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Test Blu-ray : Red Sonja

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Red Sonja

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : M.J. Bassett
Scénario : M.J. Bassett, Joey Soloway, Tasha Huo
Acteurs : Matilda Lutz, Rhona Mitra, Robert Sheehan
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 1h51
Genre : Action, Heroic Fantasy
Date de sortie DVD/BR : 11 septembre 2026

Après le massacre de son peuple et des années d’esclavage, Red Sonja s’évade et prend la tête d’une horde de guerriers pour affronter le tyran Dragan. Entre magie noire, créatures fantastiques et batailles épiques, elle s’engage dans une quête de vengeance qui pourrait changer le destin de tout un royaume…

Le film

[3,5/5]

Alors que le Conan vient tout juste de fêter ses quinze ans (on a même célébré son entrée dans l’âge bête avec un retour enthousiaste sur le film), c’est aujourd’hui un autre personnage créé par Robert E. Howard qui bénéficie d’une adaptation sur grand écran : Red Sonja. Alors, pour ceux qui l’ignoreraient, à l’origine, la nouvelle Sonya la Rouge de Robert Howard n’était pas un récit d’Heroic Fantasy, mais une histoire se situant en 1529, sur les remparts de Vienne assiégée par les Turcs. C’est sous l’impulsion de Marvel Comics dans les années 80 que le personnage Red Sonja se mit à évoluer durant l’âge hyborien, l’époque reculée et fictive des récits de Conan, en tant que guerrière barbare vêtue d’un bikini en cotte de mailles.

Déjà au centre du film Kalidor, la légende du talisman en 1985, Red Sonja revient donc aujourd’hui, quarante ans plus tard, dans une fresque low-budget devant la caméra de M.J. Bassett. Connue sous le nom de Michael J. Bassett jusqu’à son coming out transgenre en 2016, la réalisatrice avait déjà abordé l’univers très codifié de l’Heroic Fantasy et de Robert E. Howard avec Solomon Kane en 2009. Le choix de MJ Bassett pour mettre en scène les aventures d’une barbare en bikini argenté est intéressant – voilà en effet une cinéaste qui, par son expérience personnelle, adopte forcément un rapport particulier au corps, à la question du genre, et qu’on pourra difficilement taxer de sexisme. Une façon comme une autre pour les producteurs de se protéger en amont de toute accusation de phallocratie galopante. Époque oblige, le scénario du film a également été confié à une femme, et s’avère signé Tasha Huo, plutôt experte dans le domaine de la Fantasy autant que des récits au féminin, puisqu’elle faisait partie des équipes de scénaristes ayant donné vie aux séries Netflix The Witcher et Tomb Raider : La Légende de Lara Croft. Autant dire donc que si vous vous attendiez à retrouver le spectacle bourrin, viril et gentiment décomplexé du Conan de Marcus Nispel, vous risquez d’en être pour vos frais !

Reste que la nature même de Red Sonja est de nous proposer de suivre les aventures d’une guerrière en bikini qui, dans le récit d’origine (une nouvelle d’une soixantaine de pages), n’était qu’un personnage secondaire présenté au lecteur par le regard de son héros Gottfried von Kalmbach, qui lorgnait « avec une admiration non dissimulée le splendide renflement des seins de la jeune femme sous la cotte de mailles souple, la courbe de ses hanches pleines et ses membres ronds ». Le choix de la maigrichonne Matilda Lutz (remarquée dans Revenge et A Classic Horror Story) pourra ainsi faire crier les puristes au scandale, mais trève de considérations généralistes et attaquons-nous donc au film à proprement parler – une hache dans chaque main.

La première chose qui saute aux yeux à la découverte de ce Red Sonja cuvée 2025, c’est que ses moyens limités ne l’empêchent absolument pas d’avoir des ambitions. Certes, on sent régulièrement le budget serré, notamment dans les effets numériques, les fonds verts ou dans quelques décors qui auraient mérité quelques billets supplémentaires, mais il y a derrière tout cela un véritable soin et, surtout, une passion communicative. Les décors ont beau être parfois cheap, ils ne sont jamais bâclés. On sent que chaque pierre en carton pâte, chaque créature ou décor en CGI, chaque tenture, chaque morceau de fourrure 100% synthétique, chaque morceau d’armure a été choisi avec l’envie de fabriquer un véritable univers d’Heroic Fantasy en mode comic book. Car Red Sonja assume pleinement son statut de bande dessinée vivante. Les couleurs, les costumes, les affrontements, les créatures et même certaines situations semblent directement sortir des pages d’une BD de notre enfance.

Derrière la caméra, MJ Bassett ne cherche pas spécialement à donner à son film une patine réaliste ou pseudo-prestigieuse : elle fonce, elle enchaîne les péripéties et privilégie le mouvement. Résultat, l’ensemble est étonnamment fun et surtout très rythmé. Il y a toujours quelque chose à regarder, quelque chose à cogner ou quelqu’un à envoyer valser contre un mur. Et quand Red Sonja commence à sortir ses épées, ses monstres et ses grosses bastons, on retrouve cette délicieuse sensation de retrouver un cinéma d’aventures qui ne demande pas au spectateur de prendre des notes pour comprendre les enjeux géopolitiques de son univers. C’est d’autant plus clair que le scénario de Tasha Huo tiendrait au dos d’une carte au trésor : une méchante blondasse (Wallis Day), une guerrière qui doit sauver son peuple, quelques compagnons de route, des trahisons, des combats et tout ce qu’il faut de magie pour mettre un peu de poudre féerique sur cette bonne vieille mécanique d’Heroic Fantasy. Mais là encore, le film a l’intelligence de ne pas s’attarder inutilement. Red Sonja avance, cogne et repart aussi sec. De l’aventure, des épées, des bestioles, des armures, des paysages vaguement exotiques et une héroïne qui n’a pas spécialement envie de négocier : le cahier des charges est rempli avec une belle bonne humeur.

Même si elle ne collait à priori pas physiquement au personnage, Matilda Lutz s’en sort avec suffisamment d’énergie pour porter le film sur ses épaules. Elle n’essaie pas de singer les interprétations bodybuildées de l’ancienne école et compose une Sonja plus agile, plus nerveuse, mais parfaitement crédible lorsqu’il s’agit de distribuer des coups de lame. Une approche finalement assez cohérente avec cette nouvelle incarnation du personnage : Red Sonja n’est pas là pour reproduire à l’identique le film de 1985, mais pour remettre la guerrière au goût du jour d’une époque post-MeToo sans non plus totalement lui retirer son ADN (le bikini en cote de mailles est bien de la partie, le temps d’une séquence). A ses côtés, on notera la présence de Robert Sheehan (Klaus dans Umbrella Academy) et surtout de Rhona Mitra (Doomsday, Underworld 3…). Même si sa présence est beaucoup trop courte, difficile de ne pas pousser un petit cri de joie en la découvrant à l’écran. Dix ans après Chasse à l’homme 2, la comédienne revient dans un univers qui lui va toujours aussi bien et dont elle semble connaître instinctivement les codes. Elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour imposer sa présence : quelques plans et deux, trois lignes de dialogues suffisent pour rappeler à quel point elle possède cette gueule et cette stature capables de donner instantanément un peu plus de poids à ce genre d’aventure.

Au final, Red Sonja est donc une sympathique petite surprise de série B du samedi soir. Il serait évidemment assez facile de lui reprocher ses effets spéciaux parfois approximatifs, certaines facilités scénaristiques ou ses moyens financiers visibles à l’écran. Mais ce serait passer à côté de ce qui fait son charme. Car derrière chaque décor un peu fauché, chaque créature numérique pas toujours très convaincante et chaque bataille montée avec les moyens du bord, il y a une équipe qui semble sincèrement heureuse de fabriquer une aventure d’Heroic Fantasy. Et cette sincérité finit par être contagieuse. Ce Red Sonja n’est ni un nouveau Conan, ni un blockbuster destiné à révolutionner le genre, ni même un très bon film non plus, hein, soyons honnête… Mais c’est simplement une bonne vieille aventure de fantasy généreuse, colorée, bourrine juste ce qu’il faut et suffisamment consciente de son ADN comic-book pour ne jamais se prendre plus au sérieux que nécessaire.

