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Critiques de films Drame — 27 novembre 2013
Avant l’hiver

Avant l'hiver_afficheAvant l’hiver

France : 2012
Titre original : -
Réalisateur : Philippe
Scénario : Philippe
Acteurs : Daniel , Kristin Scott , Leïla , Richard
Distribution : UGC Distribution
Durée : 1h42
Genre :
Date de sortie : 27 novembre 2013

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Troisième long métrage du cinéaste-écrivain Philippe , Avant l’hiver met en scène une rencontre qui va bouleverser le regard d’un homme sur sa propre existence. Le réalisateur de Il y a longtemps que je t’aime nous livre ici un puissant à la frontière du thriller.

Synopsis : Neurochirurgien de soixante ans, Paul semble couler une vie heureuse aux côtés de sa femme Lucie, dans une maison magnifique. Un matin, il reçoit un bouquet de roses rouges, premier d’une longue série, mais l’envoyeur reste anonyme. Au même moment, il se met à croiser régulièrement le chemin de Lou, jeune étudiante qui va lui faire considérer sa propre vie sous un nouveau jour. Regrets, non-dits, secrets vont refaire surface suite à cette étrange rencontre…

Avant l'hiver

Sans voix ni voie

Le film s’ouvre sur un plan fixe, emprisonnant Paul dans une image figée, soumis à des questions de la police en hors champ sur la nature de ses liens avec une certaine jeune femme. Il est ailleurs, perturbé, demande un verre d’eau, qu’on lui servira à la fin du film lorsque le raccord sera fait et le flashback déroulé : c’est en effet avec la gorge sèche et nouée que l’on suit ces quelques mois décisifs de la vie de Paul qui le mèneront jusqu’à ce commissariat.

Cette entrée en matière révélant un homme éteint peinant à trouver des réponses nous invite à davantage lire les corps qu’écouter leurs mots. Film de dialogue des corps plutôt que de paroles, Avant l’hiver avait l’exigence de reposer sur un jeu d’acteurs tout en justesse et finesse, et le résultat est encore meilleur : Daniel est bouleversant en sexagénaire en perte de repères et de vitesse, au seuil de la vieillesse, Kristin Scott , en apparence plus en retrait, exprime derrière ses traits à la beauté énigmatique une force contenue et singulière. Gérard, le psychiatre et vieil ami de la famille, sa sœur Mathilde lui donnent une profondeur humaine, du relief, la font exister dans le cœur des autres. Elle quitte rarement la maison et comble par une présence discrète les murs vides laissés par son mari. Son personnage se dessine au fur et à mesure et Claudel filme avec brio sa solitude captive des murs.

Avant l'hiver

Puisque Lucie est en quelque sorte le personnage de l’ombre qui tisse les liens les plus étroits entre les protagonistes, elle est la première touchée par cette rencontre qu’elle croit adultère entre Paul et Lou. Pourtant, leur relation déjoue les clichés qui voudraient que l’homme mûr ait une relation adultère explicite avec une fille de quarante ans de moins : plus de pudeur, de mesure que de passion et de violence ici, une relation aux frontières floutées qui ne s’inscrit pas dans un moule. Lou est davantage la révélatrice des erreurs de Paul, de ses questionnements, mais son rôle de porteuse de miroir ne lui retire aucunement sa présence et son intérêt dramatiques. La rareté des contacts physiques entre personnages donne de la substance à l’invisible, du poids aux regards, et rendrait vulgaire une concrétisation attendue. Et l’essentiel n’est-il pas que Lucie croit à l’adultère, que cette pensée révèle les failles de leur couple, plutôt qu’il soit réellement consommé ? Dans ce couple qui ne s’est jamais parlé, ce que l’on cache et intériorise a pris le pas sur la chaleur du contact et a vidé les mots de leur sens. Pourtant, Claudel nous entraîne une fois de plus sur un autre chemin, car Paul aime Lucie, d’une flamme cachée mais non éteinte. Quand Paul doit prendre quelques semaines de repos et se confronte aux questions qu’il n’a jamais pris le temps de se poser, le constat est terrible : « Tu veux me parler ? » lui lance Lucie, à quoi il répond, désemparé, « Parler de quoi ? ». Et tout est dit.

Le trio Paul-Lucie-Gérard souffre aussi de ses secrets que l’on décèle dès le début du film et que Claudel choisit de traiter différemment, avec plus d’ambiguïté et de précaution. Cette phrase de Gérard lors de la scène finale, qui affirme qu’ils se connaissent tous les trois depuis 34 ans, souligne le poids qui les a unis jusqu’alors, un poids dont on comprend la nature au fur et à mesure. Si tous ces secrets tus sont devenus à ce point des ombres, c’est que les personnages ont laissé au temps le soin de laisser couler les saisons, sans vague ni question.

 Avant l'hiver

L’automne, ses brumes et ses lumières

Ce ne serait pas faire honneur au film que de n’évoquer que cette profondeur du jeu d’acteur et des relations entre les personnages, tant les aspects techniques et/ou moins visibles sont remarquables. Le travail sur la photographie épouse parfaitement le décor, surtout dans la maison de Paul et Lucie, ce lieu isolé et anonyme empreint d’une beauté anxiogène, figée, trop lisse, où les photos de famille sur les murs sont absentes. La perfection se fait lourde, étouffante, pour Lucie enfermée dans sa prison de verre, pour Paul qui s’y sent comme un étranger. On sent qu’il n’y a pas de souvenir, seulement des passages, des silences et des gestes mécaniques. Magnifiée par le format scope, la maison n’en est que plus froide et les personnages, occupant tout le cadre, réduits à des corps sans voix. Les scènes se déroulant pendant l’automne sont marquées de toutes les nuances propres à la saison, tantôt lumineuses, tantôt brumeuses et ternes.

La musique, un piano qui semble éclore de l’image et couler comme une rivière tout au long du film, s’accorde avec les saisons dont on ressent intérieurement le rythme. Le réalisateur a cependant l’intelligence de ne pas sectionner son film en chapitres – printemps, été… – qui seraient autant de lourdeurs à la narration. Il y préfère un montage qui s’avère parfois surprenant mais qui cultive un rythme délicat et naturel. Les rares scènes s’achevant par des cris sont très souvent coupées nettes et s’enchainent avec des plans calmes, comme s’il ne fallait pas laisser la violence envahir trop longtemps l’image et rogner la bande son, qui tapisse l’image comme un murmure.

« Elle m’émouvait » déclare simplement Paul, à la fin du film lorsque la caméra revient dans le commissariat ; l’oeuvre de Claudel exprime la même sensibilité sincère, faite de nuances qui n’enlèvent rien à sa puissance.

Avant l'hiver

Résumé

Exploration des questions qui hantent un homme à l’automne de sa vie et non le récit d’un adultère, Avant l’hiver déjoue nos attentes et nous propose une œuvre à la beauté sombre et discrète, qui nous livre avec sincérité des émotions à la fois pures et complexes.

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Marion Renaudin

Cet article a été rédigé par Marion Renaudin, Rédactrice de Critique Film.fr