Test DVD : Vif-argent

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France : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Stéphane Batut, ,
Interprètes : , ,
Editeur :
Distributeur :
Durée : 1h42
Genre : Fantastique, Romance
Date de sortie cinéma : 28 août 2019
Date de sortie DVD : 14 janvier 2020

 

Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

 

 

Le film

[3.5/5]

Alors qu’il vient de mourir des suites d’une mauvaise chute dans le parc des Buttes-Chaumont, Juste Gerane, 20 ans environ, est autorisé à rester dans le monde des vivants, à condition de jouer le rôle de passeur en recueillant les meilleurs souvenirs des défunts et en  remettant ces derniers entre les mains de Kramarz, la passeuse en chef, éternellement habillée en blanc. Plusieurs années plus tard, Agathe, une jeune trentenaire, croit reconnaître en lui Guillaume, un jeune homme rencontré 10 ans plus tôt en Turquie et qui avait disparu avant même qu’elle ait vraiment eu le temps de s’apercevoir qu’elle en était tombée profondément amoureuse, laissant en elle la marque indélébile du regret : « j’étais prête à tout, et puis, rien … ». La relation qui va se nouer n’est pas sans poser quelques problèmes entre Juste et Kramarz.

Vif-argent entre dans une catégorie que le cinéma français pratique peu : le film de genre fantastique, avec la cohabitation des vivants et des mort-vivants, ainsi que celle des visibles et des invisibles. Toutefois, Vif-argent n’est pas que cela, c’est aussi un film d’amour, un film sur le sentiment amoureux, un film qui amène le spectateur à réfléchir sur les regrets qu’on peut avoir quant à certains épisodes de son existence, sur ce que, peut-être, on ferait de différent si la possibilité nous était donnée de revenir en arrière dans notre existence. C’est aussi un film poétique qui met en valeur certains quartiers de Paris, magnifiés par une très belle photographie que l’on doit à .

 

 

Dans le milieu du cinéma depuis 25 ans en tant que directeur de casting, Stéphane Batut a attendu le cap de la cinquantaine pour réaliser son premier long métrage de fiction. Le point de départ de ce film vient de l’habitude qu’il avait prise de faire raconter un souvenir aux acteurs et actrices qu’il castait, ce qui lui avait permis de réunir tout un assortiment de souvenirs qui ne demandaient qu’à être utilisés. Ce n’est qu’ensuite que sont apparues l’histoire du mort-vivant, puis l’histoire d’amour. Quant au titre, Vif-argent, son origine est double : tout d’abord une image de l’étincelle qui vient illuminer la rencontre entre Agathe et Juste ;  et puis, le vif-argent c’est aussi l’ancien nom du mercure, Mercure étant celui qui, dans la mythologie romaine, conduit dans l’au-delà les âmes récemment décédées.

Dans le film, on ne quitte pratiquement jamais Juste, interprété par Thimotée Robart, un débutant au cinéma. Un rôle qui n’a rien d’évident, un peu être humain vivant, un peu mort vivant et, qui plus est, amoureux ! Il s’en sort avec les honneurs. Toutefois, celle qui, dans le rôle d’Agathe, éclabousse le film de tout son talent, c’est Judith Chemla, l’inoubliable interprète de Jeanne Le Perthuis des Vauds dans Une vie de Stéphane Brizé. On ne manquera pas de remarquer, dans le rôle de la grand-mère d’Agathe, la présence de la documentariste italienne Cecilia Mangini, 92 ans, la première femme à tourner, en Italie, des documentaires après la deuxième guerre mondiale. Quant à celles et ceux qui fréquentent régulièrement le métro parisien, ils reconnaitront peut-être Mohamed Lamouri, un chanteur malvoyant qui chante sur certaines lignes en s’accompagnant d’un synthétiseur portable et qui interprète dans le film une très belle chanson arabe.

Film aux qualités indéniables, Vif-argent, présenté dans la sélection ACID au dernier Festival de Cannes, n’est pas pour autant exempt de défauts. Le plus important réside dans une certaine confusion qui gagne le spectateur quant à savoir qui est visible et pour qui, qui est invisible et pour qui. On aurait même tendance à penser que, par moment, cette confusion a également gagné le réalisateur !

 

 

Le DVD

[4/5]

Etant donnée la qualité de la photographie de Céline Bozon, on aurait regretté que le transfert sur DVD soit médiocre, ou même seulement moyen. Heureusement, Blaq Out a fait du beau boulot et, par exemple, on garde bien gravée en mémoire cette image magnifique et parfaitement rendue sur le DVD d’un métro éclairé traversant l’écran de la droite vers la gauche à distance respectable. Concernant le son, du classique : choix entre 5.1 et 2.0, choix d’ajouter ou non un sous-titrage (pour sourds et malentendants).

Les suppléments disponibles sur le DVD présentent un intérêt certain. On y retrouve une analyse de 3 séquences, d’une durée totale de 4 minutes, faite par le réalisateur, ainsi que des scènes coupées au nombre de 4. Ces dernières, d’une durée totale de 23 minutes, font l’objet d’un dialogue entre le réalisateur et son monteur, . Il faut reconnaître que ce procédé sonne un peu artificiel mais ce qu’on entend est loin d’être inintéressant.

 

 

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