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Comédie Critiques de films Drame — 20 décembre 2018
Critique : Troppa grazia


: 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Gianni Zanasi, , ,
Interprètes : , ,
Distribution :
Durée : 1h50
Genre : comédie, drame
Date de sortie : 26 décembre 2018

3/5

 Gianni Zanasi est un réalisateur rare, Troppa Grazia n’étant que son 6ème long métrage de fiction en 23 ans. Parmi ceux-ci, Ciao Stefano, sorti il y a 10 ans, est un film qui reste en mémoire, une comédie douce-amère sur fond de crise de la société italienne. Film de clôture de la dernière Quinzaine des Réalisateurs cannoises, Troppa Grazia s’y est vu attribuer le Label Europa Cinemas du meilleur film européen.

Synopsis : Lucia, mère célibataire, bataille pour trouver un juste équilibre entre sa fille adolescente, une histoire d’amour compliquée et sa carrière de géomètre. Son avenir professionnel se voit compromis lorsqu’elle réalise que la future construction d’un bâtiment ambitieux s’avère être dangereuse pour l’environnement en raison des cartes topographiques inexactes du conseil municipal. Lucia est tiraillée mais par peur de perdre son travail, elle décide de garder le silence sur cette découverte. Une mystérieuse étrangère essaye alors de convaincre Lucia de tenir tête à ses supérieurs et recommande la construction d’une église sur le site du chantier problématique. Lucia, qui croit aux miracles, va rapidement être mise à l’épreuve.

Une apparition surprenante

Lucia est une femme célibataire de 36 ans qui vit dans une petite ville de la province italienne avec sa fille adolescente qu’elle a eue à l’âge de 18 ans. Cette fille, elle l’a élevée avec Arturo, qui a été son compagnon pendant de longues années mais avec qui elle est en train de se séparer. Professionnellement, sa vie n’est pas toujours facile : lorsqu’elle trouve un emploi, cette géomètre de profession est souvent partagée entre son éthique qui lui ordonne d’être scrupuleuse et intègre dans son travail et la tentation de se soumettre aux desiderata de ses employeurs, très souvent adeptes de la magouille. Cette situation, elle est en train de la vivre dans la mission qui vient de lui être confiée : devant mettre à jour des cartes topographiques concernant un grand terrain sur lequel doit être construit un énorme complexe immobilier, elle s’aperçoit que les documents de base sur lesquels elle doit travailler, probablement falsifiés, ne correspondent pas à la réalité. Une grave atteinte à l’environnement est à attendre du projet envisagé. C’est alors que lui apparait la vision d’une femme coiffée d’un voile, une femme qu’elle seule peut voir et qui cherche à la convaincre de faire en sorte que ce soit une église qui soit construite à la place du complexe immobilier.

Que de questions !

A la sortie des projections de Troppa Grazia, il est probable que les langues vont vite entrer en action, les spectateurs ne manquant pas de s’interroger sur les intentions du réalisateur et des scénaristes lorsqu’ils ont décidé de faire apparaître la Vierge Marie à cette pauvre Lucia, dont son propre père affirme qu’elle n’a jamais été croyante. Et puis, est-ce bien Marie, n’est-ce pas plutôt une mendiante, comme le croit Lucia au début ? Ou bien une migrante ? Ou bien, tout simplement, la conscience de Lucia, lassée de la voir « se coucher » devant ses employeurs et cherchant à tout prix à la ramener à une conception écologique de son travail ? Certains, probablement, iront jusqu’à citer l’encyclique « Laudato Si » du Pape François, consacrée à la question écologique.

Quelles que soient les réponses à ces questions, on apprécie un film qui traite de façon très particulière, parfois comique, les rapports au sein d’un couple, ceux entre une fille et son père, ainsi que les problèmes très actuels que sont l’écologie, l’accueil des migrants et les difficultés que l’on peut rencontrer dans sa vie professionnelle pour rester intègres face à la corruption et aux magouilles. On mettra toutefois un bémol aux louanges, bémol qui concerne la dernière partie du film : on reste sur l’impression que le réalisateur et les autres scénaristes ne savaient pas trop comment terminer leur histoire !

Une distribution solide

Dans ce film qui, avec entre autre l’utilisation du surnaturel dans un film réaliste par ailleurs, n’est pas sans rappeler ceux réalisés par Alice Rohrwacher, qui retrouve-t-on dans le rôle de Lucia ? Alba Rohrwacher, la sœur d’Alice, une comédienne qui tourne énormément, le plus souvent avec beaucoup de talent ! A ses côtés, on remarque surtout , dans le rôle de La Madone, la comédienne israélienne Hadas Yaron, qu’on avait appréciée dans Le cœur a ses raisons et Felix et Maria, ainsi que Elio Germano, François d’Assise il y a 2 ans dans L’ami François d’Assise est ses frères, et qui interprète ici le rôle d’Arturo.

Conclusion

En mélangeant réalisme et événements surnaturels, on a l’impression que Gianni Zanasi part sur les traces de sa compatriote Alice Rohrwacher. On n’est donc pas vraiment surpris de retrouver Alba Rohrwacher dans le rôle principal. Face à ce film bien réalisé, bien interprété et qui s’avère très riche dans sa thématique, on regrette juste que le réalisateur et ses scénaristes donnent l’impression d’avoir eu  du mal à accoucher de la conclusion.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles