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Test Blu-ray : Piranha 2 – Les Tueurs volants

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Piranha 2 – Les Tueurs volants

États-Unis, Pays-Bas, Italie : 1981
Titre original : Piranha Part Two – The Spawning
Réalisation : James Cameron
Scénario : James Cameron, Ovidio G. Assonitis, Charles H. Eglee
Acteurs : Tricia O’Neil, Steve Marachuk, Lance Henriksen
Éditeur : ESC Films
Durée : 1h34
Genre : Fantastique, Horreur
Date de sortie cinéma : 5 janvier 1983
Date de sortie DVD/BR : 18 mai 2026

Lorsque plusieurs personnes sont tuées au large d’une île des Caraïbes, Anne, monitrice de plongée, enquête et découvre qu’un banc de piranhas mutants est à l’origine de ces attaques…

Le film

[3,5/5]

Comédie horrifique américaine produite par Roger Corman et réalisée par Joe Dante, Piranhas s’inspirait évidemment du succès des Dents de la mer de Steven Spielberg. Le petit film quasi-parodique écrit par John Sayles remporta néanmoins un succès plutôt confortable en 1978, ce qui encouragea le producteur italien Ovidio G. Assonitis à remettre le couvert en 1981 avec Piranha 2 : les Tueurs volants. Ce qui est amusant, c’est que Piranhas avait ouvert les portes des studios Hollywoodiens à Joe Dante, et que cette suite fut confiée à James Cameron qui, de spécialiste des effets spéciaux, passait ainsi réalisateur. Cameron était alors âgé de 27 ans.

En toute honnêteté, il ne nous viendrait pas à l’idée de qualifier le premier Piranhas de chef d’œuvre, mais dans le cas de Piranha 2 : les Tueurs volants, il conviendra de se montrer encore plus indulgent qu’avec l’original. Pour autant, le charme suranné de l’ensemble (ambiance 80’s, effets spéciaux bricolés mais sympathiques) pourra éventuellement agir sur les nostalgiques de cette époque révolue du cinéma fantastique. L’histoire ? Les piranhas sont en vacances dans un complexe touristique des Caraïbes et, parce que la nature – aidée par des expériences scientifiques militaires – aime les défis absurdes, ils peuvent désormais voler. Les cadavres commencent donc à fleurir sur la plage, constellés de petites morsures façon puzzle biologique. Lance Henriksen, dans la peau d’un flic fatigué mais volontaire, mène l’enquête pendant que les touristes continuent de se baigner tranquilou comme si de rien n’était.

On ne va pas se mentir : Piranha 2 : les Tueurs volants avance au ralenti, les scènes de meurtre sont molles comme des palmes en caoutchouc, et la promesse initiale s’évapore plus vite qu’un cocktail tiède oublié au soleil. Le tournage du film est réputé pour avoir été catastrophique, au point que James Cameron lui#même ne considère pas vraiment ce film comme le sien. Et honnêtement, ça se voit : rythme mollasson, mise en scène hésitante… Le film ressemble à un buffet où tout serait tiède : un peu de gore, un peu de vol plané, un peu de soleil et de filles dénudées, mais rien qui s’assemble vraiment. Et pourtant, malgré tout ce bazar aquatico-aérien, Piranha 2 : les Tueurs volants conserve une petite chaleur inattendue, comme ces films qu’on attrape par hasard à la télé un soir d’été et qu’on regarde jusqu’au bout sans trop savoir pourquoi.

Il y a dans Piranha 2 : les Tueurs volants une innocence bricolée, un enthousiasme de gamin qui aurait voulu faire un film de monstres avec trois bouts de ficelle, deux ventilateurs et un rêve un peu trop grand pour lui. Cette sincérité maladroite finit par attendrir : on sent les ambitions contrariées, les idées qui dépassent le budget, les effets spéciaux qui font ce qu’ils peuvent, mais aussi une vraie envie de divertir, de surprendre, de faire exister un monde où les poissons décident soudain de prendre leur envol comme si la gravité n’était qu’une suggestion. Et puis, bien sûr, il y a Lance Henriksen, solide comme un phare dans la tempête, qui donne au film une humanité inattendue. Son regard fatigué, sa détermination tranquille, tout cela apporte une douceur discrète au milieu du chaos. Même les piranhas volants, avec leurs ailes de fortune et leurs attaques improbables, finissent par devenir presque sympathiques, comme des créatures qui n’ont jamais demandé à être là mais qui font de leur mieux pour exister dans un film qui leur en demande beaucoup.

