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Critiques de films Drame — 26 février 2018
Critique : Tesnota – Une vie à l’étroit

Tesnota – Une vie à l’étroit

Russie : 2017
Titre original : Tesnota
Réalisation :
Scénario : Kantemir Balagov,
Interprètes : , ,  
Distribution :
Durée : 1h58
Genre : Drame
Date de sortie : 7 mars 2018

2/5

Originaire de Naltchick, capitale de la République autonome de Kabardino-Balkarie, région du Nord-Caucase incluse dans la République de Russie, Kantemir Balagov est un jeune réalisateur de 26 ans, élève d’Alexandre Sokourov, et Tesnota – Une vie à l’étroit est son premier long métrage. Présenté dans la sélection Un Certain Regard de Cannes 2017, ce film est inspiré de faits réels.

Synopsis : 1998, Nalchik, Nord Caucase, Russie.
Ilana, 24 ans, travaille dans le garage de son père pour l’aider à joindre les deux bouts. Un soir, la famille et les amis se réunissent pour célébrer les fiançailles de son jeune frère David. Dans la nuit, David et sa fiancée sont kidnappés et une rançon réclamée. Au sein de cette communauté juive repliée sur elle-même, appeler la police est exclu. Comment faire pour réunir la somme nécessaire et sauver David ? Ilana et ses parents, chacun à leur façon, iront au bout de leur choix, au risque de bouleverser l’équilibre familial.

Une forte rançon à payer

Êtes vous un spécialiste en géopolitique ? Si la réponse est négative, il est fort probable que vous n’avez jamais entendu parler des Kabardes ! Eh bien, il s’agit d’un peuple du Caucase du nord, cousin des tchétchènes, en très grande partie de confession musulmane et qui, aux côtés de russes et du peuple turc des Balkars, forme la population de la Kabardino-Balkarie, république autonome de la Fédération de Russie. De façon très minoritaire, la capitale Naltchick abrite aussi une petite communauté juive et, dans les années 90, des membres de cette communauté étaient parfois l’objet d’enlèvements suivis de demandes de rançons.

Nous sommes en 1998, à Naltchick : dans la nuit suivant la célébration en famille de leurs fiançailles, David et Léa, deux jeunes de la communauté juive, sont enlevés par des membres de la communauté kabarde. Dans ce pays où l’antisémitisme est toujours d’actualité, pas question pour la famille de faire appel à la police. C’est vers la communauté juive que la famille va se tourner, la rançon exigée dépassant ses possibilités financières, sa seule richesse consistant en un garage dans lequel Ilana, la fille de la famille, travaille avec son père. A 24 ans, Ilana, plutôt sauvage, un peu « garçon manqué », pas mal rebelle, s’écarte du communautarisme ambiant en fréquentant Zalim, un kabarde. Autant dire qu’elle se trouve face à un terrible cas de conscience quand sa propre famille la pousse à accepter un marchandage qui permettrait de réunir les fonds nécessaires au paiement de la rançon : épouser Rafa, un garçon de sa communauté et pour lequel elle n’a aucune attirance, contre le versement d’une somme d’argent importante.

Un réalisateur qui veut se faire remarquer

Le point de départ du film ouvre la porte vers de nombreuses pistes : drame shakespearien, drame familial, thriller, film politique, film sur les antagonismes religieux, etc.. Dire qu’on ne retrouve pas un peu de tout cela dans Tesnota – Une vie à l’étroit serait mentir. Toutefois, ce qu’on voit surtout, c’est le premier film d’un jeune réalisateur malin qui veut absolument  se faire remarquer dans un grand Festival. Le résultat ? Si le choix du format dit « format carré » (en fait 4/3 !) est judicieux, en osmose avec la « vie à l’étroit » des protagonistes du film, on ne peut pas en dire autant de l’orientation « film expérimental » que prend trop souvent Tesnota – Une vie à l’étroit, avec, en particulier, l’utilisation abusive de filtres de couleur. Les images kaléidoscopiques que l’on subit alors, particulièrement fatigantes à regarder, sont en totale contradiction avec un thème faisant appel, avant tout, aux rapports humains et au dilemme cornélien vécu par Ilana. Lorsque le film laisse de côté ces effets inappropriés, le spectateur n’est pas « sauvé pour autant, se retrouvant face à une atmosphère sombre, avec peu de lumière. C’est alors qu’on en arrive sérieusement à se demander si on n’est pas en train de visionner un vieux sketch des Inconnus cherchant à caricaturer les films des pays de l’est.

 

Une découverte

Dans ce film qui laisse le spectateur avec des sentiments mitigés, il y a un élément sur lequel tout le monde peut s’accorder : la découverte de Darya Zhovner, la comédienne qui interprète avec une grande justesse le rôle d’Ilina. Elle a l’âge de son personnage, elle est née à Saint-Pétersbourg, elle a suivi des études de théâtre et Tesnota – Une vie à l’étroit est son premier film. Une quasi certitude : ce n’est pas le dernier !

Conclusion

Tesnota – Une vie à l’étroit présente le défaut majeur du film gâché par la recherche excessive d’effets permettant à un jeune réalisateur, du moins l’espère-t il, de se faire remarquer. Certes, il n’y a pas que du négatif dans ce qu’il nous propose, mais on se permettra modestement de lui donner un conseil : dans sa production future, qui ne manquera pas d’arriver, qu’il sache faire le bon choix entre film cherchant avant tout à impressionner un certain public festivalier en faisant dans l’esbroufe et film plus humble cherchant avant tout à passionner les cinéphiles qui se rendent dans les salles.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles