Cannes, jour 4 : de Loach à Refn, le grand écart

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Sorry We Missed You – 3/5

Ken Loach en compétition, ce n’est pas vraiment une surprise. Deux fois lauréat de la Palme d’Or, il revient exprimer toute sa colère envers les injustices de la société anglaise. Sorry We Missed You est dans la droite lignée de Moi, Daniel Blake : un brûlot contre la précarité de l’emploi qui va avec un capitalisme décomplexé. « L’uberisation de la société » est ici montrée a travers Ricky Turner, qui devient « livreur à son propre compte » – mais doit tenir un rythme de travail infernal, a la merci des ordres d’une société privée et de sacro-saintes statistiques.

Si le portrait de cette vie de famille peut parfois émouvoir, on peut reprocher à Ken Loach de trop vouloir faire pleurer le spectateur, en mettant ses protagonistes dans des situations de plus en plus humiliantes. Peut-être sommes nous seulement insensibles a ce drame social, comme nous l’avions été pour le précédent film du cinéaste. Reste un style documentaire, hérité du Free Cinéma, très efficace dans la première partie. Saluons aussi la performance des acteurs, non-professionnels mais talentueux, et donc par la même occasion la direction d’acteurs de Ken Loach.

Little Joe – 2.5/5

Little Joe est un de ces films dont on ignore au départ quelle tournure vont prendre les évènements … mais une fois qu’on le sait, tout devient beaucoup moins intéressant. Ou tout du moins, Jessica Hausner semble avoir du mal à tenir son propos pendant près de deux heures. Il est question ici de plantes génétiquement modifiées pour rendre leurs propriétaires heureux, mais qui vont se révéler beaucoup plus dangereuses que prévu, en modifiant en profondeur le caractères de ceux qui inhalent son pollen.

Esthétiquement, rien à reprocher : les images sont souvent très belles, tout en aplats de couleurs, notamment dans l’appartement de la protagoniste, sorte de rétro-futurisme hors du temps. Cependant, le bât blesse au niveau du rythme : le long-métrage est très vite redondant dans ses procédés, ce que n’arrange rien une ambiance lancinante. Au final, Little Joe est un ces jolis objets cinématographiques qu’on oublie bien vite, trop lisses pour vraiment passionner.

Zombi Child – 3.5/5

Les êtres possédés semblent être une des grandes constantes de cette 72ème édition du Festival de Cannes, entre The Dead Don’t Die, Atlantique, ou encore Little Joe. Dans Zombi Child, Bertrand Bonello fait le choix de revenir aux origines même du zombie : le vaudou haïtien. Un élément culturel qui se retrouve mêlé à un récit beaucoup plus terre-à-terre, qu’il va finir par contaminer.

A l’instar de L’Apollonide, ou de Nocturama, le cinéaste français magnifie les lieux dans lesquels il fait évolue ses personnages, en captant ce qui peut en ressortir de plus magique. Film fantastique au sens originel du terme, où l’on vient simplement à douter de la réalité – sans autre artifice -, Zombi Child brille par son ambiance étrange, abordant le zombie de manière naturaliste.

Too old to die young – 4/5 (?)

« De sombres bars perdus au fin fond du Nouveau-Mexique en passant par la lumière éclatante du désert, des tréfonds d’un repaire de yakuzas aux mille lumières du serpent autoroutier de L.A., la photographie de Darius Khondji brille au fond de notre rétine. En ajoutant les nouvelles expérimentations de Cliff Martniez, c’est peu dire qu’on est très curieux de voir la suite ! » – Retrouvez notre critique complète ici.

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Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr