Marty Supreme
États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Josh Safdie
Scénario : Josh Safdie, Ronald Bronstein
Acteurs : Timothée Chalamet, Odessa A’zion, Gwyneth Paltrow
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 2h31
Genre : Biopic
Date de sortie cinéma : 18 février 2026
Date de sortie DVD/BR/4K : 19 juin 2026
Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible…
Le film
[3/5]
A la découverte de la bande-annonce de Marty Supreme, vous vous étiez peut-être dit « Chouette, un film de ping-pong ! », en imaginant un récit d’underdog à la Rocky rythmé par de spectaculaires séquences de matchs de tennis de table. Monumentale erreur – Josh Safdie nous propose ici un tout autre film. Oscillant entre la chronique nerveuse et le portrait d’un rêveur qui s’accroche à ses illusions, Marty Supreme explore bien davantage la tension entre ambition et désillusion que l’univers du ping-pong ou le frisson du sport.
Marty Supreme suit donc la trajectoire d’un personnage qui semble constamment en équilibre instable, et cette instabilité se reflète dans la mise en scène de Josh Safdie, qui alterne de façon un peu branlante plans serrés étouffants et respirations plus amples, comme si le film cherchait lui-même son propre rythme. Le film avance par à-coups, comme si son propre cœur hésitait à battre trop fort ; cette hésitation lui confère d’ailleurs une identité singulière, tantôt touchante, tantôt un peu frustrante.
De la même façon, formellement, Marty Supreme oscille entre énergie brute et moments suspendus. Le film joue avec la lumière, laissant filer des éclats magnifiques avant de retomber dans une grisaille volontaire. Cette alternance crée une texture visuelle intéressante, même si elle manque parfois de cohérence. Mais cette incohérence sert aussi le propos : le personnage principal navigue dans un monde où tout semble à la fois trop grand et trop petit, trop bruyant et trop silencieux. Josh Safdie capte cette contradiction avec une sincérité désarmante.
Par conséquent, il n’y a rien d’étonnant non plus à ce que le scénario de Marty Supreme nous donne l’impression d’avancer en zigzag. Cette fantaisie narrative (doublée d’une nette inclinaison à partir dans des espèces de digressions inutiles mais parfois amusantes) est cependant vite rattrapée par la précision des scènes intimistes, où Josh Safdie laisse ses acteurs respirer. Dans ces moments, portés par le talent de – entre autres – Timothée Chalamet et Gwyneth Paltrow, le film touche du doigt une certaine vérité : celle de personnages qui tentent de se comprendre eux-mêmes avant de comprendre le monde.
Marty Supreme explore donc la solitude moderne, l’obsession de la réussite, et la difficulté de trouver sa place dans un environnement saturé de bruits, d’images et d’attentes contradictoires. En parallèle, il aborde aussi la question de l’identité, de la réussite fantasmée, et de la pression sociale qui transforme les rêves en fardeaux. Le film tente parfois trop de choses à la fois, mais cette dispersion raconte aussi la confusion intérieure du protagoniste. En filigrane, une réflexion plus large se dessine : celle d’une époque où l’on confond souvent visibilité et accomplissement – une idée qui résonne avec les préoccupations contemporaines du streaming et des réseaux. Vous admettrez qu’on est loin du tournoi de ping-pong !
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Le Blu-ray 4K Ultra HD de Marty Supreme édité par Metropolitan Film & Video nous arrive dans un SteelBook qui attire l’œil comme un néon perdu dans une ruelle sombre. Le boîtier métallique, élégant, reflète parfaitement l’esthétique urbaine du film. Le film bénéficie ici d’une présentation soignée, presque luxueuse, qui contraste avec l’énergie brute de l’œuvre. L’image HDR10 et Dolby Vision du Blu-ray 4K Ultra HD révèle une palette très riche : les rouges éclatent, les bleus vibrent, et les scènes nocturnes gagnent en lisibilité sans trahir l’intention de Josh Safdie. Les contrastes sont nets, les noirs profonds, et les détails du grain numérique apparaissent avec une précision chirurgicale. Côté son, on a carrément droit à des mixages Dolby Atmos en VF et en VO, tous deux solides et enveloppants. La version originale conserve une légère finesse supplémentaire dans les ambiances urbaines, mais la version française offre une spatialisation ample, des dialogues clairs et une dynamique parfaitement adaptée aux scènes les plus nerveuses. Les basses sont maîtrisées, les effets d’ambiance bien répartis, et la musique de Daniel Lopatin profite d’une ampleur remarquable. Marty Supreme trouve ainsi un équilibre sonore rare, respectueux des intentions du réalisateur.
Côté suppléments, on commencera avec un commentaire audio de Josh Safdie (VOST), qui constitue probablement la pièce maîtresse de la section interactivité : on y apprendra un flot d’informations sur la mise en scène, les influences, les choix de casting, les décors, la photographie et les thématiques du film. On continuera avec un making of (20 minutes), qui nous propose un aperçu intéressant du tournage, avec des interventions de Josh Safdie, Daniel Lopatin, Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Kevin O’Leary et Tyler Okonma. Le test caméra de Timothée Chalamet et Gwyneth Paltrow (4 minutes), commenté par Safdie, offre un regard fascinant sur la construction de leur alchimie. Enfin, une featurette promotionnelle (9 minutes), la bande-annonce et une sélection de bandes-annonces éditeur complètent l’ensemble.





















