Cannes, jours 5 & 6 : Douleur, amour, et épilepsie

– 4/5

Le réalisateur espagnol le plus connu à l’étranger déprime ; non pas , mais Salvador, le protagoniste de Dolor y gloria. Plus que jamais peut-être, le cinéaste se livre corps et âme dans un film d’une incroyable maitrise. Et alors qu’il ne parle que de lui, c’est avec une grande pudeur qu’il nous présente ses obsessions. Quelle part de fiction y réside, difficile de le savoir exactement, mais une grande sincérité s’en dégage.

En tant que double du cinéaste, on retrouve un Antonio Banderas méconnaissable, qui commence à fumer de l’héroïne pour soigner des douleurs multiples. La mélancolie qui se dégage de ce portrait est d’autant plus émouvante qu’il est aussi question de son enfance auprès de sa mère, dans un village pauvre de Castille. Une figure maternelle incarnée par (évidemment !), figure stellaire qui semble, comme toute la période de l’enfance, hors du temps.

Dans la vie, tout est récit, tout théâtral, tout est cinéma semble nous dire Almodovar. Bien plus qu’un simple autoportrait, Douleur et gloire est un film touchant, qui pourrait très bien valoir à son auteur une Palme d’Or …

– 3.5/5

Décidément, ce week-end aura été propice à la diffusion de portraits intimes. Dans Portrait de la jeune fille en feu, on a en effet l’impression de reconnaitre directement à travers le personnage de Marianne (), qui doit réaliser le portrait d’une jeune femme qui sort du couvent, Héloïse (). Derrière les mains de la peintre, difficile de ne pas voir la réalisatrice qui filme non seulement l’actrice qu’elle a révélé avec Naissance des pieuvres, mais aussi sa compagne dans la vie de tous les jours.

Il est aisé de comprendre ce que le film va nous raconter au fil de son déroulé, pas de surprise de ce côté-ci. Là ou Sciamma livre un film intéressant, c’est que Portrait de la jeune fille en feu n’a besoin d’aucun artifice pour émouvoir, que ça soit dans la mise-en-scène en elle-même, ou dans le portrait pudique de cette relation. On retient tout de même quelques plans-tableaux qui surgissent parfois, comme celui ci-dessous, ou la séquence finale. Difficile, pour conclure, de ne pas évoquer les deux actrices principales : on connaissait déjà le talent d’Adèle Haenel, on découvre avec grand intérêt celui de Noémie Merlant !

– 2.5/5

L’année dernière, nous étions tombé sous le charme de Climax. y donnait dans le tape-à-l’oeil, mais avec une énergie folle, qui emportait tout sur son passage. Lux Aeterna, par contre, ressemble plus à une distraction entre amis qu’à un long-métrage destiné au public. Un long-métrage, ça n’en est d’ailleurs pas un : ce sont cinquante minutes produites par Yves Saint-Laurent, sans être non plus une publicité. Les acteurs n’en sont pas, chacun jouant soit-même dans un exercice au final un peu vain.

Si d’habitude nous sommes clients du cinéma de Noé, difficile de ne pas rester hermétique devant celui-ci. Mélange foutraque, il en devient même désagréable vers la fin, simplement parce qu’il a le moyen de l’être. Les dix dernières minutes, stroboscopiques jusqu’au malaise, viennent conclure cet exercice de style qui n’est étrangement ni très beau, ni très pertinent. On préférera largement revoir le clip que le réalisateur a sorti il y a quelques temps, moins ambitieux mais plus modeste !

Alice et le maire – 2.5/5

Le duo Demoustier / Luchini a reçu presque unanimement des éloges de la presse. Pour notre part, on est a quelques réserves : « Parfois amusant, parfois intéressant, parfois pertinent, Alice et le maire ne parvient pas être totalement grand. Plat et dispersé, le nouveau film de Nicolas Pariser peut toutefois se reposer sur un bon duo d’acteurs qui arrive à insuffler au récit une dimension captivante ». Retrouvez l’intégrale de notre critique ici.

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Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr