Breaking Bad Saison 5 Episode 13 – To’hajiilee

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Walt - Bryan Cranston

Le moins qu’on puisse dire sur cette dernière saison de , c’est qu’elle n’a pas peur de prendre des risques. D’une minute à l’autre, To’hajiilee pourrait être un désastre, un épisode trop exagéré et tirant complètement sur la caricature, particulièrement dans ses vingt dernières minutes.

L’arrestation de er White est une image qui trotte dans la tête des fans de la série depuis plusieurs saisons. D’abord comme une menace constante, puis comme une libération anticipée avec impatience après les multiples manipulations et trahisons commises par le personnage. Pour être clair, une bonne partie de l’audience s’imaginait faire une tête similaire à celle de Jesse voyant Hank passer les menottes à Avec To’hajiilee, Vince Gilligan nous donne ce que l’on voulait depuis longtemps, mais il est impossible de l’apprécier sans un sentiment que tout va vite tomber à l’eau. D’une part parce qu’il est assez évident que les Aryens de Todd doivent bien remplir leur destinée narrative, d’autre part en raison de ce que Jesse nous rappelait dans Rabid Dog : peu importe ce qui semble être en train de se passer, c’est l’inverse qui se produira.

Pour en arriver à cet incroyable moment, les scénaristes ont cependant dû prendre de gros raccourcis. Même si l’on accepte l’idée que Huell, employé de Saul Goodman, se ferait manipuler aussi facilement par Hank, la confession qui ne passe pas vraiment, c’est celle de . Certes, il tient à son argent plus que tout (puisqu’il représente l’avenir de sa famille), mais on a vu penser à deux fois dans ce genre de situations par le passé. Pourquoi pas cette fois ? Sa réaction initiale et précipitée semble normale, mais on s’attend à tout moment qu’il s’arrête et commence à questionner sa situation. S’ajoute à ça le montage un peu étrange de la conversation avec Jesse (sa voix ne semble pas vraiment sortir d’un téléphone et on ne le voit jamais parler), et la scène de confession de sonne faux. Quand il commence à réciter les noms de Crazy 8 et d’Emilio, les mots semblent plus sortir de la plume d’un scénariste qui liste des passages obligatoires que du cerveau de er White. Le pire dans tout ça, c’est qu’il pourrait s’arrêter à son admission vis-à-vis de Brock, ou même de Gus, pour que ça passe plus ou moins.

Walt - Bryan Cranston

Et pourtant. Peut-être est-ce le magnifique désert du Nouveau Mexique, si approprié pour un épisode qui fait plus que flirter avec les westerns de John Ford. Peut-être est-ce la simple inertie d’une série tirant sur sa fin, nous poussant à pardonner plus en sachant que c’est bientôt fini pour ces personnages, mais l’épisode prend l’audience par les tripes et ne lâche pas jusqu’au cliffhanger final. Certes, les Aryens ont probablement appris à tirer à l’Académie des Storm Troopers pour rater Hank et Gomez alors qu’ils étaient complètement à découvert, mais ça n’a plus vraiment d’importance.

Cet épisode avait un but précis : jouer avec nos attentes (la longue marche de er vers Hank est à la fois une image frappante et un moment dans lequel on s’attend à une dernière ruse de er) et exploser notre rythme cardiaque. Mission accomplie. Quant à la crédibilité des personnages ou le réalisme de l’histoire… ce dernier a déjà été sérieusement mis de côté par la série avec les cousins ou encore la mort de Gus, et Gilligan nous a prouvé qu’il était capable de trouver des solutions élégantes à ce genre de problèmes par le passé. Il semble douteux que Hank et Gomez sortent de To’hajiilee en vie de façon crédible, mais qui sait ? C’est , ils sont bien capables de nous le faire avaler.

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