Star Wars : The Mandalorian and Grogu
États-Unis : 2026
Titre original : –
Réalisation : Jon Favreau
Scénario : Jon Favreau, Dave Filoni, Noah Kloor
Acteurs : Pedro Pascal, Jeremy Allen White, Sigourney Weaver
Éditeur : Lucasfilm
Durée : 2h12
Genre : Science-Fiction, Aventures
Date de sortie cinéma : 20 mai 2026
Date de sortie DVD/BR/4K : 30 septembre 2026
La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu…
Le film
[4/5]
Après sept années de retraite cinématographique, Star Wars remet enfin ses bottes dans la poussière des salles obscures avec Star Wars : The Mandalorian and Grogu. Un retour qui a quelque chose d’assez logique, puisque la saga choisit de revenir non pas avec une nouvelle famille Skywalker sortie du chapeau, mais avec deux personnages dont la popularité a largement dépassé le cadre de Disney+. Depuis 2019, Din Djarin et son minuscule compagnon sont devenus les ambassadeurs d’un Star Wars plus terre-à-terre, davantage intéressé par les cantinas, les chasseurs de primes et les planètes où personne n’a jamais entendu parler de Coruscant que par les grandes querelles généalogiques de la galaxie. Le film reprend donc après les événements de la série The Mandalorian, à l’époque de la Nouvelle République, alors que les derniers seigneurs de guerre impériaux continuent de jouer à cache-cache avec les survivants de la Rébellion. Jon Favreau conserve les commandes, avec Dave Filoni et Noah Kloor au scénario, et cette continuité explique largement la sensation particulière du résultat : Star Wars : The Mandalorian and Grogu ressemble moins à une nouvelle porte d’entrée dans la saga qu’à l’ouverture en grand format d’une porte que la télévision avait déjà entrouverte.
Ce qui pourrait passer pour une faiblesse devient pourtant assez vite l’une des qualités du film. Star Wars : The Mandalorian and Grogu ne cherche pas à réinventer la roue, probablement parce que celle-ci fonctionne encore très bien lorsqu’elle dévale une pente avec un X-Wing derrière elle. L’histoire repose sur une mission confiée à Din Djarin et Grogu par la jeune Nouvelle République, avec les restes de l’Empire en embuscade et une nouvelle menace qui oblige le duo à remettre son casque et ses petites oreilles au travail. Après les grandes fresques parfois engluées dans leur propre mythologie, Jon Favreau revient ainsi à une forme de récit d’aventure beaucoup plus simple : partir, protéger, combattre, survivre, puis repartir. Le principe pourrait sembler rudimentaire, mais il permet au film de retrouver quelque chose de très ancien dans Star Wars : cette idée que la galaxie est immense, que ses habitants ont rarement besoin d’une prophétie pour avoir des ennuis et qu’un héros peut parfaitement sauver le monde sans passer son temps à expliquer pourquoi il est important.
Cette simplicité rejoint surtout le véritable sujet de Star Wars : The Mandalorian and Grogu, celui de la transmission. Din Djarin n’est plus seulement le guerrier solitaire des débuts de The Mandalorian. Il est devenu un père, ou quelque chose qui s’en approche tellement qu’il serait assez malvenu de chipoter sur des détails galactico-administratifs. Grogu, de son côté, n’est plus seulement la petite créature toute mignonne que tout le monde veut enlever au Mandalorien avant que celui-ci ne la récupère en tirant sur quelques ennemis. Il apprend, progresse, utilise davantage la Force et commence à devenir un véritable partenaire. Jon Favreau a d’ailleurs clairement présenté cette évolution comme celle d’une relation parent-enfant : l’adulte transmet ce qu’il sait au jeune, avant que le jeune ne finisse par prendre progressivement sa place. La boucle est particulièrement intéressante dans une saga obsédée depuis près de cinquante ans par la transmission entre générations. Luke Skywalker recevait autrefois un héritage qu’il devait comprendre ; Din Djarin transmet désormais le sien à Grogu. Le sabre laser laisse donc provisoirement la place au blaster, au beskar et à quelques leçons de survie.
