de la projection de ce dernier, le samedi 23 juin à 14h30, il donnera également une master class animée par Jean-François Rauger. Le même jour à partir de 18h00, il procédera à une séance de signature du coffret de ses films édités par la Warner à la librairie de la Cinémathèque. Et pour bien finir cette journée mémorable, une nuit Malcolm McDowell aura lieu à partir de 22h30 avec quatre films au programme : Caligula de Tinto Brass, Britannia Hospital de Lindsay Anderson, Tonnerre de feu de John Badham et Star Trek Générations de David Carson. Parmi les autres films avec McDowell inclus dans cette rétrospective partielle, on peut encore citer Le Tigre du ciel de Jack Gold, La Féline de Paul Schrader, Seule la mort peut m’arrêter de Mike Hodges et Company de Robert Altman.


Le réalisateur français (* 1936) est surtout connu pour sa comédie populaire culte des années ’70 Les Galettes de Pont-Aven avec Jean-Pierre Marielle. Puisque sa filmographie ne compte que huit longs-métrages et autant de productions pour la télévision, la Cinémathèque ne lui dédie essentiellement qu’un week-end d’hommage fin juin, début juillet. Il sera présent le samedi 30 juin à 15h00 pour une leçon de cinéma animée par le responsable de programmation Bernard Payen, puis à 18h00 pour une séance de signature à la librairie de la Cinémathèque et enfin pour la projection de Comme la lune avec Jean-Pierre Marielle à 19h30. L’ouverture de ce mini-cycle le mercredi 27 juin se fera de même en sa présence, lors de la projection de Mais ne nous délivrez pas du mal. Seront également montrés Marie-poupée avec Jeanne Goupil, Les Deux crocodiles avec Jean Carmet et Mumu avec Sylvie Testud.


L’immense actrice française Françoise Fabian (* 1933) aura droit à légèrement plus de considération de la part de la Cinémathèque Française, qui lui consacre au moins une semaine en près de vingt films début juillet. L’occasion idéale pour la revoir chez son mari Marcel Bozzuffi (L’Américain), Michel Deville (Raphaël ou le débauché), Yves Boisset (Un condé), Claude Lelouch (La Bonne année), Yves Robert (Salut l’artiste), Jean-Claude Guiguet (Faubourg Saint-Martin), Jacques Demy (Trois places pour le 26), Manoel De Oliveira (La Lettre) et Ducastel & Martineau (L’Arbre et la forêt). Françoise Fabian, qui vient d’éditer son premier disque, sera à l’American Center pour présenter entre autres Ma nuit chez Maude de Eric Rohmer, qui ouvrira le cycle le lundi 2 juillet à 21h00, Madame Claude de Just Jaeckin le vendredi suivant à 20h00, ainsi que pour participer à un dialogue avec Frédéric Bonnaud, Claude Lelouch et Alex Beaupain le dimanche 8 juillet à 14h30.


Le génie du cinéma Robert Bresson (1901-1999) n’a certes tourné que treize longs-métrages. Mais rien qu’à partir de ce corpus réduit de films et de ses écrits essentiels sur le Septième Art, le réalisateur français aura durablement marqué le cinéma. C’est donc tout naturellement que la Cinémathèque Française lui dédie le mois de juillet, en partenariat avec le Festival de La Rochelle, qui aura la primeur de la rétrospective, et en parallèle de la ressortie en salles de Journal d’un curé de campagne et de Les Dames du bois de Boulogne chez Les Acacias le 4 juillet. Ce dernier film aura également droit à une sortie somptueuse en vidéo fin août. Chaque film de Bresson passera à trois reprises, histoire de jongler entre les canicules et autres journées ensoleillées où il fera mieux se prélasser à l’extérieur, dont les incontournables Un condamné à mort s’est échappé, Pickpocket, Procès de Jeanne d’Arc, Au hasard Balthazar, Mouchette, Lancelot du lac et L’argent. La responsable de la diffusion et de la valorisation des collections films de la Cinémathèque Française Emilie Cauquy tiendra une conférence le jeudi 5 juillet intitulée « Robert Bresson et la chose venue de l’intérieur » et certaines séances seront présentées par les réalisateurs Jean-Charles Fitoussi, Jacques Kébadian et Emmanuelle Cuau, l’académicienne Florence Delay, l’actrice Marika Green ou le producteur bulgare Stéphane Tchalgadjieff.


Le cinéma de genre italien, un habitué des cycles estivaux à la Cinémathèque Française, ne manque pas non plus à l’appel cette année-ci, à travers une rétrospective dédiée pendant le mois de juillet au maître du western spaghetti (1926-1990). Parmi la soixantaine de films qu’il a tournés, environ la moitié est montrée à Bercy, toutefois pas avec le même traitement de faveur que Bresson, puisque ses westerns, péplums et autres satires populaires devront se contenter pour la plupart d’un passage unique en salle Franju. En plus de Le Spécialiste avec Johnny Hallyday, qui ressortira en salles dès le 13 juin prochain, vous pourrez donc voir ou revoir les films du réalisateur italien des années ’60 et ’70, tels que Romulus et Rémus et Le Fils de Spartacus avec Steve Reeves, Toto Peppino et la douceur de vivre avec Toto, Les Deux brigadiers avec Vittorio De Sica, Le Religieux de Monza avec Adriano Celentano, L’Homme du Minnesota avec Cameron Mitchell, Django avec Franco Nero, Navajo Joe avec Burt Reynolds, Les Cruels avec Joseph Cotten, Le Grand silence avec Jean-Louis Trintignant, El mercenario avec Jack Palance, Far West Story avec Tomas Milian, Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? avec Vittorio Gassman, Deux grandes gueules avec Giancarlo Giannini, Le Blanc le jaune et le noir avec Giuliano Gemma et Mélodie meurtrière avec Marcello Mastroianni. Jean-François Rauger tiendra une conversation autour de Sergio Corbucci le samedi 21 juillet à 19h30.


Enfin, la Cinémathèque Française se met une fois de plus à l’heure du grand spectacle estival, pas avec des projections en plein air, soyez rassurés, mais avec la deuxième édition du cycle « Plein les yeux ». Pour pouvoir pleinement profiter du grand écran de la salle Langlois y seront donc projetés pendant les cinq derniers jours avant la fermeture du mois d’août onze films épiques, par ordre chronologique : Autant en emporte le vent de Victor Fleming, Guerre et paix de King Vidor, Le Cid de Anthony Mann, Le Docteur Jivago de David Lean, Aliens le retour de James Cameron, Heat de Michael Mann, Starship Troopers de Paul Verhoeven, Gladiator de Ridley Scott, Seven Swords de Tsui Hark, La Guerre des mondes de Steven Spielberg et Watchmen Les Gardiens de Zack Snyder.

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