Alors oui, Piranha 2 : les Tueurs volants n’est pas un bon film au sens strict, mais il possède ce charme fragile des œuvres qui n’ont pas peur de se planter en beauté. On peut y voir un brouillon, un accident, un caprice de producteur… ou un petit morceau d’histoire du cinéma fantastique, témoin d’une époque où tout semblait possible, même des poissons qui volent au-dessus d’une plage des Caraïbes. Et rien que pour cette liberté un peu folle, cette naïveté touchante, ce parfum d’aventure fauchée mais sincère, le film de James Cameron mériterait presque qu’on lui laisse une chance.

Le Blu-ray

[4/5]

L’édition Combo Blu-ray + DVD proposée par ESC Éditions pour Piranha 2 : les Tueurs volants arrive dans un boîtier collector qui fait plaisir à voir : Digipack trois volets surmonté d’un fourreau cartonné, livret de 32 pages, affiche du film pliée façon souvenirs de vidéoclub, le tout emballé avec ce soin un peu fétichiste qu’ESC maîtrise depuis longtemps. L’objet en lui#même donne presque envie de pardonner d’avance les approximations du film, comme si Piranha 2 : les Tueurs volants retrouvait soudain une dignité inattendue sous son costume de série B tropicale. L’image issue du master 2K offre une stabilité appréciable : le grain est présent mais cohérent, les couleurs jamaïcaines retrouvent une chaleur légèrement passée, et les scènes nocturnes, souvent malmenées sur les anciennes éditions, gagnent en lisibilité. Rien de miraculeux, mais le film n’a jamais été un film conçu pour briller techniquement ; cette copie lui rend au moins justice. Côté son, ESC nous propose une VO et une VF en DTS-HD Master Audio 1.0, et les deux pistes se défendent avec une honnêteté presque touchante. La VF conserve ce charme typique des doublages du début des années 80, avec des voix un peu trop propres pour l’ambiance moite du récit, mais parfaitement intelligibles. La VO, plus brute, laisse respirer les ambiances de plage, les moteurs de bateaux et les cris paniqués des figurants, mais sans jamais écraser la VF. Piranha 2 : les Tueurs volants n’est pas un festival sonore, mais les deux mixages tiennent la route, chacun avec sa personnalité, et aucun ne mérite d’être relégué au second plan. L’ensemble reste modeste, mais cohérent, et c’est finalement ce qu’on attendait.

En revanche, là où cette édition ESC devient réellement précieuse, c’est dans ses suppléments, étonnamment généreux pour un film que son propre réalisateur préférerait oublier. On commencera avec la fameuse version alternative « US Embassy LaserDisc » (1h24), un montage plus court, plus resserré, débarrassé de quelques scènes de nudité et d’humour, et qui propose une vision plus sérieuse du film. Cette version, présentée en SD, n’en reste pas moins passionnante : elle permet de comprendre les tensions de production, les tentatives de James Cameron afin de sauver le film de son chaos initial, et les choix de montage qui ont façonné sa réputation. On continuera avec un entretien avec Antoine Desrues (31 minutes), qui reviendra sur les débuts de James Cameron, l’épopée mouvementée du tournage, et les traces embryonnaires de son style futur. L’analyse est claire, vivante, et replace Piranha 2 : les Tueurs volants dans une perspective plus large, presque réhabilitatrice. On découvrira ensuite quelques images filmées du tournage (1 minute), fragment minuscule mais précieux, comme un Polaroid retrouvé au fond d’un tiroir. La bande-annonce d’époque viendra compléter l’ensemble, clin d’œil promotionnel à une époque où même les poissons volants semblaient croire en leur avenir. Enfin, le livret de 32 pages intitulé « De la friture sous la ligne » prolongera l’expérience avec un regard analytique et amusé, tandis que l’affiche fournie dans le coffret parachève ce petit musée portatif. Au final, ESC Éditions réussit un petit tour de magie : transformer un film brinquebalant en objet de collection sincère, respectueux, presque émouvant pour qui aime les curiosités du fantastique des années 80.

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