Le Blu-ray

[4/5]

Édité en France par Metropolitan Film & Video, ce nouveau Red Sonja débarque sur Blu-ray dans une édition qui fait plutôt joliment le boulot. Pas de Blu-ray 4K Ultra HD au programme ici, mais un bon vieux Blu-ray qui, sur un film aussi coloré et chargé en décors, costumes et créatures numériques, a largement de quoi faire valoir ses arguments. L’image bénéficie d’une définition particulièrement convaincante. Les contours sont nets, les textures des costumes, des armures et des décors ressortent avec une précision appréciable et les visages conservent une belle quantité de détails, même dans les scènes plus sombres. Les différents environnements traversés par Sonja profitent eux aussi d’une profondeur satisfaisante, qu’il s’agisse des intérieurs, des paysages ou des décors plus artificiels construits autour de nombreux effets numériques. Les couleurs sont généreuses sans partir dans tous les sens, avec notamment des rouges particulièrement flatteurs – difficile de ne pas penser à la chevelure de notre héroïne – et une belle restitution des teintes métalliques des armes et armures. Les noirs sont suffisamment solides pour permettre aux nombreuses séquences nocturnes de conserver leur lisibilité et les contrastes restent bien maîtrisés. Côté son, Metro nous propose deux pistes DTS-HD Master Audio 5.1, en français comme en anglais. Et autant mettre tout de suite les deux versions sur un pied d’égalité : la VF ne constitue absolument pas une solution au rabais et s’avère parfaitement convaincante. Les dialogues sont nets, bien positionnés et toujours parfaitement intelligibles, tandis que les effets sonores bénéficient d’une dynamique appréciable. Les coups d’épée claquent, les affrontements gagnent en ampleur et les différents environnements profitent d’une utilisation discrète mais efficace des canaux arrière. La musique trouve elle aussi suffisamment d’espace pour accompagner les scènes d’action sans venir écraser les dialogues. La VO affiche sensiblement les mêmes qualités et pourra simplement sembler un chouïa plus naturelle dans l’intégration des voix au sein de l’ambiance générale. Bref, du solide, du propre et suffisamment musclé pour que les amateurs de sabres et de bastons ne restent pas sur leur faim.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord une large sélection d’images du tournage (23 minutes). Pas de voix off, pas de déluge de commentaires : on regarde les comédiens et l’équipe technique travailler, répéter les mouvements, préparer les plans et mettre en place les séquences physiques. Une approche presque documentaire qui colle finalement assez bien à l’esprit du film. On y découvre la mécanique d’une production où les moyens ne sont manifestement pas ceux d’un blockbuster hollywoodien, mais où tout le monde semble mettre la main à la pâte pour donner vie aux décors, aux combats et aux différentes créatures. Un supplément assez fascinant, qui aurait sans doute gagné à être encore plus long, mais qui offre un sympathique regard en coulisses. On continuera ensuite avec une featurette (8 minutes) beaucoup plus classique : interviews, présentation du projet, retour sur l’univers et intervention de quelques membres de l’équipe… On est clairement dans le matériel promotionnel traditionnel destiné à accompagner la sortie du film. Rien de révolutionnaire donc, mais l’ensemble reste agréable à regarder et permet de compléter les images du tournage en apportant davantage de contexte sur la fabrication du long-métrage et ses intentions de l’équipe. Enfin, on terminera avec une poignée de bandes-annonces éditeur : Solomon Kane, In the Lost Lands, Conan et Ballerina.

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