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À revoir sur Paramount+ : Black Rain

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Black Rain

États-Unis, Japon : 1989
Titre original : –
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Craig Bolotin, Warren Lewis
Acteurs : Michael Douglas, Andy Garcia, Kate Capshaw
Distributeur : Paramount
Durée : 2h05
Genre : Thriller, Action
Date de sortie cinéma : 6 décembre 1989
Actuellement disponible sur Paramount+

Note : 4/5

Nick Conklin et Charlie Vincent, deux policiers de la Police de New York, capturent le yakuza Koji Sato. Ils sont chargés de le ramener au Japon pour qu’il y soit jugé. À peine atterri à Osaka, Sato réussit à s’enfuir. Déjà soupçonné de corruption, Nick est accusé d’avoir laissé s’enfuir le suspect. Il doit alors le retrouver pour se blanchir. Avec l’aide de l’inspecteur japonais Masahiro Matsumoto, Nick et Charlie découvrent le Japon et s’attaquent à la pègre locale…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Black Rain commence mal. Michael Douglas, le roi de la sape, avec son perfecto de Boomer ringard, participe à une course de motos underground dans le New York de la fin des années 80. Étant donné que Michael Douglas est aussi convaincant en motard que ma couille gauche dans le rôle de mon pied, le spectateur rencontre d’entrée de jeu quelques problèmes pour pleinement « entrer » dans l’intrigue. Heureusement, la suite du métrage est d’un autre calibre, et rappellera parfois, avec ses flics troubles et son ambiance réaliste fortement teintée de bœufs-carottes, les atmosphères que l’on retrouvera plus tard chez Michael Connelly dans ses romans, même si l’action se déroule ici à New York puis au Japon plutôt qu’à Los Angeles. Très vite, Ridley Scott délaisse cette introduction un peu embarrassante pour installer un polar autrement plus solide, où les notions d’honneur, de loyauté et de responsabilité prennent progressivement le pas sur la simple enquête policière.

Black Rain, c’est donc le récit des amours contrariées de Michael Douglas et Andy Garcia au pays du Soleil-Levant. Fortement teinté d’homo-érotisme (les deux mâles s’appellent tout le temps « ma puce »), le film de Ridley Scott est un film d’homme(s), sans concession, dans lequel l’amitié virile surpasse tout autre sentiment humain. Même le flic japonais incarné par Ken Takakura finit par abandonner son métier, son mode de vie (sa culture?) pour rejoindre Douglas dans sa quête de vengeance, tout ça en laissant plus ou moins l’impression au spectateur d’assister à un spectacle efficace et point trop manichéen. Un bel exploit. Car si les différences culturelles constituent bien le moteur du récit, Ridley Scott évite soigneusement d’opposer de façon simpliste Orient et Occident. Chacun des protagonistes apprend au contact de l’autre, et derrière la confrontation des méthodes policières se dessine une réflexion assez fine sur le respect, le sens du devoir et les compromis qu’impose parfois la justice.

D’un point de vue formel, le réalisateur des Duellistes s’éclate à imposer au spectateur des séquences spectaculaires et impactantes, prenant place dans un Japon à la Blade Runner (tous néons dehors) où il peut laisser libre cours à son indéniable sens du cadre. Revoir aujourd’hui Black Rain en Haute-Définition permet d’ailleurs de mesurer à quel point son esthétique a durablement marqué le cinéma des années 90, jusque dans certaines ambiances urbaines que l’on retrouvera plus tard dans The Crow d’Alex Proyas. Les rues détrempées, les enseignes lumineuses, les usines crachant leur fumée et les immenses complexes industriels composent un décor fascinant, presque futuriste, qui donne au film une identité visuelle immédiatement reconnaissable. S’enchaînent donc sans temps mort un défilé de scènes impressionnantes, desquelles on retiendra principalement la mort d’Andy Garcia et les brutaux gunfights prenant place à la fin du métrage.

Mais au-delà de son efficacité immédiate, Black Rain impressionne surtout par sa capacité à marier le cinéma d’action musclé de la fin des années 80 avec le perfectionnisme esthétique de Ridley Scott. Cette alliance entre violence sèche, élégance visuelle et personnages constamment tiraillés entre leurs convictions et leurs failles fait du film bien davantage qu’un simple polar exotique. Plus de trente-cinq ans après sa sortie, il conserve une étonnante puissance d’évocation et reste l’un des thrillers les plus injustement sous-estimés de la filmographie de son réalisateur. A revoir sur Paramount +.

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