À la une Dossiers News — 15 mars 2012
Hommage au réalisateur Pierre Schoendoerffer : focus sur les films qu’il a réalisés

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Pierre Schoendoerffer s’est éteints le 14 mars 2012 à l’âge de 83 ans. Réalisateur de génie et écrivain engagé,  il a bien souvent marqué l’histoire du cinéma, notamment le cinéma de guerre. Pécuseur dans ce domaine, sa connaissance de l’armée et sa vision singulière des conflits lui ont permis de réaliser des chefs-oeuvre cinématographique à ce sujet notamment sur la guerre d’Indochine ou encore celle du Vietname, bien avant les premiers films américains.

Sa vison particulière de l’Homme et de ses combats face au déchaînement de la nature ou du déchaînement humains lors des guerres lui ont valu un bon nombre de distinctions. Primé au Oscar, membre de l’Académie des beaux-arts et lauréat de l’Académie française, il recevra en 2008 le Prix Henri-Langlois de Vincennes dans la catégorie réalisateur. Au Festival de Cannes de 2010, la Cinémathèque française lui rendit hommage  en présentant lors de la section Cannes Classic  « La 317e Section‘ » dans une version restaurée, film qui avait reçu le prix du Scénario en 1965. Pour lui rendre hommage, revenons un instant sur les 12 films qu’il a réalisés.


La Passe du diable (1958)

 la passe du diable

Tourné en Afghanistan en 1956, ce film traite du bouzkachi (un jeu de festivité de mariage consistant à attraper à cheval le cadavre d’une chèvre), avec dans les principaux rôles des cavaliers locaux. Sorti dès 1956 dans les festivals,  ce film dont le scénario et des dialogues ont été écris par Joseph Kessel ne sera lancé commercialement qu’en 1958. Il fut co-réalisé avec le réalisateur Jacques Dupont.

Synopsis

Alors que son grand frère Mokhi refuse de l’emmener au grand jeu de bouzkachi de Kaboul, auquel il va participer pour représenter la province de Kataghan, le jeune Rahim décide de s’y rendre par ses propres moyens. Guidé par l’ange de la mort, Azraël, Rahim parvient difficilement à Kaboul. Là, humilié par un autre cavalier, Ouroz, Rahim ronge la sangle du cheval de ce dernier. Mais c’est Mokhi qui monte le cheval. S’élançant pour le prévenir alors que le jeu a commencé, l’enfant meurt piétiné par les cavaliers, tandis que Mokhi remporte le bouzkachi sans que la sangle n’ait cédé. 


Ramuntcho (1959)

romuntcho

L’intrigue se déroule avec, en arrière plan, la Guerre d’Indochine finissante : un bulletin radio mentionne la bataille de Na San (décembre 1952) et Ramuntcho prisonnier de guerre est libéré à l’issue de la Conférence de Genève, (juillet 1954).

De façon plus ou moins visible, les scénaristes — Lartéguy et Schoendoerffer — transposent au Pays basque les thèmes et les images qui leur tiennent à cœur et qu’ils ne pouvaient alors pas exposer directement sous peine de censure, en particulier le devenir des peuples montagnards des hauts plateaux confrontés à une administration coloniale jacobine.

Comme souvent, Schoendoerffer donne un caractère documentaire à son film (la fête de la truite, les pelotaris et surtout les danseurs équilibristes).

Synopsis

Le contrebandier basque Ramuntcho est fiancé avec Gracieuse, dont la mère Dolorès s’oppose formellement à leur mariage. Lors de l’introduction en France de travailleurs portugais clandestins, il est capturé par les douaniers et contraint de s’engager dans les troupes coloniales. Lorsqu’il est porté disparu en Indochine et présumé mort; sa fiancée entre au couvent. Finalement revenu au pays à l’issue de la guerre d’Indochine, il hésite entre l’exil en Amérique du Sud et la reconquête de Gracieuse.

Avec Mijanou Bardot, Albert Dinan, Marie Glory n Gaby Morlay, François Guérin, Evelyne Ker, Roger Hanin.


Pêcheur d’Islande (1959)

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Synopsis

Concarneau, en 1958. Mével, proriétaire du chalutier « Pêcheur d’Islande », décide de confier à Yan le bateau à la réputation maudite. Ce dernier accepte, malgré les reproches de sa maitresse, Jenny. Yan n’est pas insensible au charme de Gaud, la fille de Mével, promise à Berger, bras droit du patron. Yan part en mer et pénètre dans les eaux territoriales irlandaises, interdites. Il échappe à la police locale et revient avec beaucoup de poisson. Mével, prévenu par Jenny, jalouse, le licencie. Mais il doit bientôt le reprendre, ne trouvant personne pour le remplacer. Yan repart, mais au cours d’une forte tempête, le bateau est endommagé. Tout semble perdu, mais Yan parviendra à sauver tout l’équipage. Et retrouvera Gaud.


  (1963)

(court métrage documentaire)

Ramuntcho

Ce documentaire entend démontrer les capacités d’emploi tactique de l’hélicoptère en tant qu’arme nouvelle tout en renforçant le contact entre les militaires et le grand public, notamment les Jeunes. Des prises de vue montrent en particulier des Alouette réalisant des vols tactiques au cours desquels les voilures tournantes collent littéralement au terrain en évitant arbres et obstacles au dernier moment. Toute la panoplie des missions dévolues aux hélicoptères est présentée, de l’héliportage au support logistique en passant par l’attaque de chars, de convois, de personnels jusqu’à la reconnaissance armée, l’évacuation sanitaire et même le tourisme !


La 317e Section (1965)

317e section

Tourné au Cambodge, il s’agit de l’un des rares films réalisés sur la guerre d’Indochine. Pierre Schœndœrffer qui a été cinéaste aux armées pendant cette guerre et a notamment participé au siège de Dien Bien Phu, a voulu donner une expression réaliste quasi documentaire à son film. Pendant un mois, il a obligé acteurs et techniciens à vivre et à bivouaquer au cœur de la forêt cambodgienne. La prise de vue a été faite caméra sur épaule. Le tournage est pénible pour l’équipe, lâchée dans la jungle. « J’ai imposé à tout le monde la vie militaire, dira le cinéaste. Un film sur la guerre ne peut pas se faire dans le confort. Tous les matins, nous nous levions à 5 heures et nous partions en expédition à travers la jungle. Nous étions ravitaillés par avion toutes les semaines. La pellicule était expédiée à Paris dans les mêmes conditions. De là-bas, on nous répondait télégraphiquement ‘Bon’ ou ‘Pas bon’. »

Synopsis

En 1954, en pleine guerre d’Indochine, la 317e section locale supplétive composée de Laotiens, doit abandonner le petit poste de Luong Ba à la frontière du Laos, et rallier Lao Tsaï à cent cinquante kilomètres plus au sud, à travers la forêt hostile et les forces Viêt-Minh qui déferlent sur les Français. Elle est commandée par quatre officiers et sous-officiers français, dont le jeune sous-lieutenant Torrens qui est secondé par l’adjudant Willsdorff, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de cette fuite ponctuée d’embuscades et de morts, le respect hiérarchique qui unissait les deux hommes se transforme en amitié.

Avec Jacques Perrin, Bruno Cremer ,  et .


Objectif 500 millions (1966)

objectif 500 millions

Synopsis

Emprisonné et destitué par le tribunal militaire à cause d’activités jugées subversives, le capitaine Richau vient d’être libéré. Après avoir vainement cherché du travail en ayant fait jouer ses rares relations militaires d’autrefois, il est contacté, un jour, par une jeune et belle femme, Yo, qui lui propose de participer à un braquage. Objectif : 500 millions de francs transportés par un avion devant décoller de l’aéroport d’Orly. Sa mission serait, après s’être introduit dans l’avion et avoir réussi à maîtriser l’équipage durant le vol, de sauter en parachute avec le sac contenant le pactole. Il retrouverait Yo et ses complices parmi lesquels une de ses anciennes connaissances, Pierre, ex-militaire d’Algérie responsable de sa condamnation. Richau accepte, mais avec des desseins secrets à l’égard de Pierre auquel il voue une rancune tenace…

Avec Bruno Cremer , Marisa Mell, Jean-Claude Rolland, Étienne Bierry, , Maurice Auzel, Robert Blome et Henri Guégan.


La Section Anderson  (1967)

(documentaire)

la section anderson

Pierre Schoendoerffer, vétéran de la guerre d’Indochine, accompagne une section de soldats américains durant les combats au Vietnam en 1966. Ce documentaire relate la vie de la première patrouille de l’infanterie US  à être commandée par un  officier de couleur dans section de combat. Documentaire poignant, il fut couronné d’un Oscar en 1968.


Le Crabe-tambour (1977)

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Ce film s’inspire d’une histoire vraie, celle du commandant Guillaume. Ce dernier fût convié à participer au tournage au titre de  conseiller technique, cependant il passait si souvent dans le champ de la caméra que Schœndœrffer a fini par lui demander de revêtir une robe de procureur. C’est ainsi que Pierre Guillaume s’est retrouvé figurant. Il y a notamment un gros plan sur lui après la réplique du pacha à Willsdorff.

