Festivals News — 13 mars 2019
Toute la mémoire du monde 2019 : ça commence aujourd’hui

Il n’a toujours pas tout à fait l’envergure du Festival Lumière, qui réunit depuis 2009 les amoureux des films restaurés à Lyon. Néanmoins, le Festival est un rendez-vous incontournable pour quiconque veut s’informer de l’actualité de la sauvegarde du patrimoine cinématographique, tout en découvrant les chefs-d’œuvre de hier et d’avant-hier dans des conditions optimales. La 7ème édition du Festival International du Film restauré s’ouvre aujourd’hui et durera cinq jours bien chargés, jusqu’au dimanche 17 mars inclus. Comme les années passées, la plupart des projections et des ateliers se dérouleront à la , associée à six salles partenaires à Paris (la Fondation Pathé Jérôme Seydoux, le Christine 21, la Filmothèque du Quartier latin, le Reflet Médicis, l’auditorium du Musée du Louvre) et en banlieue (le Méliès à Montreuil).

Drive © Le Pacte Tous droits réservés

Le parrain de cette édition-ci du festival est le réalisateur danois (* 1970). Présent à Paris pour le lancement de la version française de sa plateforme byNWR.com, il présentera plusieurs doubles programmes, qui associeront l’un de ses films à l’œuvre d’un autre cinéaste l’ayant inspiré. Ainsi, Caligula de Tinto Brass sera succédé par Only God Forgives, Fat City de John Huston par Pusher, de même que Faster Pussycat Kill Kill de Russ Meyer par The Neon Demon. Winding Refn assistera aussi à la soirée d’ouverture, composée de Scorpio Rising de Kenneth Anger et de Les Prédateurs de Tony Scott. Il tiendra une masterclass animée par le directeur de la programmation de la Cinémathèque Française Jean-François Rauger le samedi 16 mars à 19h30, précédée d’une session de signatures, à la librairie de la Cinémathèque, du livre « L’Art du regard » (éditions La Rabbia), composé d’une sélection de 316 affiches issues de sa collection personnelle. Il se prêtera à une discussion avec son éminent confrère chilien Alejandro Jodorowsky (* 1929) lors de la projection de El Topo le samedi 16 mars à 14h30. Et il aura droit à une nuit Nicolas Winding Refn, le même jour à partir de 21h30, où quatre films de genre de sa collection seront projetés : Spring Night Summer Night de Joseph L. Anderson, Night Tide de Curtis Harrington, The Maiden of Fetish Street de Saul Resnick et Santo vs. Evil Brain de Joselito Rodriguez.

Walkover © Malavida Films Tous droits réservés

L’hommage rendu à l’invité d’honneur du festival, le réalisateur polonais (* 1938), sera prolongé par une rétrospective intégrale de ses films à la Cinémathèque jusqu’au 4 avril. Cette figure emblématique du jeune cinéma polonais des années 1960 sera présente pour une masterclass le dimanche 17 mars à 14h15, animée par la créatrice du festival et responsable de programmation à la Cinémathèque Pauline De Raymond, précédée de la projection de Walkover. Sept autres de ses films seront montrés au cours du festival, soit à la Cinémathèque, soit dans les salles partenaires, presque tous présentés par leur réalisateur. Rappelons la ressortie de quatre de ses films grâce au distributeur Malavida dans les semaines à venir : Signes particuliers néant et Travail au noir dès mercredi prochain, ainsi que Walkover et Le Bateau phare le 10 avril.

Rocky © Chartoff Winkler Productions Tous droits réservés

Peu d’inventions techniques ont autant modifié la pratique des tournages et l’esthétique du cinéma que celle du Steadicam® en 1974. C’est son inventeur, l’Américain (* 1942), qui fera le déplacement à la Cinémathèque pour en parler lors d’une masterclass le vendredi 15 mars à 19h30. Elle sera suivie de la projection de Rocky de John G. Avildsen, Oscar du Meilleur Film en 1977 et l’un des premiers films sur lesquels le système de stabilisation de caméra portée inventé par Brown a été employé. L’opérateur de caméra légendaire accompagnera de même les séances des six autres films sélectionnés par le festival, réalisés par John Schlesinger (Marathon Man), Hal Ashby (En route pour la gloire et Rolling Stones), Stanley Kubrick (Shining), Francis Ford Coppola (Coup de cœur) et Jonathan Demme (Philadelphia).

