DVD Les séries d'hier Séries TV — 24 juin 2016
Test DVD : Parker Lewis ne perd jamais – Saison 1

ne perd jamais – Saison 1

 
 
États-Unis : 1990
Titre original : Parker Lewis can’t lose
Créé par : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 9h environ
Genre : Série TV, Comédie
Date de sortie DVD : 24 juin 2016

 

 

Pour Parker Lewis, rien n’est impossible ! Avec ses amis Mikey et Jerry, il entretient sa « cool attitude » au lycée. Mais c’est sans compter sur sa petite soeur Shelly et la principale Musso qui perturbent tous leurs plans…

 

 

La saison

[5/5]

Créée par Lon Diamond et Clyde Phillips en 1990, la série débarque en France en 1992 dans le Club Dorothée, et représente une vraie petite révolution pour les adolescents français qui la découvrirent à l’époque : il s’agit en effet d’un sitcom, très classique à priori, dont l’esprit est très voisin du film de John Hughes La folle journée de Ferris Bueller. A la nuance près qu’en France, on ne connaissait alors que les sitcoms tournés en plateaux, avec public et caméra tristement figée, plans américains et trois / quatre décors qui revenaient sans cesse. Malgré son thème plutôt banal (vie et amours d’une poignée d’adolescents scolarisés au San Domingo High), Parker Lewis ne perd jamais surprendra tout le monde par sa réalisation, mobile, dynamique, ses plans tordus et imaginatifs et son ton volontairement orienté très cartoon ou bande-dessinée, déconnecté de toute notion de réalité : le trio de personnages principaux sont sur-équipés de systèmes de vidéo-surveillance, téléphones, radars, et usent et abusent de technologie de pointe pour mettre en déroute la « surgé » (un mot d’un autre temps servant à désigner la « surveillante générale », autrement dit la directrice), à la façon dont le coyote des dessins animés de la Warner tentait d’attraper le « Bip Bip » roadrunner. En deux mots, la série s’avère originale, fun et pleinement ancrée dans son temps, avec de multiples références à la pop-culture des années 80/90 (comprenez par là que les « vieux » ne pouvaient pas comprendre). On ne compte plus en effet les références à Arnold Schwarzenegger, Madonna, Depeche Mode, ou même à la série Les Simpson

Puisqu’elle met en scène avec un second degré redoutable un ado définitivement cool et toujours détendu (en Allemagne, la série s’intitule d’ailleurs Parker Lewis – Der Coole von der Schule), la série s’avère d’une grande légèreté. Comme son titre l’indique, Parker Lewis ne perd jamais ne fera jamais trembler le piédestal du lycéen le plus cool de San Domingo. Malgré les soucis, embûches et dangers en tous genres, Parker Lewis saura faire face, jouant le coup à chaque fois avec une philosophie à toute épreuve : « Aucun problème ! » est le leitmotiv des dialogues de la série, le personnage ayant le don pour toujours retomber sur ses pattes, ou du moins prendre la vie du bon côté quand les choses tournent mal. En ce sens, Parker Lewis est une sorte d’ancêtre de Bob l’éponge, un héros positif en toutes circonstances, ne connaissant pas la rancœur ni le ressentiment. D’un point de vue formel, Parker Lewis ne perd jamais se permet donc beaucoup de gags loufoques / non sensiques et visuels du meilleur effet, allant parfois même chercher du côté des Zucker-Abrahams-Zucker ou de Weird Al Yankovic, qui fait d’ailleurs un caméo dans la première saison (épisode 18) dans le rôle d’un pianiste. Au rayon des apparitions de stars, la première saison compte également un caméo de Ziggy Marley, Ozzy Osbourne, Andrea Elson (Alf) ou encore Milla Jovovich, mais ça ne compte pas pour cette dernière car elle n’était pas connue à l’époque.

Accrocheuse, drôle et définitivement culte, la série Parker Lewis ne perd jamais a très probablement inspiré de nombreuses séries utilisant le même genre de ressorts comiques et visuels : on pense forcément à Code Lisa, Malcolm ou encore Scrubs. Pour les ados qui l’ont découverte au tournant des années 90, la série a probablement façonné une partie de leur humour d’aujourd’hui, quelques expressions issues de la VF sont d’ailleurs quasiment passées dans le langage courant, de la simple « note pour plus tard » à la mythique « synchronisation des montres » en passant par le « mon frère est un homme mort » de Shelly, beaucoup de trentenaires d’aujourd’hui utilisent ces expressions sans même forcément se souvenir d’où elles viennent. C’est maintenant l’occasion de se replonger dans cette madeleine de Proust télévisuelle…

 

 

Le coffret DVD

[4,5/5]

Le premier coffret Parker Lewis ne perd jamais proposé par Condor Entertainment regroupe tous les épisodes de la première saison (1990). L’éditeur français nous propose donc un coffret 4 DVD regroupant les 26 épisodes de la première saison, jusqu’ici encore inédits en vidéo dans l’hexagone. Côté image, premier point important : la série est proposée au format, 4/3 d’origine. Côté encodage, le rendu et le piqué global varient largement d’un épisode à l’autre (et même pour être tout à fait honnête d’une séquence à l’autre, au sein d’un seul et même épisode !), mais l’ensemble paraît globalement bon pour un programme si « ancien ». Côté son, rien que du très classique Dolby Digital 2.0, en stéréo d’origine. Aucun souci à déplorer : les nostalgiques seront heureux de retrouver la VF d’origine, mais pourront également jeter une oreille à la version originale, dont les voix diffèrent naturellement beaucoup des voix françaises avec lesquelles nous avons grandi et compté nos poils pousser, qui dénotaient d’une volonté très claire d’en rajouter encore un peu dans le côté « cartoonesque » de l’ensemble.

Du côté des suppléments, outre la bande-annonce de l’intégrale Malcolm sur le premier disque, l’éditeur nous propose un documentaire rétrospectif intitulé « Une histoire de la cool attitude » (36 minutes environ) donnant la parole tout le casting et rendant un très bel hommage à la série tout en nous livrant quelques anecdotes croustillantes. Formidable !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles