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Critique Express : Si tu penses bien

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Si tu penses bien 

France, Belgique : 2026
Titre original : –
Réalisation : Géraldine Nakache
Scénario : Géraldine Nakache, David Lambert
Interprètes : Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié
Distribution : Pan Distribution
Durée : 1h34
Genre : Drame
Date de sortie : 16 septembre 2026

2.5/5

Synopsis : Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…

L’emprise conjugale qu’un pervers narcissique fait subir à celle qu’il a épousée, l’autre volet de la violence conjugale, celle qui ne se traduit pas par des coups mais par la destruction psychologique de la victime : un sujet important que le cinéma mondial a déjà abordé mais qui mérite largement d’être davantage exposé dans les salles obscures. On connait plus ou moins bien le fonctionnement d’un couple dans lequel sévit un pervers narcissique. En tout cas, au cinéma, le couple se construit très banalement sur une rencontre dans laquelle un amour qui semble sincère est bel et bien présent. C’est ce qui se passe entre Gil et Jacques lorsqu’ils se rencontrent à Dubaï. C’est après que les choses se gâtent, lorsque le pervers narcissique se met à manipuler son épouse, à faire en sorte de l’isoler, à en faire sa chose, une femme ne vivant pas avec lui mais pour lui. Dans l’exercice de ce contrôle, Jacques va alterner des phases au cours desquelles il va se montrer culpabilisateur, d’autres enjôleur, d’autres jaloux, d’autres paranoïaque, etc. Il pourra même parfois se montrer ouvert au dialogue et faire croire qu’il accepte la contradiction. Tout autant que les accusations dont elle est l’objet, c’est ce jeu de balancier émotionnel qui tourneboule Gil. Par rapport à ce qu’on a déjà vu sur le sujet, Géraldine Nakache a ajouté un élément, la religion, la religion juive en l’occurrence. Le titre du film, Si tu penses bien, pourrait être prolongé par « tout ira bien ». Quand on sait combien les religions en général et la religion juive en particulier sont loin d’être des parangons en matière de féminisme, on augure facilement ce que l’emploi de leurs préceptes peut apporter à un pervers narcissique !

On connait le goût de Géraldine Nakache pour … tout ce qui brille. C’est encore le cas avec Si tu penses bien : rencontre à Dubaï, logement immense et luxueux. Il y sûrement des pervers narcissiques chez les populations très friquées, qui sait peut-être même plus que chez les autres, mais on aurait sûrement davantage adhéré à ce que raconte le film si l’action s’était déroulé dans un environnement plus proche de ce que nous connaissons. En plus, il faut reconnaitre que la première moitié de Si tu penses bien n’arrive pas à convaincre, principalement du fait d’une narration particulièrement confuse. Heureusement, la deuxième moitié du film est d’un autre calibre sans pour autant atteindre les plus hauts sommets. Contrairement à ses réalisations précédentes, Géraldine Nakache a choisi de ne pas apparaître dans Si tu penses bien. Pour interpréter le couple Gil et Jacques, elle a reconstitué celui formé de Marie et Nicolas dans Les amours imaginaires de Xavier Dolan. Monia Chokri (Gil) vient de se voir décerner le Valois de la meilleure actrice lors du très récent Festival du film francophone d’Angoulême. Quant à Niels Schneider (Jacques), on l’avait quitté particulièrement maigrichon dans L’inconnue, on le retrouve en meilleure forme physique, et totalement haïssable,  dans Si tu penses bien. 

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