Critique : Gaz de France

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Gaz de France afficheFrance : 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Distribution :
Durée : 1h26
Genre : Comédie
Date de sortie : 13 janvier 2016

2/5

Jusqu’à présent, le comédien, scénariste et réalisateur n’avait réalisé qu’un seul long métrage, Réussir sa vie, sorti en 2012. Un long métrage assez spécial, puisque y étaient incorporés, dans le cadre d’un projet original, trois court-métrages précédemment réalisés par : La Course nue, Belle-Île-en-Mer et L’Antivirus. est donc le premier long métrage 100% original de ce réalisateur, lui aussi … original. Un film qui faisait partie de la sélection lors du dernier Festival de Cannes.

 

Synopsis : Dans la France des années 2020, Michel Battement, l’éminence grise du chef de l’état, doit d’urgence remonter la cote de popularité du président Bird afin d’empêcher la chute imminente du régime. Au fin fond des sous-sols surchargés de l’Élysée, il organise une consultation secrète, en compagnie des meilleurs cerveaux du pays.

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Un Président de la République devenu impopulaire

Imaginez, les années 20, celles du 21ème siècle, le Président de la République s’appelle Jean-Michel Gambier mais tout le monde l’appelle le Président Bird. Son élection, il la doit à son interprétation de la chanson « La rigueur en chantant » mais, très vite, sa cote de popularité s’est mise à dégringoler. Que faire ? Autour de lui, on s’agite et son conseiller Michel Battement décide d’organiser un débat télévisé au cours duquel le Président Bird viendrait à la rencontre d’un panel de françaises. Bien entendu, le débat sera pipeauté, le Président devant choisir de répondre à une femme bien précise, briefée à l’avance quant aux questions à poser. Sauf que Bird choisit une autre femme et reste sec face à la question qu’elle lui pose. Catastrophe ! Ne reste plus qu’une solution : réunir un panel d’experts plus ou moins atypiques chargés de trouver une idée géniale susceptible d’être annoncée lors d’une allocation télévisée, allocution de la dernière chance dont l’entourage du Président espère qu’elle permettra de remonter sa cote de popularité.

 

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Les cibles et les idées du réalisateur

Pour , son film, c’est un peu comme si on avait confié à Roland Topor le biopic d’Henri Guaino. A la vision de son film, et tout particulièrement lorsqu’on entend le Président Bird dire qu’il va déclarer la guerre aux banques, il est évident qu’il est difficile de ne pas penser à ce qui passe à la tête de notre pays depuis plusieurs années, quand bien même le réalisateur se défend d’apporter sa pierre à la mode hexagonale de l’auto-flagellation. En fait, la charge de cible principalement les prétendus experts, communicants, technocrates, les Minc, les Attali, les BHL, etc. dont aiment s’entourer le personnel politique ainsi que beaucoup de médias. C’est ainsi que dans le panel d’experts réuni pour « pondre » l’idée géniale susceptible de remonter la cote du Président, on trouve aussi bien un professionnel de la publicité, roi de la formule creuse, qu’une fillette qui représente le lobby des enfants, une journaliste du Web qu’un spécialiste des neurosciences qui pense que l’utilisation d’une intelligence artificielle est la meilleure façon d’administrer un pays. Avec eux, bienvenues les idées les plus saugrenues !

Autre idée que s’efforce de creuser dans , idée totalement en phase avec la main mise des experts sur la politique : la parole est devenue un élément fondamental de la politique et elle a de plus en plus tendance à tenir lieu de programme. Pour le réalisateur, « Un Président agit surtout comme un symbole. C’est pourquoi son storytelling doit être de bonne qualité. Quand un candidat se présente, on devrait lui poser les mêmes questions qu’à un candidat à l’avance sur recettes. Quelle histoire comptez-vous nous raconter, et par quels moyens pensez-vous parvenir à la réaliser ? ».

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Pas assez déjanté

Ce qu’ont manifestement recherché et , son co-scénariste, aurait pu trouver sa place aussi bien dans un film réaliste, très sérieux, voire austère que dans une comédie débridée et désopilante. C’est une troisième voie qu’ils ont choisie de mettre en œuvre, une voie médiane, avec, pour résultat, un film qui déconcerte par sa froideur et son côté particulièrement décalé. Ce n’est même pas du 2ème degré mais plutôt du sixième ou du septième ! Mais du sixième ou septième degré trop sage par rapport à ce qu’il aurait pu, ou dû, être. Résultat : ce qui aurait pu être drôle tombe le plus souvent à plat. De surcroît, plus le film avance, plus le spectateur se retrouve embarqué petit à petit dans le domaine d’un fantastique de pacotille et cela ne fait rien pour arranger ses affaires.
Le fait de trouver   dans le rôle du Président Bird n’étonnera personne tellement ce chanteur joue en permanence sur le décalage et le énième degré. interprète le rôle du « spin doctor »  Michel Battement, un rôle qui lui convient très bien. Dans le reste de la distribution, on trouve bien sûr , le comédien fétiche de , mais aussi , , et lui-même.

 

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Conclusion

On ne peut que regretter la façon très décalée mais surtout très froide que le réalisateur et son co-scénariste ont choisie pour traiter un sujet a priori intéressant. Certes, le rôle des « spin doctors » et des experts avait déjà été traité de façon « sérieuse » dans plusieurs films ou séries télévisées, mais il y avait par contre la place pour quelque chose de plus déjanté, pour un film s’inspirant, par exemple, du « nonsense » britannique à la Monty Python. Dommage : on est passé à côté et le film n’arrive que rarement à décoller !

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