Festival de Gardanne 2013 : jours 5 à 8

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Dans le programme du 25ème Festival cinématographique d’automne de Gardanne, il n’y avait que 2 jours sans avant-première. Le 5ème jour était l’un d’eux ! Par contre, le 6ème jour présentait le documentaire Les Jours heureux de Gilles Perret, un film qui va sortir mercredi prochain 6 novembre. Ce film est consacré à la genèse du programme du Conseil National de la Résistance, à la pratique qui en a été faite jusqu’à nos jours et à ce que les hommes politiques d’aujourd’hui en ont retenu. C’est un film passionnant, très important à plusieurs titres et nous allons y revenir très prochainement.

Viva la Liberta

l’Italie, son cinéma, sa vie politique

Robert sans Robert, le film de  et , déjà sorti mais suivi d’un débat avec Bernard Sasia, et Viva La Liberta, un film italien de  en avant-première, étaient au programme du 7ème jour du Viva La Liberta, qui sortira le 5 février 2014, est le 5ème long métrage de fiction de Roberto Ando, né à Palerme en 1959. Dans ses interviews, il insiste sur le côté réaliste de son film, tout en reconnaissant qu’il est à l’extrême limite entre film réaliste et fable. C’est dans ces nuances que se situe le défaut majeur d’un film par ailleurs tout à fait estimable. En effet, l’histoire que raconte le film est celle d’un leader d’un parti de gauche italien qui, de plus en plus contesté dans son propre parti, en arrive à aller se réfugier à Paris chez une ancienne compagne et que son bras droit va remplacer par son frère jumeau, un écrivain et philosophe qui sort d’un asile psychiatrique. Dans le cadre d’un film réaliste, cette astuce de scénario ne peut pas être crédible, l’existence pour un homme politique de premier plan d’un frère jumeau aux portes de la folie ne pouvant pas avoir été dissimulée bien longtemps à l’époque d’Internet. Dans le contexte politique de l’Italie d’aujourd’hui et, plus généralement, dans le contexte politique de la plupart des pays démocratiques, Viva La Liberta est, malgré ce petit défaut de fabrique, un film très intéressant qui met en parallèle la situation du cinéma et la situation politique de l’Italie, un film sur l’importance du changement, un changement que le peuple lui-même doit prendre en main. C’est  qui interprète avec maestria le double rôle des jumeaux, Valerio Mastandrea jouant son bras droit et  son ancienne compagne.

La maison à la tourelle

Tension intense, grande beauté formelle

8ème jour très riche en avant-premières au Festival de Gardanne 2013 et, qui plus est, des avant-premières de très, très grande qualité. Tout d’abord, La maison à la tourelle, le deuxième long métrage de l’ukrainienne Eva Neymann : un noir et blanc somptueux, une lumière remarquable, des cadrages millimétrés, une grande majorité de plans fixes, on retrouve la beauté formelle de l’école soviétique du cinéma, mise ici au service d’une histoire très simple mais dans laquelle une tension intense ne quitte jamais le spectateur. Durant l’hiver 1944, de nombreuses familles qui avaient été déplacées traversent l’URSS pour rejoindre leurs régions d’origine. Un garçon de 8 ans se retrouve seul après le décès de sa mère, malade du typhus, dans une ville inconnue. Qui va le repousser quand il demande de l’aide ? Qui va l’aider ? Eva Neymann a écrit son scénario d’après un roman de Friedrich Gorenstein, scénariste de L’esclave de l’amour de Nikita Mikhalkov et, surtout, de Solaris d’Andreï Tarkovski. Pour interpréter le rôle de l’enfant, son choix s’est porté sur un jeune orphelin, Dmitiy Kobetskoy, pensant que son propre vécu enrichirait le film : il est absolument remarquable par la vérité de son jeu. La mère est jouée par Katerina Golubeva, souvent utilisée par le cinéma français (Claire DenisBruno DumontLeos Carax) et dont ce fut le dernier film : elle est décédée peu de temps après le tournage. C’est au Directeur de la photographie lituanien Rimmvydas Leipus qu’on doit la beauté des images. Quant à la musique, elle est peu présente mais ce qu’on entend d’Erik Satie convient parfaitement à l’atmosphère de ce film remarquable qui sortira le 20 novembre sur nos écrans.

Le médecin de famille 2

Un criminel de guerre en Argentine

Venait ensuite Le médecin de famille, le film argentin de Lucia Puenzo, présenté au Festival de Cannes 2013 dans la sélection Un Certain Regard (critique détaillée).

The Lunchbox

Un beau rayon de soleil

Le 3ème film en avant-première est un petit bijou : The Lunchbox, qui va sortir le 11 décembre, est le premier long métrage de l’indien Ritesh Batra. Ce fut un des rares rayons de soleil du dernier Festival de Cannes, où ce film était présent dans la sélection de la Semaine de la Critique. Le film a comme point de départ la livraison sur le lieu de travail des repas de midi à Bombay. A la suite d’une erreur de livraison, une relation s’établit entre unhomme proche de la retraite,un veuf solitaire, bougon, désagréable avec tout le monde, et une jeune femme, malheureuse dans son couple, une relation qui commence par des petits billets glissés dans des « lunchboxes ». On ne prétendra pas que The Lunchbox bouleverse l’histoire du cinéma, mais ce film est tellement tendre, chaleureux et émouvant qu’il est chaudement conseillé de remplacer la prise de médicaments anti-dépression par la vision de ce film !

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