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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Fast & Furious – Édition 25ème anniversaire

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Fast & Furious – Édition 25ème anniversaire

États-Unis : 2001
Titre original : The Fast and the Furious
Réalisation : Rob Cohen
Scénario : Gary Scott Thompson, Erik Bergquist, David Ayer
Acteurs : Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h47
Genre : Action, Thriller
Date de sortie cinéma : 26 septembre 2001
Date de sortie DVD/BR/4K : 9 septembre 2026

La nuit tombée, Dominic Toretto règne sur les rues de Los Angeles à la tête d’une équipe de fidèles qui partagent son goût du risque, sa passion de la vitesse et son culte des voitures de sport lancées à plus de 250 km/h dans des rodéos urbains d’une rare violence. Ses journées sont consacrées à bricoler et à relooker des modèles haut de gamme, à les rendre toujours plus performants et plus voyants, à organiser des joutes illicites où de nombreux candidats s’affrontent sans merci sous le regard énamouré de leurs groupies. A la suite de plusieurs attaques de camions, la police de L.A. décide d’enquêter sur le milieu des street racers. Brian, un jeune policier, est chargé d’infiltrer la bande de Toretto, qui figure, avec celle de son rival Johnny Tran, au premier rang des suspects…

Le film

[3/5]

Vingt-cinq ans après sa sortie, Fast & Furious a gagné un curieux privilège : celui de pouvoir être jugé à l’aune de ce qu’il est devenu. En 2001, le film de Rob Cohen ressemblait surtout à un ersatz de Point Break en mode Tuning, avec des grosses cylindrées fluo à la place des planches de surf et Paul Walker dans le rôle du flic infiltré qui découvre que les voyous ont finalement un cœur. En 2026, le regard change forcément un peu. Pas suffisamment pour transformer Fast & Furious en grand film, soyons sérieux, mais assez pour lui reconnaître une place singulière dans l’histoire du cinéma d’action. Car personne ne pouvait alors imaginer que ce petit polar automobile beaucoup trop premier degré finirait par accoucher d’une franchise capable de transformer des courses de rue en opérations militaires internationales, puis de faire voler des voitures entre des immeubles comme si Newton avait simplement oublié de prévenir Universal Pictures.

Fast & Furious reste pourtant un spectacle assez grotesque. Le film aligne les muscles huilés, les voitures rutilantes, les filles en tenues minuscules et les mâles alpha occupés à mesurer leur virilité à coups de chevaux sous le capot. Le phallocratisme de l’ensemble n’a pas miraculeusement disparu avec le temps, pas plus que les dialogues qui semblent parfois avoir été écrits entre deux accélérations mal contrôlées (du genre qui laissent de grosses traces de pneu). Rob Cohen et ses scénaristes Gary Scott Thompson, Erik Bergquist et David Ayer veulent raconter une histoire de fraternité, de loyauté et d’identité masculine, mais tout passe par une étrange religion du moteur : celui qui possède la meilleure voiture, prend le plus de risques et regarde le plus longtemps ses adversaires dans les yeux gagne symboliquement sa place dans la tribu. Même les courses deviennent des rites d’initiation. Le quart de mile n’est finalement qu’un confessionnal avec du NOS.

Le problème, c’est que Fast & Furious ne peut pratiquement jamais s’empêcher de regarder dans le rétroviseur de Point Break. L’infiltration de Brian O’Conner chez des hors-la-loi charismatiques, la fascination progressive pour ceux qu’il était censé arrêter, l’ambiguïté entre devoir professionnel et loyauté personnelle : Kathryn Bigelow avait déjà fait tout cela avec une maîtrise autrement plus sèche et élégante. Impossible surtout de mettre la mise en scène de Rob Cohen sur le même rail que celle de Kathryn Bigelow. Là où Point Break travaillait réellement la sensation de danger et la relation entre ses personnages, Fast & Furious souligne tout au marqueur fluo. La caméra adore les carrosseries, les ralentis et les cadrages agressivement cool, comme si chaque plan devait impérativement avoir envie d’être imprimé sur un poster de chambre d’adolescent.

Et pourtant, Fast & Furious possède aujourd’hui quelque chose qu’il ne pouvait évidemment pas avoir en 2001 : une prophétie involontaire. La franchise devra passer par quatre films extrêmement moyens avant que Fast 5 ne fasse sauter le verrou. À partir de là, tout devient possible. Les braquages deviennent des spectacles de cirque motorisé, les cascades défient la gravité, les enjeux prennent des dimensions lunaires et le sérieux imperturbable des personnages finit par devenir le carburant même du délire. Ce qui semblait maladroit dans Fast & Furious devient rétrospectivement la graine d’une philosophie du Nawak qui atteindra des sommets presque métaphysiques. Le cinéma d’action cherchait autrefois à repousser les limites du possible ; la saga Fast & Furious finira par demander poliment aux lois de la physique de patienter dans le hall.