Sur le plan visuel, Star Wars : The Mandalorian and Grogu profite enfin du grand écran pour donner davantage d’espace à cet univers qui avait longtemps vécu principalement dans le salon. Conçu pour l’IMAX, le film sait utiliser l’ampleur de ses décors, de ses poursuites spatiales et de ses bestioles plus ou moins recommandables. L’alternance entre le cadre panoramique et les passages en ratio IMAX donne notamment aux séquences les plus spectaculaires une respiration supplémentaire. Jon Favreau ne cherche pas systématiquement à transformer chaque plan en carte postale intergalactique : il conserve au contraire cette esthétique de western spatial qui faisait le charme de The Mandalorian. Les environnements ont beau être numériques, ils restent suffisamment concrets pour donner envie d’y poser ses bottes. La photographie privilégie par ailleurs des teintes poussiéreuses et ambrées avant de basculer vers des verts plus inquiétants selon les mondes visités. Une galaxie qui change de couleur comme certains changent de chemise, mais sans jamais perdre son identité.
Sorti presque cinquante ans après le premier opus de la franchise, Star Wars : The Mandalorian and Grogu assume également son statut de passerelle entre plusieurs générations de spectateurs. Les amateurs de la première trilogie retrouveront quantité d’éléments familiers, parfois franchement nostalgiques, tandis que ceux qui ont découvert Star Wars avec Disney+ retrouveront surtout les personnages auxquels ils sont attachés. Cette volonté de fabriquer du neuf avec de vieux morceaux pourrait devenir étouffante si elle ne s’accompagnait pas d’un vrai plaisir d’aventure. Heureusement, Jon Favreau semble suffisamment conscient de ce danger pour laisser respirer son récit. Le film rappelle ainsi que Star Wars n’a jamais été uniquement une affaire de Jedi et de Sith : c’est aussi une histoire de transmission orale, de peuples déplacés, de survivants, de petites communautés tentant de reconstruire quelque chose après une guerre. Après la chute de l’Empire, la galaxie ne devient évidemment pas soudainement un endroit paisible. Elle doit apprendre à vivre avec ses cicatrices. Din Djarin et Grogu, eux, avancent au milieu de ces ruines en essayant simplement de construire leur propre avenir.
Pedro Pascal reste évidemment une présence idéale derrière l’armure. Privé de visage pendant l’essentiel du film, l’acteur fait passer une quantité assez impressionnante d’informations par la voix, les mouvements et cette manière très particulière qu’a Din Djarin de rester droit comme un piquet même lorsque la galaxie semble décidée à lui tomber dessus. Sigourney Weaver apporte une autorité immédiatement crédible au Colonel Ward, nouvelle venue suffisamment solide pour ne pas donner l’impression d’avoir été parachutée là uniquement pour afficher un nom prestigieux au générique. Quant à Grogu, il continue de jouer sa partition sans dialogue, avec cette étrange capacité à passer de la créature attendrissante au petit machin capable de retourner une situation en quelques secondes. Jeremy Allen White prête également sa voix à Rotta le Hutt. Le casting trouve ainsi le bon équilibre entre nouveaux venus et figures déjà installées.
Star Wars : The Mandalorian and Grogu n’a donc pas la prétention de résoudre les grands problèmes de la galaxie, et c’est probablement ce qui lui permet de fonctionner. Le film préfère raconter une aventure plutôt que rédiger un testament sur l’avenir de la saga. Certains pourront regretter une intrigue moins ambitieuse et une construction parfois proche d’un épisode XXL de la série, mais cette continuité fait aussi son charme. Après des années de théories, de lignées secrètes et de sabres brandis avec un sérieux de notaire interstellaire, retrouver un Mandalorien, un petit Jedi, quelques monstres et une poignée de méchants dans une grande aventure spatiale a quelque chose de presque reposant. Star Wars : The Mandalorian and Grogu ne remet peut-être pas la galaxie à zéro, mais il lui redonne une bonne vieille direction : regarder devant soi, protéger ceux qui viennent après et continuer la route. Ce n’est déjà pas si mal pour deux types dont l’un ne parle presque jamais et dont l’autre passe encore une bonne partie de son temps à manger des choses qu’il ne devrait probablement pas manger.
