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De retour en salles au mois de juillet 2026

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Le Tombeau des lucioles © 1988 Studio Ghibli / Shinchosha / Toho / Sony Pictures Entertainment France Tous droits réservés

Comme tous les ans, le mois de juillet représente la haute saison en termes de films en reprise. Ce début d’été 2026 ne déroge point à la règle, puisqu’une vingtaine de longs-métrages anciens ressortiront sur grand écran au rythme des cinq mercredis que compte le mois. Mieux encore, aux deux extrémités, le 1er et le 29 juillet donc, nous avons l’embarras du choix entre deux de nos films de chevet, d’incontestables chefs-d’œuvre du cinéma, avec Le Tombeau des lucioles de Isao Takahata et Lawrence d’Arabie de David Lean ! Entre ces deux repères suprêmes, les propositions intéressantes de cinéma ne manquent pas, même s’il vous faudra une certaine endurance physique pour arriver jusqu’au bout de certaines d’entre elles … En effet, quatre de ces films dépassent une durée de trois heures, avec carrément plus de quatre heures de violence sanguinolente pour la version complète du Kill Bill de Quentin Tarantino.

Alors que les grands rendez-vous annuels de la cinéphilie nostalgique – les festivals de Bologne et de La Rochelle – sont désormais derrière nous et que le temple parisien du cinéma d’antan – la Cinémathèque Française – fermera déjà la porte de ses salles dans une dizaine de jours, il y a de quoi se réjouir de la richesse et de la variété des reprises ce mois-ci. Ceci dit, mieux vaut avoir un faible pour le cinéma asiatique au sens large en ce mois de juillet 2026, puisque près de la moitié des films soigneusement restaurés nous viennent de ce continent-là, soit du Japon, soit de la Corée du Sud ou bien de l’Inde. Sinon, vous aurez également droit à une intégrale Jacques Tati, à un Hitchcock plutôt mineur et à une mini-rétrospective de films noirs de la première moitié des années 1950.

Le Bon la brute et le cinglé © 2008 Han Se-jun / Barunson E&A / Grimm Pictures / CJ Entertainment / The Jokers Films Tous droits réservés

Chaque semaine, vous pourriez faire le grand saut en Asie, sans même quitter les fauteuils plus ou moins confortables de vos salles de répertoire préférées. Certes, nous trichons un peu en affirmant cela, puisque la semaine prochaine, le 8 juillet, seule la partie considérable de Kill Bill se déroulant au Japon fait office d’escale asiatique. Il n’empêche que dès aujourd’hui, vous aurez amplement de quoi vous dépayser, encore et toujours au Japon, grâce à Kwaïdan de Masaki Kobayashi et au Tombeau des lucioles de Isao Takahata. Prix du jury au Festival de Cannes en 1965 et présenté dans sa version 4K restaurée sélectionnée à Venezia Classici l’année dernière, le premier est une histoire de fantômes en quatre volets, distribuée par Carlotta Films. Le deuxième avait mis un certain temps avant de sortir initialement en France, en 1996. Qu’à cela ne tienne, le trentième anniversaire de sa sortie hexagonale est un prétexte comme un autre pour la branche française de Sony de faire redécouvrir l’un des films les plus tristes et les plus sublimes de l’Histoire du cinéma !

Dans quinze jours, au lendemain de la Fête nationale et donc au début du trou traditionnel de l’été, le distributeur The Jokers poursuit sa valeureuse mise en avant du cinéma asiatique, ponctuée plus tôt cette année par une intégrale des films de Wong Kar-Wai et un cycle en trois films dédié à Shohei Imamura. Cette fois, il s’agit de l’une des œuvres maîtresses qui avaient contribué grandement à rendre le cinéma sud-coréen si populaire dans les années 2000. Au croisement du western et de l’épopée orientale, porté par la mise en scène virtuose de Kim Jee-woon et les interprétations du trio d’acteurs diabolique formé de Song Kang-ho, Lee Byung-hun et Jung Woo-sung, Le Bon la brute et le cinglé ressortira dans sa version coréenne d’origine, de six minutes plus longue que la version internationale. Il nous a malheureusement été impossible de confirmer avec certitude que quatre autres films de Kim Jee-woon ressortiront dans la foulée chez le même distributeur la semaine suivante.

Encore une semaine plus tard, le 22 juillet, le morceau de résistance de ce mois placé sous le signe du cinéma asiatique sortira sur les écrans. D’abord à travers l’anime Cowboy Bebop Le film de Shinichiro Watanabe chez Splendor Films, a priori bien plus proche de la série d’origine de la fin des années ‘90 que la série avec John Cho sortie sur Netflix en 2021. Puis, le distributeur Eurozoom, plutôt spécialisé dans le cinéma d’animation japonais, nous gâte avec la rétrospective la plus originale et pointue du mois ! Car qui, en dehors des experts absolus du cinéma nippon, a déjà entendu parler du réalisateur Yoshimitsu Morita (1950-2011) ? Une lacune que vous pourrez facilement combler par le biais des quatre films inédits du cycle, tournés entre 1984 et 2007. Ils nous fournissent le genre de portrait de la vie sociale et sentimentale au Japon que l’on voit rarement sur les écrans de cinéma français.

Enfin, le cinéma indien contemporain sort les gros moyens avec RRR de S.S. Rajamouli. Son épopée coloniale survoltée était sortie une première fois au cinéma en France en mars 2022 en simultané de sa sortie mondiale, dans le cadre confidentiel et éphémère des projections destinées aux membres de la diaspora indienne en France. Après sa reconnaissance à travers le monde bien au-delà de ce cercle de spectateurs restreint, qui s’était soldée entre autres par l’Oscar de la Meilleure chanson pour « Naatu Naatu » en 2023 et le prix du Meilleur réalisateur de la part des critiques de New York, Carlotta Films le ressort en bonne et due forme le 29 juillet. C’est-à-dire un mois, jour pour jour, après la sortie événementielle chez le même distributeur de Eega La Mouche vengeresse, un film précédent de Rajamouli.