Cette relecture rend donc Fast & Furious beaucoup plus sympathique aujourd’hui. Le film reste mal fichu, parfois mal torché, souvent plombé par une solennité qui donne à chaque course l’importance d’une réunion de l’ONU, et valant surtout pour sa dernière scène de braquage de camion. Mais il fonctionne aussi grâce à une sincérité presque désarmante. Vin Diesel a déjà compris comment transformer Dominic Toretto en bloc de granit sentimental, Michelle Rodriguez impose à Letty une présence physique qui annonce parfaitement l’évolution de la saga, tandis que Paul Walker trouve chez Brian une naïveté suffisamment attachante pour rendre crédible son basculement progressif. Fast & Furious n’est pas encore le monstre de cinéma qu’il deviendra. C’est même plutôt son embryon, avec les roues encore dans le garage. Mais savoir aujourd’hui que ce premier tour de clé conduira jusqu’à des aventures totalement lunaires lui donne une saveur nouvelle. En 2001, le film semblait simplement vouloir aller vite. En 2026, il ressemble surtout au début d’une très longue course dont personne n’avait encore compris la destination.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Pour son édition 25ème anniversaire, Universal Pictures ressort Fast & Furious dans un Blu-ray 4K Ultra HD qui soigne d’abord l’objet avec un packaging plutôt réussi, un SteelBook particulièrement séduisant pour qui conserve encore un faible pour les carrosseries chromées fluo et les boîtes métalliques qui font immédiatement plus sérieux dans une étagère. L’intérêt principal reste évidemment la restauration.

L’image HDR10 + Dolby Vision offre une présentation nettement plus généreuse que les précédentes éditions, avec une définition solide, des textures plus précises et surtout une palette colorimétrique qui permet aux néons, aux carrosseries et aux scènes nocturnes de retrouver une véritable profondeur. Les noirs gagnent en densité sans tomber systématiquement dans le bouché et les hautes lumières profitent joliment du HDR. Quelques limites inhérentes au matériau d’origine subsistent toutefois : certains plans restent plus doux, le grain demeure visible et quelques effets numériques accusent leur âge. Rien de franchement rédhibitoire, bien au contraire : Fast & Furious conserve une image organique qui évite l’effet de nettoyage au Kärcher numérique. Le Dolby Vision apporte surtout une meilleure gestion des contrastes et des lumières, particulièrement appréciable lors des séquences nocturnes et des courses. Côté son, la VF en DTS 5.1 fait correctement le travail, avec une spatialisation efficace, des basses présentes et des moteurs qui ne manquent pas de coffre. Elle demeure toutefois moins ample et moins précise que la VO Dolby Atmos, qui profite beaucoup mieux de l’espace sonore. Cette dernière enveloppe véritablement le spectateur, distribue les effets avec davantage de précision et donne aux accélérations une présence physique nettement supérieure. Les dialogues restent parfaitement intelligibles et la bande musicale gagne elle aussi en ampleur. Bref, la VF n’a absolument pas à rougir, mais la VO est clairement la piste à privilégier pour profiter pleinement du spectacle.

Les suppléments, eux, transforment le Blu-ray d’accompagnement en véritable garage clandestin rempli jusqu’au plafond. On commencera avec « LE » bonus inédit de cette édition, 25 années de Fast (27 minutes), un module anniversaire réunissant notamment Vin Diesel, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Neal Moritz et Meadow Walker autour du casting, des personnages, des relations sur le tournage et de l’héritage de la franchise. Vin Diesel y occupe évidemment une place centrale, mais Michelle Rodriguez apporte quelques réflexions plus personnelles particulièrement intéressantes. Anecdote amusante : habillée d’une robe de créateur durant la première moitié du sujet, elle finira par aller se changer, visiblement très mal à l’aise d’être habillée en Femme Fatale. L’ensemble est naturellement très auto-satisfait mais extrêmement généreux, et documente aussi bien la fabrication de Fast & Furious que la naissance de son phénomène culturel. Le reste des suppléments est tiré du DVD de 2002 : on commence avec le making of (18 minutes), bonus assez classique mais particulièrement intéressant pour revenir sur le casting, les voitures, les cascades et la fabrication générale du film. On continue avec « Le Charger de Dom » (4 minutes), d’une façon assez amusante orthographié « Chargeur » dans le menu, et consacré à la Dodge Charger de Dominic Toretto et aux cascades réalisées avec cette machine devenue l’un des emblèmes de la saga, puis avec « 400 mètres à la fois » (10 minutes), qui revient sur l’univers des courses et sur la culture du street racing. Une voiture d’importation trafiquée (19 minutes) s’attarde quant à lui sur la préparation des voitures et constitue un sympathique témoignage d’une époque où le tuning constituait encore tout un imaginaire cinématographique, et où on pouvait lorgner sans complexe sur le décolleté plongeant d’une présentatrice en mode bimbo. Plus que dangereux (2 minutes) propose une fin alternative, tandis que « En direct de la rue » (5 minutes) rassemble plusieurs scènes supplémentaires. On continue avec huit scènes coupées ou rallongées (6 minutes), avec commentaire optionnel de Rob Cohen.

La partie interactive n’est pas oubliée : le module « Angles multiples – Séquence de cascades » permet de revoir la course finale sous huit angles différents, tandis que « Movie Magic » s’intéresse à la fabrication des effets spéciaux sur la même scène. « Montage des effets visuels » (4 minutes) montre plusieurs étapes de conception des effets visuels et les storyboards comparés (7 minutes) confronte les storyboards aux plans définitifs, procédé toujours intéressant pour comprendre comment une idée dessinée se transforme en mouvement. On poursuit avec trois clips musicaux : « Furious » de Ja Rule (4 minutes), « POV City Anthem » de Caddillac Tah (4 minutes) et « Click Click Boom » de Saliva (4 minutes), auxquels s’ajoutent une featurette (2 minutes) ainsi qu’un module sur le montage destiné au MPAA (5 minutes), qui revient de son côté sur les modifications effectuées pour obtenir le classement PG-13 auprès du comité de censure US. Enfin, le commentaire audio de Rob Cohen (VOST) constitue sans doute le bonus le plus consistant : le réalisateur parle du casting, de la construction visuelle du film et surtout de la manière dont les courses ont été tournées, avec un débit presque aussi rapide que les voitures.

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