Critique : Batman V Superman : L’Aube de la justice

batman v superman affiche :

Etats-Unis, 2016
Titre original : Batman v Superman: Dawn Of Justice
Réalisateur :
Scénario : , David S. Goyer, d’après l’oeuvre de et Bill Finger
Acteurs : , , Jesse Eisenberg, Gal Gadot
Distribution : Warner Bros France
Durée : 2h33
Genre : Action, Fantastique
Date de sortie : 23 mars 2016

Note : 3,5/5

Trois ans après , Zack Snyder, metteur en scène visionnaire de 300 mais surtout du remarquable : Les Gardiens, revient cette semaine avec un blockbuster très attendu : Batman V Superman : L’Aube de Justice.

 

Synopsis : Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon…

batman v superman affleck cavill

Une introduction réussie

Superman aurait du initialement revenir dans un film en solo mais Man of Steel n’ayant pas fait un assez bon résultat au box-office, la Warner a décidé d’intégrer Batman, soigneusement surnommé le Bat’ de Gotham, à l’équation. Exit Christian Bale, Ben Affleck, maintes fois critiqué à l’annonce du casting, se voit offrir le masque du chevalier noir. Henry Cavill reprend, lui, son rôle d’homme d’acier. Le casting est complété par Gal Gadot dans le rôle de Wonder Woman, Jesse Eisenberg dans la peau de Lex Luthor et prend la suite de Michael Caine dans le costume du mesuré Alfred, ami et maître de maison de Bruce Wayne.

Le public était en droit de se méfier de ce crossover titanesque qui avait même vu, en son temps, George Miller se casser les dents sur le projet. Mais les premières images tendent à rassurer un spectateur à la fois excité et circonspect. Zack Snyder replonge son public dans l’apocalypse final de Man of Steel, mais cette fois à échelle humaine, à travers le prisme du terrien. Le spectateur se retrouve à suivre, béat devant tant d’images impressionnantes, un Bruce Wayne dépassé par les événements qui tente vainement de venir en aide à ses employés pris dans la marée de destruction. Cet autre angle de vue donne à cette bataille finale, assez asphyxiante dans Man of Steel, une dimension nouvelle et salvatrice, qui conditionne toute la puissance du combat qui se déroule à Métropolis. Certains y verront un rapport au 11 septembre, comme cela a été clamé dans de nombreuses critiques, avec destructions de buildings à la clé, mais quoi qu’il en soit, cinématographiquement parlant, cette introduction, en plus d’être extrêmement impressionnante, portée par des images à l’esthétique grandiose, offre une mise en place des plus intéressantes, qui va se concrétiser pendant toute la première heure et demie.

batman v superman cavill gadot affleck

 

Superman fidèle au comics, Batman très convaincant, Lex Luthor intriguant

L’esthétique est maîtrisée mais reste cependant moins travaillée que dans l’immémorial Watchmen, meilleur film du cinéaste. Ce n’est d’ailleurs pas tant les images en elles-mêmes qui s’avèrent moins belles mais d’avantage le montage parfois épileptique qui ne laisse pas le temps au cadre et aux décors de s’exprimer. Le découpage est trop rapide, les personnages plutôt intéressants n’ont pas le temps de se manifester. Henry Cavill interprète un Superman très fidèle au comics, froid en apparence, mais consciencieux et altruiste, soucieux du bien-être de sa planète d’accueil. Gal Gadot porte une Wonder Woman charismatique et très cinématographique, photogénique mais aussi convaincante de par son traitement sobre. Jesse Eisenberg fait un portrait d’un Lex Luthor assez éloigné de ses prédécesseurs. Alors que se contentait d’un personnage conspirateur et que offrait la plus mauvaise interprétation de sa carrière dans , Jesse Eisenberg entreprend de servir un Lex Luthor doucement fou, quelque peu psychopathe qui se rapproche plus de la pathologie du Joker que du véritable personnage froid et calculateur des comics. Le jeune acteur reste par ailleurs très convaincant, interprétant un méchant efficace dans l’air du temps, à coup de punchlines bad-ass et de longs discours sombres, mystérieux et mystiques, sur fond de folie mégalo.

Et qu’en est-il de Ben Affleck, si vivement critiqué par les réseaux sociaux et des spectateurs désobligeants qui ont tenté de le tourner en dérision ? L’acteur s’en sort parfaitement bien avec le chevalier noir, offrant une prestation musclée et charismatique, autant sous le masque ou lorsqu’il est le milliardaire philanthrope Bruce Wayne. Sombre et plus torturé que jamais, ce nouveau Batman est réellement traumatisé par la perte de ses parents, assassinés sous ses yeux d’enfant, un état psychologique qui justifie l’énième exposition de ce drame. Hanté par cet acte de barbarie, les idéaux de Batman sont bien définis, il cherche à protéger ses concitoyens envers et contre tous, même si il faut user de méthodes non orthodoxes. Le Batman n’a jamais été aussi violent, ni aussi bien représenté, mais paradoxalement l’homme chauve souri n’apparaît pas assez à l’écran. Le spectateur reste sur sa fin, n’ayant pas eu une scène d’anthologie autour de la cape noire. Zack Snyder pris par le temps, n’est pas parvenu à réellement magnifier son personnage, préférant une course poursuite en batmobile assez ennuyeuse plutôt que d’offrir quelques savoureux combats comme Nolan en avait le secret.

batman v superman ben affleck

Un nouveau Dieu

Étonnement le film de Snyder n’est pas aussi spectaculaire que Man of Steel. Le cinéaste semble avoir appris de ses erreurs et signe un blockbuster plutôt calme qui permet d’éviter l’indigestion finale à renforts d’apothéoses apocalyptiques habituelles du genre. Attention, le final reste quand même un déferlement d’images de synthèses et de scènes d’action grandiloquentes, une gigantesque destruction en bonne et due forme, mais le reste du film s’avère assez tranquille, Snyder préférant la mise en place de thématiques plutôt qu’une succession d’affrontements. Le combat physique entre les deux héros demeure d’ailleurs assez fade, et prend réellement de l’épaisseur à travers des confrontations orales et idéologiques.

Snyder intègre des concepts religieux et mythologiques à son long-métrage, dressant un portrait biblique de Superman, se posant des questions rudimentaires mais bien amenées quant à la place et à la légitimité du kryptonien. Tous ces ressorts scénaristiques sont proprement passionnants : d’abord avec l’expression du pouvoir qui glisse entre les mains des puissants à la vue du super homme. Zack Snyder dresse un portrait pessimiste d’une société qui cherche à tout maîtriser, les mentalités comme les agissements de chacun. L’arrivée de Superman est un grain de sable dans un rouage parfaitement huilé. Les puissants hommes déraillent devant l’arrivée de ce Dieu. Jesse Eisenberg, dans son personnage de Lex Luthor, l’explique brillamment : l’être humain place son espoir dans un messie surpuissant, dans des légendes mythologiques absurdes, mais lorsque celles-ci se réalisent, l’homme, représenté par Batman, perd tout contrôle, annexé par une peur précaire de l’inconnu. Le combat de la nuit contre le jour, de Batman contre Superman, est en réalité le combat du peuple contre le puissant, avec l’expression d’un paradoxe ancestral : l’être humain met sur un piédestal ce qui peut l’entraîner vers sa propre perte.

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Conclusion

Batman V Superman reste un blockbuster calibré et au final assez superficiel mais néanmoins maîtrisé et de facture plutôt appréciable. La confrontation ne restera pas iconique mais Snyder évite le pire et signe un crossover qui ne salit pas l’image de ces super-héros emblématiques de DC Comics tout en proposant une introduction séduisante à la Justice League avec quelques caméos appréciables à défaut d’être subtils.

 

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Auteur

Aubin Bouillé
Aubin Bouillé

Jeune étudiant en droit, je comble mon temps libre en écrivant des articles cinématographiques. Cinéphile dans l'âme, je suis un grand amateur de cinéma américain, ma jeune adolescence ayant été portée par Quentin Tarantino, David Fincher et les frères Coen. J'espère que mes papiers vous plairont et bonne visite sur Critique_Film :)

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