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Sortie-évènement oblige, LucasFilm ne lésine pas sur la présentation de Star Wars : The Mandalorian and Grogu, qui explose littéralement au format Blu-ray 4K Ultra HD. Tourné en numérique avec des caméras Arri Alexa LF, le film bénéficie d’un transfert éblouissant, avec HDR10 et Dolby Vision au programme. La définition est remarquable, les textures des costumes, des décors et des créatures affichent une précision redoutable, et les nombreux effets numériques s’intègrent avec une homogénéité exemplaire. Le Dolby Vision apporte surtout un supplément de densité aux contrastes et aux sources lumineuses : reflets sur l’armure de Din Djarin, moteurs des vaisseaux, explosions et éclairages nocturnes gagnent en intensité sans transformer l’image en sapin de Noël sous amphétamines. Les noirs sont profonds, les couleurs savent se faire chaleureuses ou franchement inquiétantes selon les environnements, et les séquences IMAX profitent pleinement de leur ouverture verticale. Le son n’est pas en reste avec une VF en Dolby Digital+ 7.1 et une VO en Dolby Atmos particulièrement immersives. La version française se montre ample, précise et parfaitement équilibrée, tandis que la piste anglaise ajoute davantage d’informations verticales et une circulation spectaculaire des effets. Dans les deux cas, les dialogues restent parfaitement intelligibles et la spatialisation sait donner du volume aux vaisseaux, tirs de blaster, créatures et poursuites. Seul micro-bémol au tableau : les graves auraient toutefois pu cogner encore davantage lors des séquences les plus explosives du film. Une très belle démonstration technique.
Côté suppléments, Star Wars : The Mandalorian and Grogu ne dispose certes pas d’un bataillon de bonus capable de remplir un cargo baleen, mais ce qui nous est proposé ici tient plutôt bien la route. On commencera avec le commentaire audio de Jon Favreau, disponible sur le 4K UHD, qui constitue sans surprise le morceau de choix : rompu à cet exercice, le réalisateur revient avec entrain sur les choix de mise en scène, les effets visuels, les personnages et la fabrication du film, sans se contenter de réciter ce que l’image montre déjà. On continuera avec un petit making of (20 minutes), qui s’intéresse aux différents artisans ayant participé à la fabrication du film, de l’interprétation aux effets visuels en passant par les marionnettes, le travail sonore et les effets spéciaux. L’ensemble est particulièrement sympathique, et suffisamment précis pour intéresser les amateurs de fabrication cinématographique. On enchaînera ensuite avec « Biomes : De la neige aux marécages » (7 minutes), un module consacré aux différents environnements du film et à leur conception. C’est probablement le bonus qui donne le plus envie d’en voir davantage tant l’univers paraît riche, mais il file malheureusement beaucoup trop vite. On continuera avec « Bienvenue à Shakari » (9 minutes), qui revient sur la création de cette cité urbaine aux accents de science-fiction rétro, puis avec « Le vrai Dejarik » (6 minutes), qui explore une séquence rendant hommage au fameux jeu holographique de la trilogie originale. Quatre modules courts, donc, mais plutôt bien choisis et suffisamment variés pour compléter agréablement le film. Dommage seulement que certains sujets, notamment les environnements et les effets pratiques, n’aient pas bénéficié d’un traitement plus copieux.

























