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Critique Express : André is an idiot

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André is an idiot

USA : 2025
Titre original : –
Réalisation : Tony Benna
Scénario : Tony Benna
Interprètes : André Ricciardi, Janice Ricciardi, Lee Einhorn, Tommy Chong
Distribution : Originals Factory
Durée : 1h28
Genre : Documentaire, Biopic, Comédie
Date de sortie : 1er juillet 2026

3.5/5

Synopsis : Éternel impertinent, André s’est défilé devant la coloscopie. Il va apprendre à mourir heureux et ridicule, sans jamais perdre son sens de l’humour.

N’oubliez pas votre coloscopie de contrôle !

Malgré les deux récompenses que ce film a obtenues au Festival de Sundance 2025, André is an idiot risque de rencontrer un problème important : Il est possible, voire probable, que le fait de savoir peu ou prou ce qu’il raconte risque de détourner un certain nombre de spectateurs des salles qui le projettent, ce qui s’avérerait fort regrettable tant pour les spectateurs ayant renâclé devant ce qu’ils ont pris, à tort, pour un obstacle que pour toutes celles et tous ceux qui ont contribué à proposer ce film. Aussi, si jamais vous avez la chance de ne toujours rien savoir concernant ce film, un conseil : n’allez pas plus loin dans la lecture de cette critique et allez voir André is an idiot. Il y a fort à parier que vous ne le regretterez pas car ce sujet qui aurait pu vous faire peur est traité avec un humour décapant et le résultat est souvent très drôle. Il sera toujours temps de reprendre, éventuellement, la lecture de cette critique. Oui, le sujet du film peut paraitre particulièrement lourd : il s’agit de suivre les derniers mois de la vie d’un homme qui va mourir, qui sait pertinemment qu’il va mourir. Cet américain, André Ricciardi, se considère lui-même comme étant un idiot parce qu’il n’a pas suivi les recommandations des organismes de santé américains : faire une coloscopie lorsqu’on atteint 50 ans. Résultat : quelques mois après ce passage des 50 ans, il se retrouve atteint d’un cancer colorectal de stade 4. Il n’est pas interdit de penser que c’est même beaucoup plus tôt qu’il aurait dû faire cette coloscopie, mais, en tout cas, cette annonce est pour lui la notification d’une mort prochaine. Que faire ? Que faire de ce qui lui reste à vivre ? André Ricciardi n’a jamais été monsieur « Tout Le Monde ». Publicitaire aux propositions très souvent décalées et/ou provocatrices, parfois farfelues, parfois géniales, il a passé les 50 premières années de sa vie dans l’autodérision, dans l’humour, voire, très souvent, dans la grosse poilade. Dans l’alcool et un certain nombre de drogues, également. Eh bien, autant continuer !!! Et, pour commencer, devenir le sujet d’un film réalisé par un ami, Tony Benna, relatant cette courte période qui lui reste à vivre.

Un film qui commence par repartir en arrière en relatant comment ce qui devait être pour Janice, une canadienne, un mariage blanc lui permettant de régulariser sa situation aux États-Unis, est devenu un véritable mariage d’amour donnant naissance à 2 filles, Tallula et Delilah. Janice, Tallula, Delilah, André Ricciardi sait qu’il va les abandonner, et lui qui a fait sienne l’affirmation du philosophe Alain comme quoi « la peur de mourir est bien pire que la mort » ne concède qu’une peur : celle qu’il ressent pour celles et ceux qu’il va laisser derrière lui. D’autres proches qu’il va abandonner nous sont présentés dans le film : son père, un homme discret, trop discret pour apparaître dans le film souhaité par André et qui est interprété par le comédien Tommy Chong, quasiment un sosie, et qui, lui, en plus, a survécu à un cancer colorectal ; Nick, son frère ainé, qui dit d’André qu’il a toujours voulu tout faire à sa sauce, y compris mourir ; et Lee Einhorn, son meilleur ami, avec qui André va partir méditer dans le désert californien. Entre l’annonce faite à  André Ricciardi  de son cancer de stade 4 et son décès, 40 mois vont s’écouler. De ces 40 mois d’une situation très lourde, Tony Benna et André Ricciardi ont tiré un film exempt de tout pathos, un film sincère et généreux, émouvant et drôle. Contrairement à l’aspect physique d’André qu’on voit se détériorer progressivement, avec son visage qui se creuse et son corps qui devient de plus en plus décharné, sa boite à idées loufoques va continuer à fonctionner jusqu’au bout : lui qui avait les cheveux longs et qui se met à les perdre du fait de ses séances de chimio, pourquoi ne pas les utiliser pour confectionner des petits personnages ? Imaginer une nouvelle naissance en faisant imprimer son génome ou en procédant à une cryogénisation ; imaginer un suicide assisté en ingurgitant du Destop ; s’entrainer à pousser le cri de la mort en se rendant sur deathyells.com (« Votre cri de la mort sera la dernière chose que les gens entendront avant votre décès ») ; etc. .Cerise sur le gâteau, Tony Benna nous fait profiter de ses compétences en matière d’animation en stop motion pour nous proposer quelques saynètes drolatiques mettant en scène le personnage d’André. Une précision : la voix qu’on entend dans la version française est celle de Kyan Khojandi, Monsieur « Bref ».

https://www.youtube.com/watch?v=ejuGxbSqByY

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