Synopsis

Atteint d’un cancer du poumon, un officier de la marine nationale se voit confier un dernier commandement, l’escorteur d’escadre Jauréguiberry dont c’est également le dernier voyage avant la réforme. Il est chargé de l’assistance et de la surveillance de la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve. Le commandant a aussi une quête personnelle, enracinée dans les guerres coloniales françaises, croiser une dernière fois un homme qu’il a connu, devenu capitaine de chalutier.

Sa quête est relayée par les souvenirs du médecin du bord et de l’officier mécanicien, qui évoquent un lieutenant de vaisseau surnommé le Crabe-Tambour. Les souvenirs et les témoignages se succèdent ; ils évoquent cette figure légendaire qui a marqué ceux qui l’ont connue, et les fait s’interroger sur leur propre vie.

Avec , Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho, Aurore Clément, Odile Versois, François Dyrek et Pierre Rousseau.


L’Honneur d’un capitaine (1982)

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Synopsis

Lors d’un débat télévisé sur la guerre d’Algérie au début des années 1980, le professeur Paulet (Jean Vigny) dénonce les méthodes du capitaine Caron (Jacques Perrin), tué au combat en 1957. La veuve du capitaine, Patricia (Nicole Garcia), décide d’intenter un procès en diffamation à Paulet. Elle est représentée par une amie, la jeune avocate Maître Valouin (Claude Jade) de Quimper, et par son oncle, bâtonnier (Georges Wilson) ; Paulet, lui, est défendu par Maître Gillard (Charles Denner). Le procès passe au crible les dix-neuf jours de commandement de Caron, dont Paulet prétend qu’ils ont commencé par l’exécution d’un traître algérien. Les anciens de la compagnie se succèdent à la barre et l’on apprend que le capitaine n’est arrivé à la tête du bataillon que le lendemain de l’exécution, afin de rétablir l’ordre.

Notons l’apparition dans ce film de Florent Pagny comme figurant.


«  » ou « la Section Anderson 20 ans après » (1989)

(documentaire)

Pierre Schoendoerffer

Ce documentaire est en fait  le second volet de « La section Anderson » sortie en 1967. Ce volet évoque les retrouvailles des membres de la section 20 ans plut tard lors d’une projection du fameux documentaire.


Diên Biên Phu (1992)

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Les personnages qui jouent les scènes du film portent des noms fictifs. Leurs rôles sont inspirés de personnes ayant effectivement existé, bien qu’il y ait eu des « arrangements » pour les besoins du film.

Synopsis

En mars 1954, un reporter américain se trouve à Hanoï, au moment où débute la bataille de Diên Biên Phu, pour couvrir la guerre entre la France et les indépendantistes de la colonie française d’Indochine. Après une bataille de 57 jours, il assiste à la victoire capitale du Viêt-Minh sur le corps expéditionnaire français.

Avec Patrick Catalifo, , Patrick Chauvel, , Raoul Billerey, Eric Do, Sava Lolov, Luc Lavandier, Ludovic Schoendoerffer, Igor Hossein, Donald Pleasence, , Jean-François Balmer.


, un roi au-dessus des nuages (2004)

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Pierre Schœndœrffer réussit l’exploit d’insérer dans une nouvelle réalisation des passages de ses tournages anciens, en particulier par l’utilisation des flash-backs, ce qui rend très réelle l’impression de vieillissement ou de rajeunissement) des acteurs. Pour certains passages, la bande son a été conservée, pour d’autres elle a été élégamment couverte par une nouvelle création.

Synopsis

Paris, 1977, une journaliste du Figaro enquête sur la disparition d’Henri Lanvern en plein tournage en Thaïlande. Cinéaste et ancien militaire, Lanvern aurait accepté une mission à la demande des services secrets français afin de couvrir l’évasion de son vieil ami de guerre, le général Cao Ba Ky, prisonnier dans un camp de rééducation communiste.

Avec Bruno Cremer, Claude Rich, , Jacques Perrin, Wojciech Pszoniak, Christophe Reymond, Gérard Oury, Jacques Dufilho, Ludovic Schœndœrffer, Patrick Chauvel, Eric Do, André Peron.

(Source :  La page wikipédia de Pierre Schoendoerffer )

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Remy et Abdelkader

Cet article a été rédigé par Rémy Feisthammel et Abdelkader Leghouil, Rédacteurs de Critique Film.