Kill Bill The Whole Bloody Affair © 2004 Andrew Cooper / A Band Apart / Super Cool ManChu / Miramax / Studiocanal Tous droits réservés

Juste après cette délégation d’envergure du cinéma asiatique, les films anglophones sont de même assez nombreux à partir à la conquête d’une nouvelle génération de spectateurs ce mois-ci. Les deux plus prestigieux parmi eux sont sans l’ombre d’un doute la version intégrale de Kill Bill et la version restaurée en 4K de Lawrence d’Arabie.

La croisade de vengeance de la mariée, laissée pour morte le jour de son mariage, était sortie d’abord en deux films distincts dans les salles obscures françaises, respectivement fin novembre 2003 et à la mi-mai 2004. Et alors que les fans inconditionnels des prouesses de Uma Thurman dans son rôle le plus emblématique se sont certainement déjà faits des séances intégrales chez eux, la sortie cinéma de cette version définitive se faisait attendre. Ce sera très bientôt chose faite, la semaine prochaine chez Studiocanal. Le seul bémol est qu’il faudra quand même une certaine dextérité physique pour tenir pendant une séance de cinéma de plus de quatre heures et demie … !

Pour une durée de film légèrement inférieure, mais pas de beaucoup, les exploitants des années 1960 avaient eu recours à un entracte musical, le temps de permettre au public de faire un tour aux toilettes et de racheter du pop-corn. C’est sous cette forme que nous revient l’un de nos films préférés de tous les temps, la splendeur parmi les splendeurs, Lawrence d’Arabie de David Lean. Un grand merci au distributeur Les Acacias de nous ressortir dans toute sa beauté visuelle renversante ce chef-d’œuvre à la distribution hors pair ! Notre seule inquiétude à son sujet serait qu’une nouvelle canicule hypothétique fin juillet nous cloue chez nous et – hélas plus probable – qu’aucune salle parisienne avec un écran à la taille imposante ne le programme.

Les Films de l’Atalante compte parmi ces petits distributeurs coriaces, qui sortent un nombre réduit de films par an, toujours à l’affût de nouveaux talents et en dehors des circuits destinés à une rentabilité accrue. Bref, c’est une société à l’esprit indépendant comme on les aime. Toutefois, on ne la connaissait pas encore en tant que distributeur de films de patrimoine. Elle se lance donc ce mois-ci avec une rétrospective en trois films, étalée sur trois mercredis du 8 au 22 juillet, qui appartiennent tous au film noir au sens large. Dans ces films de genre solides, quoique pas forcément exceptionnels, on croisera des vedettes d’une autre époque en la personne de Joan Crawford dans Le Masque arraché de David Miller, Bette Davis dans Jezebel de Irving Rapper – à ne pas confondre avec le film de William Wyler du même nom qui lui avait valu son deuxième Oscar de la Meilleure actrice en 1939 et qui porte le titre français L’Insoumise – et Dirk Bogarde dans L’Assassin s’était trompé de Lewis Gilbert.

Enfin, que serait un été de ressorties de films sans Alfred Hitchcock ? Le maître du suspense nous revient le 15 juillet chez Park Circus France avec la première de ses trois collaborations avec son actrice attitrée Grace Kelly. Et au demeurant aussi la moins palpitante, puisque la 3D laborieuse et l’aspect très théâtral de l’intrigue ont fait tomber Le Crime était presque parfait plus ou moins dans l’oubli. À voir si une nouvelle chance donnée au film sur grand écran nous permettra de réviser notre opinion faiblement positive, acquise lors de sa découverte à la télévision il y a fort longtemps.

Playtime © 1967 Jolly Films / Specta Films / Les Films de Mon Oncle / Carlotta Films Tous droits réservés

Ce programme de ressorties du mois de juillet ressemble un peu à l’ordre mondial actuel, où les États-Unis et la Chine occupent le devant de la scène, en ne laissant que des miettes aux autres nations, vous ne trouvez pas ? La part européenne est certes légèrement plus consistante qu’une misérable peau de chagrin, mais de justesse. Ainsi, dès aujourd’hui chez Les Films du Camélia vous pourrez vous plonger dans un étrange mélodrame romantique de la fin des années 1960 signé Giuseppe Patroni Griffi avec Jean-Louis Trintignant et Annie Girardot. Or, de Disons un soir à dîner, c’est surtout la musique entêtante de Ennio Morricone qui est passée à la postérité.

Non, pour sauver l’honneur du vieux continent – et avec panache, s’il vous plaît ! –, on ne pourra compter que sur l’intégrale du génie unique de la comédie burlesque Jacques Tati (1907-1982) qui sortira chez Carlotta Films dès le 15 juillet. En six films, Tati n’a pas seulement créé le personnage mythique de la comédie française Monsieur Hulot. Il a orchestré un univers personnel jamais égalé en termes d’inventivité stylistique et d’humour caustique. N’hésitez donc pas à vous régaler tout l’été en revoyant avec délice des chefs-d’œuvre tels que Les Vacances de Monsieur Hulot, Mon oncle – Oscar du Meilleur Film étranger en 1959 – et Playtime !

Cowboy Bebop Le film © 2001 Destination Films / Sunrise Inc. / Bones Inc. / Bandai Visual / Tristar Pictures / Park Circus / Splendor Films
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