Limite © Cinemateca Brasileira / Film Foundation’s World Cinema Project
Tous droits réservés

Le temple parisien du cinéma muet, la Fondation Pathé Jérôme Seydoux, ouvrira ses portes au cinéma muet d’Amérique latine pendant les cinq après-midis de la durée du festival. C’est l’occasion quasiment unique de découvrir des films des années 1920 et ’30, d’origine mexicaine, brésilienne, chilienne ou uruguayenne. Ils ont été réalisés par Gabriel Garcia Moreno (El puño de hierro et El tren fantasma), Ramon Peon (La virgen de la caridad), Humberto Mauro (Braise éteinte), Pedro Sienna (Le Hussard de la mort) et Juan Antonio Borges (Almas de la costa), sélectionnés par Richard Peña, professeur d’études cinématographiques à l’université Columbia de New York, qui présentera la plupart d’entre eux, et accompagnés musicalement par les élèves de la classe d’improvisation au piano de Jean-François Zygel du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. La Cinémathèque Française participera ponctuellement à ce coup de projecteur à travers la séance de Limite de Mario Peixoto ce soir à 20h45.

Never fear © Reel Media International Tous droits réservés

En termes de préservation du patrimoine filmique sous toutes ses formes, le Musée de l’Art moderne de New York, le MoMa, n’a strictement rien à envier à ses pendants européens, dont la Cinémathèque Française. En hommage aux riches collections de cette institution pionnière, trois mini-cycles proposés par le conservateur au département film du MoMa Dave Kehr font partie du festival. A la Cinémathèque Française, vous pourrez découvrir des courts-métrages de l’underground de New York des années 1970 et ’80, ainsi que trois films réalisés par Ernst Lubitsch (Paradis défendu), Raoul Walsh (Mon ami et moi) et Andy Warhol (The Chelsea Girls), restaurés par le musée. Et à la Filmothèque du Quartier latin, quatre films des années ’30 à ’50 seront montrés, entre autres réalisés par John Ford (Deux femmes), William A. Wellman (La Joyeuse suicidée) et Ida Lupino (Never fear). Puis une autre institution américaine sera également mise à l’honneur à travers la célébration du centenaire de l’American Society of Cinematographers, le syndicat des chefs opérateurs américains, par le biais de cinq films, entre autres mis en images par Tony Gaudio (La Rafle de Lewis Milestone), Woody Bredell (Les Tueurs de Robert Siodmak), Richard L. Rawlings (A bout portant de Don Siegel) et Stephen Goldblatt qui sera présent pour introduire Cotton Club de Francis Ford Coppola.

Souvenirs souvenirs © House on Fire Films Tous droits réservés

Connu surtout en tant qu’acteur, (1942-1999) avait collaboré avec les plus grands réalisateurs de son époque, tels que Luchino Visconti (Le Guépard), Luis Buñuel (Belle de jour et La Voie lactée), Pier Paolo Pasolini (Porcherie) et Bernardo Bertolucci (Le Conformiste). A l’occasion de la restauration récente de ses films, Toute la mémoire du monde s’intéresse par contre de plus près à son activité de réalisateur de courts-métrages psychédéliques et libertaires. Trois programmes de courts seront ainsi projetés au Reflet Médicis, introduits par Balthazar Clémenti, le fils du réalisateur. Son long-métrage A l’ombre de la canaille bleue de 1985 avec Jean-Pierre Kalfon sera visible à la Cinémathèque Française le dimanche 17 mars à 18h30.

Quartet © Cohen Film Collection Tous droits réservés

Enfin, l’immense pièce de résistance du festival est comme toujours une large sélection de films anciens fraîchement restaurés. Le compte est toujours aussi bon et varié avec pas moins de trente-cinq films de toutes époques, des années 1910 avec L’Anniversaire de la révolution de Dziga Vertov et L’X noir de Léonce Perret jusqu’aux années ’90 avec Toto qui vécut deux fois de Daniele Cipri et Franco Marasco, en passant par les années ’20 (Les Trois mousquetaires de Fred Niblo et Le Golem de Carl Boese et Paul Wegener), les années ’30 (Le Bal de Wilhelm Thiele et Don Quichotte de Georg Wilhelm Pabst), les années ’40 (Nous les gosses de Louis Daquin et La Maison sur la rivière de Fritz Lang), les années ’50 (L’Air de Paris de Marcel Carné, Les Inconnus dans la ville de Richard Fleischer et Le Pain de Manoel De Oliveira), les années ’60 (Adieu Philippine de Jacques Rozier et La Brique et le miroir de Ebrahim Golestan), les années ’70 (Eugénie de Franval de Louis Skorecki et Alien de Ridley Scott) et les années ’80 (Un mauvais fils de Claude Sautet, Quartet de James Ivory (en sa présence), Ragtime de Milos Forman et Mishima de Paul Schrader).

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles